ACTE II
LE DUC
Victimes, vous ferez la guerre à vos bourreaux !
Vous êtes des soldats, vous serez des héros !
UN PAYSAN aux autres.
Prier ne suffit plus...
JEANNE
C’est le devoir des femmes.
LA COMTESSE aux paysans.
Et puis, allez prier, votre église est en flammes !
JAGAUI.T
s’exaltant tout à fait.
Non, non, ce ne sont plus des prières qu’il faut Quand le sang de vos rois a rougi l’échafaud.
Êtes-vous sourds à tant d’alarmes Et fermez-vous les yeux pour ne pas voir les larmes?
(Comme obsédé par une vision.)
Partout on a forcé les portes des couvents ;
Ees voiles déchirés et les cheveux aux vents,
On voit errer les humbles vierges;
Et la foule, insultant aux cultes éternels,
Sur les vases sacrés met ses doigts criminels;
Son souffle impur éteint les cierges.
Plus de voix célébrant le mystère immortel :
On hurle dans l’église et l’on boit sur l’autel ;
Dans la chapelle on fait ripaille;
On y laisse pousser l’ivraie et les pavots,
Et quand on n’en veut plus pour loger les chevaux On y met le feu dans la paille !