‹ Venez à moi et je vous soulagerai, ou, Traité de la divinité de la confessionChapitre 21 sur 25 · GUÉRISON :, CX7 MÈRE DE FAMILLE · texte numérisé non relu

GUÉRISON :, CX7 MÈRE DE FAMILLE

Une estimable mère de famille , de la religion protestante , était depuis longtemps d'une santé mal assurée , et vivait dans une tristesse conti-

(1) M. l'abbé Maguien, ancien curé de Saint»

j)r. LA CONFESSION. I^i5

micUc , en so rappc^Iant sos fautes ovec iiiio I)otjno foi sans cj;ale. licite ame tinioiéc les voyait plus grandes qu'elles ne TétaienL réellement, ce (jui l'empèeliait d'clic heureuse avec elle-ïiiérnc. Fatiguée de tous les remèdes cpie les médcein* employaient pour rétablir sa santé , elli; eut recours à un autre qui fut plus efficace, lillle prit le sage parti de s'adresser à un vénérable ccclésiasli(juc du voisinage, et j)]einc de confiance 'en lui, elle lui ouvrit sa conscience et lui fit l'aveu de toutes ses inquiétudes et de toutes ses fautes. Le bon pasteur traita celle âme afdigée en vrai ministre d'un Dieu de miséricorde et de paix , et l'on vit aussitôt cette pauvre malade, pour ainsi parlerrenaître entièrement; soft embonpoint augmenta, sa gaîté revint peu à pei: . et depuis ce temps, elle vécut heureuse d'une habitude qui devint aussi sacrée que nécessaire à son cœur vertueux.

{^Réflexions sur la Confession , par Guillois. )

GUÊRISON d'une jeune DAME.

Le célèbre médecin Tissot donnait, à Lausanne, iCS secours de son art à une jeune dame étrangère , dont la maladie arriva bientôt à un point fort alarmant. Instruite do son dangereux état, et tourmentée par le regret de quitter bientôt la vie , elle s'a. bandonne à de violentes agitations et au transport du désespoir. Le médecin jugea que celte nouvelle secousse abrcp;crait encore le terme de sa vie , et ,

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selon son usage , 1\ avertit qu'il n'y avall pas à ilitjcrer pour lui administrer les secours d<; la rcli- ( ion. Un prêtre est appelé; la malade récoule et î(aoit, comme le seul bien qui lui reste, lespar( les (îc consolation qui sortent de sa bouche. Elle se calme , s'occupe de Dieu et de ses intérêts éternels, icçoil les sacrements avec une grande édification, et , le lendemain matin , le médecin la trouve dans un état de paix et de calme qui Tétonne ; il trouvo ]a fièvre baissée , voit les symptômes changes en mieux , et bientôt la maladie cessa. Tissot , gui était protestant , aimait à raconter ce trait , et il s'écriait avec admiration : Quelle est donc la puiS" sance de la confession chez les catholiques !

Claapitre II.

Des avantages de la fréquente confession,

le prophète Elysée ne se contenta pas d'envoyer Naaman aux eaux du Jourdain , il lui ordonna de s'y laver sept fok : je ne dois pas non plus me contenter, mon cher Théophile, de vous conduire à la confession , mais je dois encore , sinon vous commander , au moins vous prier dç vous en approcher , aoa poiiU

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une seule fois , innis sept fois, e'esl-;j-cl.';c, le plus souvent que vou.^ pourrez : vous ne manquerez certainement p:is de motifs qui vous y attirent , je vaii vous les metlre sous 'es yeux en peri de mots.

g I. Premier avantage.

Quand il n*y aurait point d'aulrc motll que celui detre assuré , par la fréquente confession , de la remise en partie des peines du pm^galoire , où l'on doit achever d'expier j)ar le feu ce qui ne l'a point été par la pénitence, ne serait-ce point assez? Dites-moi, je vous prie , si vous étiez condamné à (Hrc brûlé tout vif dans une place publique , que feriez-vous pour vous garantir de l'exécution de cette sentence? n'y dépenseriez-vous pas volontiers toute votre fortune ? n'y emploieriez-vous pas tous vos amis ? ne regardcriezvous pas comme une grande faveur que cette sentence fût commuée en un esclavage perpétuel sur les galères.

