Venez à moi et je vous soulagerai, ou, Traité de la divinité de la confession
A la vue de ma profonde miscre cl au souvenir de mes iniquités sans nombre, je n'ose lever les veux vers le Dieu trois fois saint , qui a trouvé des souillures jusque dans ses anges, et mon Ame désolée tombe souvent dans le trouble, l'abattement et presque dans le désespoir. Mais, ô Vierge sainte! à peine me rappelé-je que vous êtes ma mère , et une mcre pleine de misêncorde , que mon ame renaît à l'espérance et qu'elle éprouve un calme, une paix, un courage que rien nc peut altérer.
Eh ! comment en seraît-îl autrement quand je pense que c('csi vous, o ma tendre Mcr^»
s Tl DÉDICACE. l
5 qui avez porte dans votre r 'r\ celui qui est la '^ miséricorde même , que c'est vous qui avez ^• consenti à sa mort pour le salut des pécheurs, 5 et que vous en avez été établie le refuge par ^ notre souverain Juge lui-même. Comment ne pas vous dire avec un de vos plus grands serviteurs : Recevez les vœux que nous vous présentons, accordez-nous ce que nous vous demandons 5 dèlivrez-nous de ce que nous craignons; puisque vous êtes /'unique espérance des pé- < CHEURS , c'est par vous que nous attendons le s pardon de nos péchés , et c'est en vous , ô très heureuse Vierge! que nous ti^ouvons notre es-
pérance des récompenses éternelles (1). Car ^
vous êtes y ajouterai-je volontiers avec le docte et pieux saint Bernard, vous êtes V échelle des deux y vous êtes ma très grande confiance , vous cLs enfin tout Lh fondement de mon Ew^pé- c» range (2). \
(1) Accîpc qiiod afftfïmns , redona quod roga« ? mus , excusa quod limcmus , quia tu es spes unica^ ? per te, speramus vcniam dclictorum , et lu te, J beatissima, nostrorum est expcciatio prœmiorura.
(S^ Augustin , lib. 18 des SS.)
(2) lîoec est cœlorum scala, liaîC' mca maxîma
ijducia , ha'c est tota ratio s?rj îie/e. (S. Bornnr?-:),
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Soutenu par celle pensée, je viens donc ^ avec confiance nie proslcrncr ù vos pieds, à > niiscricordiciise mcrc! pour vous conjurer de ^ ;! m'obtcnir de votre divin Fils le pardon de > tous mes crimes, et une parfaite rcconcilia- ^ lion avec le Dieu que j'ai si souvent outrage. ^ Cf^tte grâce , je vous la demande non pas s seulement pour moi , mais encore pour tant ^ de pauvres pécheurs qui, à chaque instant, ;> se perdent pour réternité. Ah! souvenez-vous ^ de vos miséricordes anciennes , et renouvelez ^ parmi nous ces prodiges de conversion qui S vous ont fait proclamer par TEglise, la mère S de miséricorde , le refuge des pkheurs.
^ Apportez la lumière a ces aveugles , et fai-
l tes-leur concevoir une vive horreur de leurs ^ crime:; brisez les liens de ces esclaves de Sal tan , et ouvrez leurs cœurs aux impressions de ^ la grâce. Qu'ils apprécient enfin les effets sa- ? lutaires du sacrement de pénitence ; qu'ils s'en approchent souvent; qu'ils le fassent toujours avec les dispositions requises ; afin que , lavés dans le sang de l'Agneau , ils deviennent purs aux yeux de votre divin Fils, et qu'une fois réconciliés avec leur Dieu , ils marchent d'un pas ferme et assuré dans le sentier de la vertu.
VllI DÉDICACB.
Tel est , ô Vierge sainte ! îc désir de mon cœur, et c est pour cela que j'ai compose ces nouveaux traités ^ dont la fin est d'engager les uns à se confesser, et d'apprendre aux autres aie faire avec fruit. Daignez les prendre encore sous les auspices de votre maternelle bonté 5 et accorder votre sainte bénédiction , non seulement à tous ceux qui les liront , mais encore à moi , qui trouve toujours un nouveau plaisir à vous faire agréer l'hommage de la vénération profonde, de l'amour filial et de la tendre confiance avec laquelle je suis,
Ma très auguste Reine