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ACTE II

JEANNE

s’oubliant.

Il ne peut vous aimer !

LA COMTESSE avec une raillerie insolente.

Tu crois donc seule avoir le don de le charnier? Est-ce pour toi qu’il vient?

JEANNE avec force.

Il vient pour la patrie !

Son désir est de la venger.

Elle est souillée, elle est meurtrie:

Oublions tout le reste à l’heure du danger.

LA COMTESSE avec ténacité.

Oublier... quand c’est un tel seigneur qui t’adule?... JEANNE

Je ne vous comprends pas.

LA COMTESSE l’observant toujours.

Serais-tu moins crédule Qu’une enfant, née à quelques pas d’ici?

On m’a conté l’histoire ainsi.

JEANNE

Je suis sourde à la calomnie' :

Le Duc est un grand cœur, le reste, je le nie !

LA COMTESSE ironique.

Le Duc, autour du cotillon De cette pauvre cendrillon,

Roucoulait avec insistance ;

Mais la belle répondait non.

Alors le Duc offrit son nom Pour mieux vaincre sa résistance.

On était au fond du jardin Quand un valet paraît soudain ;

Une soutane le recouvre,

D’un vrai prêtre il a tout l’aspect.

Le couple approche avec respect,

Devant eux la chapelle s’ouvre.

Après le serment nuptial,

Le laquais, très impartial,

Les bénit, puis les congédie.

Croyant ses grands airs superflus,

La belle ne résiste plus...

Ainsi finit la comédie !

JEANNE

éperdue.

Cela ne se peut pas! Elle ment! Elle ment!

LA COMTESSE menaçante.

Par ce seul cri tu t’es trahie !

Cette fille, c’est toi! Le Duc est ton amant! (Avec rage.)

Je te démasque enfin, ô rivale haïe,

Cœur si bassement né que je ne puis songer A me venger !

JEANNE

avec une explosion de douleur.

Ah! qu’avez-vous donc fait si vous n’êtes vengée? Et que faut-il de plus à votre soif de pleurs Que les sanglots et les douleurs D’une pauvre fille outragée?

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