Eh quoi ! mon cher amî , pour éviter un feu beaucoup plus terrible , dans lequel probablement vous n'aurez pas seulement à passer quelques heures , mais des années en-

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tièrcs , et peut-être des siècles , vous trou- Yercz qu'on exige trop en vous disant : « Con- « fessez-vous souvent » ; allons , mon fds , allons, point de paresse, cile serait inexeusable, et il serait honteux , pour ne pas dire plus 5 de vous y laisser succomber !

g ïî. Second avantage»

De plus, la fréquente confessipn empêche nos mauvaises habitudes , (comme il arrive aux arbres qu'on transplante souvent) de jeter de trop profondes racines dans notre cœur , et si elles en ont déjà jeté , la confession les secoue, les ébranle , et peu à peu les extirpe ; je dis peu à peu , parce que ordinairement un seul ac^e n'ôte point l'habitude.

D'ailleurs , la douleur que nous apportons pour l'ordinaire à la confession , étant imparfaite , n'a point assez de force pour pouvoir arracher du premier coup ce qu'elle trouve si bien enraciné ; d'où il suit que le meilleur remède pour extirper ces sortes d'habitudes est sans contredit de continuer pendant quelque temps a se confesser très souvent , comme Texpérience nous le prouve.

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g m. Troisicmc avantage.

PfU'cillcmcnl , Ja fréquente confession diminue Tauclace du démon , elle cmoussc ses armes , énerve ses tentations , découvre sa malice: or comme les araignées s'éloignent de tous les endroits où l'on gâte soiivcnt leurs toiles ; comme les vautours ne relmu*nent plus dans ces rochers d'où Ton enlève souvent leurs nids et leurs petits ; ainsi le démon ne peut point s'arrêter dans une ame dont les confessions fréquentes lui dérangent toujours un peu ses desseins et ses projets.

C'est ce qu'un d'entre -eux révéla , forcé par* de puissants exorcisnies de découvrir la vérité. « Rien, dit-il , ne nous déplaît tant dans l'église, et jamais rien ne nous traverse davantage et ne fait plus de mal à nos batteries, que la fréquente confession. Tant que l'homme est dans le péché , tous ses membres sont comme liés , et il trouve de gr:^nds obstacles pour faire le bien ;. mais aussitôt qu'il se confesse, ses liens tombent , et la facilité de faire de bonnes œuvres lui revient. »

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g IV. Quatrième avantagei

En outre , quv^nd on se confesse souvent on a plus de facilité de faire l'examen de sa conscience et de s'assurer qu'on y a apporté l'exactitude requise; car , tenant (oujours ses comptes plus en règle et en meilleur état, on a moins à craindre d'oublier quelque péché , que le démon ne manquerait pas de nous reprocher à l'article de la mort , ne fûtce que pour nous tourmenter. — Au contraire, ceux qui ne se confessent qu'une ou deux fois l'an,^ sont en grand danger d'oublier plusieurs péchés graves mêmes , par une négligence criminelle; car . « tout compte « ancien , dit un père de l'Eglise , est sujet à « bien des oublis (1)» : or , quelle confusion , mon cher ami , quel embarras pour un misérable pécheur qui se voit près d'expirer et à qui le démon rappelle des choses qui l'inqulèlent, l'agitent et lui donnent une sueur (îe mort ! C'est alors qu'il se mettra sans doute à détester , mais peut-être !rop tard, sa

(1) Computatîo dilata multa facit oblivisci (S. Bernard.)

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folic! que m'en anrait-il coûte, dira-l-il, de fré qucnler un peu plus souvent Içs sacreuienis? liélas! on nie demandait ce peu , et ^Vi négligé de m'y rendre ; si je l'avais fait , je ne me trouverais point aujourd'hui dans /aca inquiétudes et ecs tourments.

Vt)ilà ce que dira ce mallicureux , et quand même il aurait en ce moment un confesseur auprès de lui, et qu'il voulût se confesser, l comment s'y prcndra-t-il ? il ne saura par

> où commencer : un soldat qui a tenu pendant très longtemps son cpée dans le fourreau, ne peut pas , dans un besoin imprévu , la tirer assez promptement , à cause de la rouille.

^ § V. Cinquicme avantage.

> Ajoutez , mon chci- Théophile , que celui ) qui se confesse souvent , quoiqu'il commette

> quelque pèche gr::ve , reste toujours plus de 5 temps en grâce avec Dieu , et par conséquent ^ il fait plus d'œuvres méritoires de la vie éter- ^ nclle ; au lieu que celui qui , après avoir ? commis quelque péché, diffère de s'en con- ^ fcs: er, est comme un tronc see , incapable l de donner du fruit , s'il ne vient a reverdir.

