‹ Veines De La Main Et De L'Avant-BrasChapitre 18 sur 38 · SU DES · texte numérisé non relu

SU DES

les parties latérales de la face dorsale de Ja main : elles ne se réuniraient en troncs volumineux {qu'il n'indique pas d’ailleurs) qu'au niveau du carpe ou de l’avant-bras. Cette disposition existe effectivement, mais le groupement que nous indiquons est, avec des variations que l’on peut aisément expliquer, de beaucoup le plus fréquent ; il a de plus l'avantage de préciser d’emblée l’origine ordinaire des grosses veines de l’avant-bras.

LV. — Tout le réseau veineux du dos de la main se trouve donc réduit au niveau du poignet à deux troncs volumineux : la cubitale superficielle en dedans, la radiale superficielle en dehors. Or, ces deux veines ne restent pas isolées, et dès leur origine se trouvent unies l’une à l’autre par une importante anastomose, (20, pl. I) dont le calibre est sensiblement égal au leur. Cette anastomose, qui nous a paru constante et toujours semblable, naît au niveau du point où la salvatelle devient la cubitale superficielle, à 1 ou 2 centimètres au-dessous de la petite tête du cubitus, se porte ensuite obliquement en dehors et en haut, passe à la face postérieure du cubitus et du radius, entre leurs extrémités inférieures, et aboutit à la radiale superficielle à 2 ou 3 centimètres au-dessus de l'extrémité inférieure du radius. <

Tel est le plan général des veines du dos de la main. Il correspond à peu près à celui qui est représenté dans les récents traités de MM. Testut (Tome II, fasc. I. p. 206) et Debierre (T. I, p. 697) ; mais les veines dorsales des doigts, telles qu’elles sont représentées dans ces mêmes figures, sont absolument inexactes.

Nous n’entendons bien parler dans notre description que des troncs principaux, qui sont aussi les seuls intéressants, et laisser de côté les veines d’un calibre secondaire qui varient à l'infini et jouent simplement le rôle d’anastomoses.

Ces veines secondaires, que M Bourceret appelle très juste-

Re

ment veines de suppléance ou veines auæiliatres, ont, de même que les interosseuses, un trajet à peine sinueux ©t sensiblement longitudinal. Il ne faut donc pas qualifier de pleæus les veines du dos de la main; ce sont des canaux à trajet longitudinal, disposition qui favorise le transport du sang à l’avant-bras.

II. — Veines palmaires superficielles de la main. Plexus veineux palmaire sous-cutané.

Les auteurs sont extrêmement brefs sur ce sujet; il est mieux de dire qu’ils le passent tout-à-fait sous silence. La raison en est que l'injection de ces veines est fort difficile, et leur dissection des plus pénibles ; enfin, les classiques les considéraient d'autant plus comme quantité négligeable qu'ils se refusaient à décrire un réseau veineux d'apparence si peu régulière. Cependant en regardant de plus près, on découvre ici encore une sorte de régularité dans cette irrégularité, et une disposition systématique dont les grandes lignes se retrouvent toujours. Ces grandes lignes, les voici :

Un réseau des plus serrés, des plus fins et des plus délicats occupe toute la paume de la main. — Nous ferons remarquer, dès l’abord que, tandis que d’une manière générale les veines dorsales des doigts et de la main ont une direction longitudinale et ascendante, les veines palmaires des doigts et de la main affectent au contraire une disposition plexiforme. Il faut chercher la raison de cette différence. Car la direction longitudinale, qui ne se perd pas en détours et marche directement au but, est évidemment la plus favorable au transport du sang. Mais alors pourquoi ne se retrouve-t-elle pas aussi pour les veines sous-cutanées de la paume de la main? C'est qu'ici la disposition plexiforme est tout à fait en rapport avec la fonction : en effet, dans l’acte de la préhension, ainsi que nous le

TE

dirons plus loin, le sang contenu dans les veines sous-cutanées, comprimé par l’objet saisi, chassé par lui, tend à fuir excentriquement, de toutes parts, vers la périphérie de la main: or, précisément ceci est rendu possible et aisé par ja disposition plexiforme. — De ce réseau palmaire partent de nombreuses branches, qui se dirigent, soit vers le bord radial de la main, ou vers'le bord cubital, soit en bas vers les doigts ou en haut vers le talon de la main.

