VEINES SUPERFICIELLES DE L'AVANT-BRAS
Elles sont extrêmement nombreuses, surtout dans la moitié inférieure. Plus nombreuses encore sont leurs anastomoses, parmi lesquelles on retrouve un grand nombre de canaux de sûreté. De sorte que chercher à décrire chaque veine isolément devient impossible, surtout si l’on réfléchit au grand nombre des anomalies. Mais ce que l’on peut et ce que l’on doit analyser et décrire, ce sont les dispositions constantes, qu'il est facile de retrouver même au milieu d’apparentes anomalies. — Ces dispositions, ce sont les suivantes :
L'avant-bras sur toute sa surface est entouré et comme revêtu d’un riche plexus veineux formé de grandes mailles allongées dans Le sens de l'axe du membre, c’est-à-dire dans le sens vertical. Mais parmi ce réseau en apparence inextricable, il est facile de distinguer des {roncs véritables, aisément reconnaissables à leur calibre plus fort, et aussi à leur direction ascendante et sensiblement rectiligne; dans ces troncs viennent aboutir de nombreuses branches afférentes, de nombreux canaux de sûreté, des anastomoses avec le système veineux profond, bref tous les canaux de moindre volume qui forment les mailles du plexus dont nous venons de parler. Ce sont ces troncs principaux, relativement constants dans leur disposition, que nous avons à décrire.
NE eee Disons d'abord qu'à la face postérieure de l’avant-bras, les branches duréseau veineux sont de beaucoup plus petites qu’en avant et que, en second lieu, les troncs principaux manquent la plupart du temps. On remarquera qu’à la main les dispositions sont absolument inverses: tandis, en effet, qu'à la main le système des veines palmaires aboutit aux veines dorsales, à l'avant-bras les gros troncs (cubitale, radiale superficielles } issus du groupement des veines interosseuses dorsales de la main, se portent obliquement sur les bords de l’avant-bras, et finalement se placent sur sa face antérieure et de chaque côté. Il en résulte que la face palmaire de la main et la face dorsale de l’avant-bras ont un réseau de petites veines déliées, tandis que la face dorsale de la main et la face palmaire ou antérieure de l’avant-bras présentent de gros troncs principaux et un réseau formé de plus grosses veines.
Nous allons décrire successivement les veines de la face antérieure, et celles de la face postérieure.
IL — Face antérieure. — Trois troncs principaux, ascendants, se dessinent avec une assez grande netteté au milieu d'innombrables anastomoses; on les aperçoit souvent par transparence à travers la peau. Ce sont: 1° Au milieu ou à peu près, la mediane (fig. 3, 1, 1); 2° sur le bord interne, la cubilale superficielle, (2 2); 3° sur le bord externe, la radiaie superficielle (3 3).
1° Médiane (fig. 3, 1 1), Son origine est située au niveau de la face antérieure du poignet; c’est le pinceau veineux formé par les 5 ou 6 troncs (fig. 3, 4, 4 et pl. II, 12,12) dans lesquels se terminent les veines sous-cutanées de la partie supérieure de creux de la main (1). Nousavons vu antérieurement (1) que les éléments de ce pinceau viennentsouvent se brancher
(4) Voir page 36.
sur un tronc unique, (fig. 3, 5 et pl. IT, 13) oblique de haut en bas, et de dedans en dehors. Cette sorte de canal collecteur constitue alors l’origine dela médiane. .
Très souvent le tronc de la médiane n’est vraiment constitué qu’au milieu de l’avant-bras ou même plus haut encore: la partie inférieure de cette veine est alors représentée par un réseau compliqué au milieu duquel il est difficile de la distinguer.
Quoiqu'il en soit, le tronc de cette veine, une fois formé, continue son trajet ascendant : souvent déjeté soit à droite soit à gauche du milieu de l’avant-bras, il se dirige vers le milieu du pli du coude, et se termine au confluent des médianes ‘ céphalique et basilique et de l’anastomose dite « du pli du coude. »
2° Radiale superficielle (fig. 3, 3 3). — Ses origines occupente dos de la main : de même pour la cubitale superficielle. Ce fait est à opposer à cet autre, que les origines de la médiane occupent au contraire la paume de la main. C’est du groupe externe des veines interosseuses dorsales que naît la radiale superficielle, c’est-à-dire de la réunion de la céphalique du pouce, de l’interosseuse du premier espace, et de l’anastomose qui réunit l’interosseuse du second espace à la céphalique du pouce quand elle existe.
Ainsi constituée, elle se porte obliquement vers le bord externe de l’avant-bras et tend de plus en plus à devenir antérieure ; avant d'occuper cette dernière situation, elle reçoit, à 3 ou 4 centimètres de l'extrémité inférieure du radius, la grosse anastomose oblique décrite plus haut (pl. I, 20) et qui la réunit à la radiale tout à son origine (1). Elle gagne bientôt la face antérieure, et suit, en se maintenant sur le bord externe de cette face, un trajet exactement ascendant, jusqu'au niveau
(4) Voir page 33.
SS
Fi. 3. — Veines superficielles de la face antérieure de l’avant-bras.
1,1. Veine médiane.
2, 2. Veine cubitale superfcielie.
3, 8. Veine radiale superficielle.
4,4. Pinceau veineux du talon de la main.
5. Veine oblique du poignet, qui reçoit les veines de ce pinceau veineux, et forme l'origine de la médiane.
6. Abouchement dans la radialesuperficielle du tronc oblique (1, fig. 4) de la face postérieure de l’avant-bras.
7,77. Anastomoses perforantes groupées sur la ligne externe.
8, 8, 8. Anastomoses perforantes groupées sur la ligne interne.