SCÈNE V
LA COMTESSE, LE DUC (Le Duc paraît au fond et s’avance.)
LA COMTESSE
Ah ! je respire... le voici!
(A part.)
Cachons-lui ma tristesse...
L’aveu de mes soupçons ne saurait l’émouvoir.
LE DUC
Apprenez-moi, belle Comtesse,
Pourquoi vous désirez me voir ?
LA COMTESSE
Vous allez le savoir :
Une dame jeune et jolie,
Dont l’esprit est fait pour charmer,
Avait rêvé dans sa folie,
Que vous pourriez toujours l’aimer.
LE DUC enjoué.
Si comme vous elle est charmante,
Il me faudrait n’avoir point d’yeux Pour croire qu’une telle amante Ne ferait pas l’orgueil des dieux.
LA COMTESSE
Vous promettiez d’être fidèle .
LE DUC moqueur.
Combien de temps? un jour... ou deux ?
LA COMTESSE
Vous souviendrez-vous encor d’elle Dans quelques mois?...
LE DUC
C’est hasardeux!...
LA COMTESSE
Serez-vous toujours si volage ?
LE DUC
Et vous, m’aimeriez-vous toujours?
LA COMTESSE
Laissez -là votre persiflage...
LE DUC
Est-il d’éternelles amours ?
ENSEMBLE
LE DUC, galamment.
Je vous trouve toujours charmante, Il me faudrait n’avoir point d’yeux Pour croire qu’une telle amante Ne ferait pas l’orgueil des dieux !
LA COMTESSE
Si je reste toujours charmante Et toujours aimable à vos yeux, Pourquoi délaisser une amante Que vous trouvez digne des dieux ?
LA COMTESSE
Je quitte ces provinces Pour aller retrouver et la cour et les princes. Gardez-moi votre amour Et je vous promets au retour...