XI. — Les branches quise dirigent en dehors sont plus volumineuses et plus clairsemées que les autres. Comme elles reposent sur l’éminence thénar, il est logique d’en faire le groupe des veinules thénariennes (9, 9..., pl. Il): ce groupe comprend donc toutes les veines sous-cutanées comprises entre la céphalique du pouce et un rameau veineux d’un certain calibre ; ce rameau (11, pl II) remonte assez exactement le pli palmaire supérieur, c’est-à-dire la limite même de l’éminence thénar, et constitue finalement l’une des branches veineuses que nous décrirons plus loin au talon de la main. Or, cette veine, d'une part, la céphalique du pouce, d'autre part, sont réunies l’une à l’autre par un grand nombre de troncules parallèles les uns aux autres, et formant de grandes mailles également parallèles et à grand axe légèrement oblique de bas en haut et de dedans en dehors. Ce groupe aboutit, en résume, à la céphalique de pouce.

LH. — Un second groupe, également bien spécialisé, est constitué par les veines hypothénariennes (10, 10... pl. IT). Il est construit sur un type absolument symétrique : ici encore l'éminence hypothénar est circonscrite,d’une part, en dedans, par la salvatelle du petit doigt, d'autre part, en dehors, par une veinule plus volumineuse que les autres (12, pl. Il) quiremonte la limite externe de la surface hypothénarienne et vient former une autre branche des veines du talon de la main. De nombreux rameaux réunissent entre elles la salvatelle et la veine

op

dont nous venons de parler ; ils sont même plus nombreux, mais beaucoup moins gros que ceux du groupe thénarien. Ils forment par leurs anastomoses des mailles allongées dont le grand axe est oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Le sang collecté par les veines de ce groupe se rend donc dans la salvatelle du petit doigt.

Assez souvent, de même que la céphalique du pouce, la salvatelle, au lieu de naître par un tronc unique, résulte de la réunion de deux troncs, qui limitent entre eux une ellipse à grand axe vertical. Les deux côtés principaux de l’ellipse sont alors inégaux en volume : l’un d’eux représente ia salvatelle vraie, l’autre une sa/vatelle accessoire. Dans cette dernière, qui est toujours plus rapprochée de la paume de la main que l’autre, aboutissent alors les veinules du groupe hypothénarien.

LIL. — [1 nous reste à étudier un troisième groupe compris entre les deux précédents. Il étend ses mailles sur cet espace intermédiaire aux éminences thénar et hypothénar qui, étroit à la partie supérieure, s’élargit de plus en plus à mesure que l'on descend, et dont:la base occupe finalement toute la largeur des doigts. C’est le groupe palmaire proprement dit.

Les veinules de la partie supérieure ou rétrécie (pl. IT, 11 12, 14, 15) se groupent en 4 ou 5 troncs, qui montent ensuite au talon de la main, puis au poignet, parallèlement les uns aux autres : ces troncs constituent finalement l'origine de la veine médiane de l’avant-bras. On peut dire, pour prendre un terme de comparaison, que les veines que nous étudions constituent un pinceau veineux, dont les branches s’étaleraient en divergeant sur le creux de la main. Très souvent même les troncs parallèles dont nous venons de parler viennent se brancher sur une veine spéciale située un peu au-dessus du poignet à la face antérieure de l’avant-bras qu'elle traverse obliquement de haut en bas et de dedans en dehors (18, pl. I):

PLANCHE II. — Veines palmaires superficielles des doigts et de la main.

1, 1. Veines pulpaires.

2, 2. Veines collatérales superficielles de la face palmaire des doigts.

Page 1