CONFESSION DE MARIE-ANTOINETTE
Apres la mort de son auguste époux , Marie-Antoinette fut jetée dans un froid et humide cachot. Une âme vulgaire y aurait trouvé le désespoir; elle y trouva la paix et le bonheur , et ce miracle ce fut li confession qui l'opéra. Dans ces jours d'exéci'ablc mémoire , où un crêpe funèbre couvrait la France entière , où l'enfer semblait avoir déchaîné t sur la terre tous les crimes et tous les malheurs, j une femme (1) a conçu la résolution de pénétrer
< }1) La femine Beau, épouse du geôlier de la
\ Coûcier^erie.
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jusqu'à l'auguste fille de Maric-Tlicrèsc : clic connaît tous les dangers, tous les obstacles; rien ne l'intimide , rien ne Tarrête , rien ne lui coûte : geôlier , gardes , verroux , barrières , tout cède à son intrépide et sainte inspiration , et bientôt elle est aux pieds de la reine , qui , dans un dcnûment absolu , sous les plus grossiers vêtements , conservait encore son imposante majesté. Le leiHlemain , elle introduit dans le cacbot un prêtre catholique (1) qui confessa l'auguste prisonnière
Le lendemain , le cachot se convertit en oratoire, et le saint sacrifice se célèbre sous la voûte silencieuse. La reine s'avance vers l'autel : au moment où elle va recevoir son divin Sauveur, des larmes brûlantes sillonnent son visage , elles tombaient à terre, mais la source en était au ciel. Oh ! que la France entière ne put-elle contempler alors cette face auguste où brillait avec les rayons de la foi, le feu du divin amour ! Les deux gardes, témoins de ce spectacle , en furent tellement frappés , qu'ils tombèrent aux pieds du saint prêtre, et déposèrent dans son cœur le fardeau de leurs péchés.