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le pinceau veineux, origine de la veine médiane de l’avantbras; en dedans dans les veines hypothénariennes, et de là dans la salvatelle : en dehors dans les veines thénariennes et la céphalique du pouce; en bas dans la « grande anastomatique palmaire sous-cutanée », et par son intermédiaire dans la céphalique d’une part et la salvatelle d'autre part. Le sang de ces diverses veines reçoit ainsi une impulsion nouvelle. é
La compression des veines profondes de la paume de la main agit plus énergiquement, comme agent d'impulsion, que la compression des veines superficielles : c'est que la masse sanguine transportée par elles est plus importante. Reprenons notre exemple : la pression du cylindre se transmet par l'intermédiaire de la peau, du coussinet graisseux sous-cutané, des muscles, se transmet successivement aux veines de l’arcade palmaire superficielle, puis à celle de l’arcade profonde et tend à en chasser le sang. — Le sang contenu dans les veines de l'arcade superficielle ne peut s'échapper en bas. dans le sens centrifuge, parce que le redressement des valvules s’y oppose: il fuit donc en haut dans les veines cubitales profondes d’une part, d'autre part dans les veines satellites de l'artère radiopalmaire (branche de la radiale, qui complète l’arcade superficielle). — Quant au sang des veines de l’arcade profonde, deux issues lui sont ouvertes : il se précipite dans l’une et dans l’autre. Il se précipite d'abord en haut, dans les veines radiales profondes d’une part, et dans les veines satellites de l’artère cubito-palmaire (branche de la cubitale, qui complète l’arcade profonde) d'autre part. Il se précipite en second lieu dans les anastomoses qui occupent chaque extrémité de l’arcade veineuse profonde : celle de l’extrémité externe le conduit dans la veine céphalique du pouce, celle de l'extrémité interne le conduit dans la salvatelle (voir p. 48).
Tels sont les résultats, purement mécaniques, de l’acte de la préhension sur la progression du sang noir à la main. Or,
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l'influence de la contraction musculaire vient encore renforcer cette action mécanique. En effet, les veines de l’arcade profonde sont situées, on peut dire dans tout leur parcours, en dessous des masses thénariennes et hypothénariennes : or, ces muscles, par suite de l'augmentation de leur diamètre transversal, au moment de la contraction, compriment nécessairement les veines de l’arcade profondes sur les plans profonds osseux et en expriment le contenu.
Au résumé donc, de ces deux sortes de pressions combinées et coordonnées dans le même sens, il résulte une impulsion nouvelle pour le sang des veines superficielles et des veines profondes de ja main.
Telle est l'influence de la préhension sur la circulation veineuse de la main et du membre supérieur. Nous savons bien que la préhension n’est pas toujours aussi complète que nous l'avons décrite, et que par exemple l’objet n’est souvent saisi que par les doigts sans que la paume de la main intervienne. Mais enfin si l'on réfléchit que nous exécutons à tout instant cet acte de la préhension, au moins aussi fréquemment que la marche, on n’hésitera pas, sans en exagérer toutefois l’importance, à admettre cette clause de propulsion du sang noir vers le cœur. Ainsi que nous l’avons dit, l’analogie de ce mécanisme avec celui que présente le pied dans la marche, en est une autre preuve d’une certaine valeur.
Nous venons de considérer la main dans la préhension, c'est-à-dire en résumé dans la flexion. On peut se demander, au point de vue de la circulation veineuse, ce qui se passe dans l'extension. Deux auteurs allemands, Braune et Truebiger, se sont posé la question, et l’ont résolue de la manière suivante : dans l’extension des doigts, l'aponévrose palmaire, eutrant elle-même en tension, comprimerait les veines de l'arcade palmaire superficielle, immédiatement sous-jacentes, et en chasseraient le sang dans la direction centripète. Cette inter-
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prétation paraît évidemment rationnelle, mais on remarquera que le mouvement d'extension étant infiniment moins fréquent que celui de la préhension, ne peut avoir qu'une influence relativement faible.
Direction du sang veineux à la main et à l’avast-bras.
I. — À la main. — Tout d’abord, pour les doigts, le sang veineux marche de leur face palmaire vers leur face dorsale. Nous avons insisté au début de ce travail pour montrer que la circulation veineuse de la face palmaire des doigts est entièrement sous la dépendance de celle de la face dorsale. En fait, les veines palmaires des doigts se jettent dans les veines dorsales, soit par les anastomoses que nous avons constatées sur les côtés des phalanges, soit par l'intermédiaire des veines interdigitales. Or, à un centimètre environ au-dessous des points où les veines interdigitales et les anastomoses latérales viennent s’aboucher dans le réseau dorsal, nous avons toujours constaté l'existence de valvules : celles-ci empêchent le sang amené par les anastomoses précédentes de refluer vers les extrémités, et le forcent à remonter dans une direction centripète.