Qi o'que alors on ne doive point omettre

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152 fiivirsiTÉ

ses dévotions ordinaires , ses jeûnes, sts .n Hîùnes et autres bonnes œuvres , en vue desquelles souvent le Seigneur suspend ses ehà timcnts ; cependant toutes ces œuvres , faUcs dans cet état de péché , ne sont d'aucun mi rite pour le ciel , parce qu'elles sont des œu vres mortes : tant que le fer reste dans la plaie , il n'y a point de remède qui puisse ^ guérir, disent les médecins , il faut commen cer par î'ôter^ de même tant que le péclic est dans l'ame , quelque bonnes c u n s quelle fasse , elles ne lui servent de rien p ;ui' la vie étei^nellc. Commencez donc par liJ ûter cette llèehe empoisonnée , qui est le péché.

Si vous connaksez Dien le trésor incsî'ma ble de la grâce , vous ne pourrez , mon i Js , vous empêcher de gémir sur raveuglcmn.

de ceux qr-j en demeurent privés si longtemps 5 et qui par là perdent le mérile de tant d indulgences , de tant de messes, de tant d'aumônes, de tant de priires , qui lui servent tout au plus pour quelque bien temporel ou pour une disposition éioignéc ii îa pénitence, mais de rien du tout pour mériter la grâce ou la gloire.

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DE LA CONFIilSSION.

I VI. Sixiime avantage.

Enfin , quand on csl clans l'iiabitudc de se conlcsscr 1res sonvont^ on est plus assuré de mourir dans la ^racc de Dieu , et par conséquent de se sauver ; quand , au contraire , Ton se confesse très rarement , il est très probable, par la grande l'acilité des rechutes , qu'on mourra dans celle mauvaise disposition où l'on est d'habitude , et qu'on se per* dra pour l'éternité.

Si vous habitez continuellement sur la terre , et si jamais ou prsque jamais vous ne voyagez sur la mer , vous pouvez aisément espérer de mourir dans votre lit. 11 n'en est pas ainsi des marins qui toujours sont en voyage sur mer en dépit même des tempêtes : et quand par hasard ils prennent terre , ils n'y ont point de repos qu'ils ne se remettent bien vite en pleine raer. Voila , mon cher ami , l'hiîage de ces pécheurs qui vivent toujours dans le péché mortel et qui s'en confessent une fois l'an. Dieu sait comme: ils vivent toujours sur la mer; ils vivent toujours dans les tempêtes. Oh ! combien il est facile qu'ils soient engloutis dans quelqu'une , sui-

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vanl Tcxprcssion de Job : « Anima eorum in

c ' îempestate morklur (1). »

l Sont-ce là néanmoins de ces dangers à mé-

(1) Job, 86, 14.

(2) Potes sub hoc casu dulces ducere sumnos.

(3) Miserere auiraap tuae olaccns Dco. Eccl. 30.

priser? Quelle insigne folie! pouvoir vous mettre en sûreté dans un affaire si importante j pouvoir la terminer si aisément , et ne pas vouloir vous en donner la peine; pouvoir attacher à un câble l'ancre de votre ^ «sperancc : et l'altacher à un fil ; l'appuyer ^ sur un peut-être et sur ce frêle appui rester \ ennemi de Dieu, rire , badiner, folâtrer , dor- ^ mir, en ajoutant chaque jour péché sur pc- ^ ché, est-il possible ? coinmeut pouvcz-vous 5 alors vous endormir doucement et tranquil- ^ lemcnt? (2) < Oh ! je vous en conjure , ayez pitié de vo- <; ^ tre ame , prenez-la en compassion en vous > 5 rendant agréable à Dieu (3). Saint Thomas "> > d'Âquin s'étonnait qu'un chrétien pût jamais < i commettre un péché mortel ; il est encore plus i ? étonnant qu'après Tavoir coaimis il ne soit ? ? ni soigneux ni enipressé d'en purifier son' j ame par un remèile aussi facile que celui de

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< Dl' LA COINFLSSIOW. 455

I; la sainte conCcsssion , el qu'il y « croupisse l « plutôt comme une bcte dans son ora dure. »

S VIll. Conclusion,

Mon cher ami, vos préventions se sont évanouies et vos ténèbres se sont dissipées ; la vérité vous est connue, et la lumière brille a vos yeux; ne différez donc plus de faire une démarche de laquelle dépend votre bonheur pour le temps et pour l'éternité ! Allez au tribunal de la pénitence et sans craindre le respect humain , cette chaîne trompeuse dont le démon tient attaché tant de chrétiens pour les détourner de la confession , et si vous vous confessez avec les dispositions requises, vous renaîtrez au bonheur , vous goûterez la paix de Famé , qu'on ne saurait trouver dans l'oubli de ses devoirs et le délire des passions , cette paix de Dieu qui surpasse tout sentiment , et qui sera pour vous le gage et le prélude de cette paix éternelle que Dieu réserve à ses élus, dam la terre des vivants*

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Esesnjileai*

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