ACTE I
LE DUC
allant vers Jeanne, avec joie.
Jeanne... c’est toi !
JEANNE
s’élançant vers lui.
Cher seigneur !
LA COMTESSE à part.
L’importune!
prenant la main de Jeanne.
Mignonne, que je suis heureux de te revoir!...
LA COMTESSE à part, les observant.
Comme il paraît ému ! Comme elle semble avoir Peu d’égards pour son nom, son titre et sa fortune !
LE DUC
à Jeanne, tendrement.
... Je devine un reproche à tes yeux attristés,
Au sourire plus las de ta bouche pâlie...
Et mon regret s’avive à ta mélancolie.
Mais, sache-le, ton souvenir a résisté
A l’épreuve du temps et de l’absence,
Ma Jeanne, et tu sauras quel grand remords aussi En ta douceur charmante a pris naissance.
Je te dirai cela, chez toi... mais pas ici :
On nous écouterait.
(Il revient vers la Comtesse.)
LA COMTESSE avec ironie.
Monsieur le Duc protège
Cette enfant ? Et sans doute il songe à son bonheur ?
le nue
évasivement.
Jeanne est la fille d’un métayer...
JEANNE
qui a regardé vers la forêt, se rapproche.
Monseigneur,
Chasseurs, valets, piqueurs, voici tout le cortège !
LE DUC à la Comtesse.
De la chasse, madame, on vient vous taire honneur.