Cette direction (de la face palmaire des doigts vers leur face dorsale), démontrée pour l’état de repos par l’étude des dispositions anatomiques, est encore plus évidente pour l’état d’activité, c'est-à-dire la préhension. Dans cet acte, la face palmaire des doigts pressant sur l'objet saisi, le plexus palmaire des doigts se trouve comprimé, et le sang qu'il contient tend naturellement à fuir vers tout point où la tension sera moindre. Or, ce dernier état est celui des veines dorsales : le sang noir s'engage donc dans les anastomoses latérales, soulève la face
convexe des valvules qu'il y rencontre, et se déverse finalement dans les veines dorsales.
Ainsi donc, soit que l’on considère les doigts dans l’état de repos, soit qu'on les considère dans l’état d'activité, la loi reste vraic : dans les doigis, le sang veineux marche des veines palmaires vers les veines dorsales.
Ce qui est vrai pour les veines superficielles des doigts l’est aussi pour les veines superficielles de la main : le sang noir marche des veines palmaires superficielles de la main vers les veines dorsales.
La démonstration en est la même que celle que nous venons de faire.
C'est tout d’abord un fait anatomique. N’avons-nous pas vu les veines thénariennes se jeter dans la céphalique du pouce, les hypothénariennes dans la salvatelle du petit doigt, la partie inférieure du plexus palmaire proprement dit dans la « grande anastomotique palmaire sous-cutanée » et par son intermédiaire dans les deux veines précédentes ? et, en résumé, à la minime exception de quelques veines du talon de la main (1), n’avons-nous pas vu tout le réseau palmaire sous-cutané se terminer dans les veines du dos de la main ?
La marche du sang noir, telle que nous l’indiquons pour les veines sous-cutanées de la main, est donc un fait anatomique. Elle est encore évidente lorsque la maïn entre en fonction: pendant la préhension, ainsi que nous l'avons indiqué dans l'article précédent, le sang de ces petites veines, chassé par la compression exercée par l’objet saisi, fuit excentriquement dans tous les sens, et aboutit par conséquent à peu près exelusivement aux veines du dos de la main.
(4) Ces quelques veines, nous l'avons vu, se rendent à la face palmaire de l'avant-bras : elles constituent l'origine de la médiane.
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Tel est le cours du sang veineux dans les veines swperficielles de la main. Nous n’avons pas à développer aussi longuement quel il est pour les veines profondes. Il y a, en effet, autant de courants veineux profonds qu'il y ad’artères : le courant radial ou externe, comprenant les veines de l’arcade palmaire profonde à la main, et les veines radiales à l’avantbras ; en second lieu, le courant cubital ou interne, comprenantles veines de l’arcade palmaire superficielle à la main, et les veines cubitales à l'avant-bras.
Il est un dernier point que nous devons chercher maintenant à éclaircir. C'est le suivant : quelle est, dans les anastomoses entre les veines superficielles et les veines profondes de la main, la marche du sang? En d’autres termes, le sang veineux marche-t-il des veines profondes vers les superficielles, ou inversement des superficielles vers les profondes ? En fait, les deux solutions sont possibles et même réelles; car, ainsi que Houzé de l’Aulnoïit l'avait constaté déjà (1), et ainsi que nous l'avons constaté nousmême, on ne trouve pas de valvules dans les anastomoses qui vont des veines superficielles de la main aux veines profondes. Par conséquent, au repos, le sang noir peut aussi bien circuler dans un sens que dans l’autre, et osciller des veines profondes aux superficielles ou des superficielles aux profondes. Il n’en est pas de même dans l’état d’activite de la main, c'est-à-dire dans la préhension. Sans doute, les anastomoses par lesquelles nous avons vu les extrémités de l’arcade veineuse palmaire être reliées, d’une part, à la céphalique du pouce et, d'autre part, à la salvatelle du petit doigt, sont dépourvues de valvules ; mais, sous la double pression,
(4) Op. cit., p. 58.
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exercée par l’objet saisi et par les muscles thénariens et hypothénariens contractés, le sang noir contenu dans cette arcade veineuse fuira nécessairement dans les canaux où il trouvera une moindre tension, c'est-à-dire, d'une part, dans les veines profondes de l'avant-bras (radiales, en particulier) et, d'autre part, dans les veines superficielles du dos de la main, par l'intermédiaire des anastomoses dont nous venons de parler.
En résumé donc, sé au repos le sang noir, dans les anastomoses perforantes, va indifféremment des veines super ficielles aux profondes ou inversement, dans l'activité de la main, au contraire, c'est-à-dire dans la préhension, il va toujours des veines profondes aux veines superficielles, et vient donner une impulsion nouvelle au sang que contiennent ces dernières.
Il — À l'avant-bras. — À la racine de l’avant-bras, au poignet, il existe deux courants veineux : le courant profond, le courant-superficiel. Chacun d’eux suit, bien entendu, un trajet ascendant. Il ne nous reste donc qu’à résoudre cette question : quelle est la direction du sang noir dans les anastomoses qui réunissent l’un à l’autre ces deux courants, dans les anastomoses « perforantes » ? En d’autres termes, le sang noir va-t-il des veines superficielles aux profondes, ou bien inversement? — La vérité est que les deux solutions sont possibles et se réalisent : la circulation oscille dans ces anastomoses tantôt dans un sens et tantôt dans l’autre. Houzé de l’Aulnoïit (1) avait déjà indiqué, et nous l’avons constaté également, que les anastomoses perforantes de lavant-bras sont avalvulaires. Rien ne sollicite donc le courant sanguin d'aller plutôt dans un sens que dans l’autre, et la circulation est oscillante.
Ceci est vrai dans l’état de repos des muscles. Mais, consi-
(4) Recherches anatomiques et physiologiques sur les valvules des veines. Thèse de Paris, 1854, p. 32 et 53.
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dérons ce qui se passe lors de la contraction de ces derniers. Ceux-ci, augmentant alors de volume , compriment les veines de leur voisinage, et augmentent la tension du sang qu’elles contiennent. Ce sang tend à fuir en tous sens, aussi bien en haut qu’en bas, vers la périphérie que vers le cœur. Mais en bas, les valvules se redressent devant le reflux. Or, parmi ces valvules il en existe toujours une dans chaque veine satellite au-dessous du point d’abouchement des anastomoses perforantes; de plus, immédiatement au-dessus de ces valvules , nous avons toujours constaté l'existence d'une anastomose transversale, dont l’ensemble constitue les anastomoses « en échelle ». Les valvules se redressent sous l’action du reflux, et le sang trouvant une voie libre, toute ouverte, celle de l’'anastomose perforante, s'y engage : quant à l’anastomose « en échelle », elle permet au sang de la seconde satellite de passer dans la première et de là dans la perforante. Donc, en résumé, si au repos la circulalion dans les anastomoses perforantes de l'avant-bras est variable et oscillante, lors de la contraction des muscles elle se fait, au contraire, des veines profondes vers les superficielles. L'ensemble de ces données est particulièrement net et prouvé par l'anastomose du pli du coude, qui est toujours avalvulaire. La démonstration en est fréquemment offerte à l'observation de tous par la saignée. Houzé de l’Aulnoit, dans sa savante étude sur les valvules, la donnait déjà très nettement en 1854, et nous ne saurions mieux faire que de la citer en entier : « Au pli du coude, l’importante anastomose qui > fait communiquer le plan vasculaire cutané avec le plan » profond, est toujours dépourvue de valvules. Le passage de » l'ondée sanguine se fera donc avec la même facilité et » indifféremment dans l’un des deux systèmes veineux. Mais » la présence d’une digue valvulaire à l'embouchure de la » veine médiane cutanée d'une part, et des radiales et cubitales profondes d'autre part, forcera cependant le sang à
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» suivre un trajet ascendant. Une pression circulaire s’exerce- » t-elle à la partie inférieure du bras, le puissant appareil > valvulaire s'oppose au reflux et force alors le sang de » stagner au pli du coude. La turgescence des veines » superficielles et profondes accuse l'arrêt de la circulation et » facilite la phlébotomie. »
Un autre fait, d'observation courante, démontre encore que dans la contraction des muscles le cours du sang noir se fait des veines profondes vers les superficielles : c’est la turgescence parfaitement nette des veines superficielles de l’avantbras pendant l'effort ; la simple action de serrer le poing avec quelque énergie détermine une dilatation quelquefois énorme des veines dont il s’agit. — Autre preuve du même ordre : dans la saignée, le sang coule avec plus d’abondance chaque fois que les muscles de l’avant-bras se contractent.
Le Président de Thèse, STRAUS.
Le Doyen, P. BROUARDEL.
VU ET PERMIS D'IMPRIMER : Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GRÉARD.
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