‹ Venez à moi et je vous soulagerai, ou, Traité de la divinité de la confessionChapitre 7 sur 25 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

1'^ PREUY15.

Son institution par Jcsus-Christ.

Pour vous convaincre, mon cher Théophile 5 que c'est Jésus-Christ qui a établi la loi rigoureuse et universelle de la confession , nous n'avons qu'à consulter le saint Evangile, «e livre sacré , qui renferme la vie et la doc- *-'me de notre divin Maître. Ouvrons-le donc avec confiance, pesons les paroles qui sont sorties de la bouche du Sauveur du monde, et nous serons forcés d'en conclure que c'est de lui qu'émane l'obligation indispensable de confesser les péchés commis après le baptême pour en obtenir le j)ardon.

§ I. Epoque de Vinstituiîon.

Notre Seigneur promit à ses disciples d'instituer le sacrement de pénitence , d'abord , lorsqu'il dit à saint Pierre : «Vous êtes Pierre « et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise , et

DE LA O'iîNFESSION; B

fi les portes de l'cnfor ne prévaudront point « contre elle. Je vo:i3 donnerai les clefs du « royaume des cieux , et tout ce que vous lie- « rez sur la terre sera lie dans le ciel (1). » Et ensuite , quand il adresse ce même discours a tous ses apôtres : « Je vous dis en vcritc que tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel , et que tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel (2). » — L'exécution de cette promesse est ainsi rapportée au XX. chapitre de saint Jean : « Peu de jours avant son ascension, Jésus- Christ dit à ses apôtres , en paraissant au milieu d'eux : Que la paix soit avec vous , je vous envoie comme mon Père m'a envoyé. »

Par ces paroles, il leur donne la plénitude des pouvoirs qu'il avait reçus de son pcre ; et pour rendre plus sensible ce qu'il faisait , il souffle sur eux et leur dit : Recevez le Saint- Esprit ; c'est sa vertu toute puissante qu'il semble répandre sur eux , c'est de son esprit qu'il les anime. — Quelle ressemblance frappante , mon fils , entre ce que fait ici Jésus- Christ et ce que fit le Créateur après qu'il eut formé le corps d'Adam ! Ce fut par un souffle

(1) S, Matth. XVI.— (2) S. Matth. XXIII,

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et quorum relinuerilis rclenta sunl. (Joan. , 20),

divin que Dieu mit dans le preinier homme une amc innocente et pure , c'est par le même souffle que Jcsus-Christ institue ceux qui 5 succédant à son ministère vont rendre aux hommes leur pureté primitive. C'est

pourquoi il ajoute : Les péchés seront re- ^

mis à ceux à qui vous les remettrez ^ et ils ^

l seront retenus à ceiia; à qui mis les retien-- <

^. drez(\). ^

"^ Il est* évident que, pr^r ces paroles, Jésus- i

> Christ a donné à ses apôtres ec à leurs succès- > ij scurs un double pouvoir : le pouvoir de lier ^ i et îe pouvoir de délier , de remettre les péchés c ^ et de les retenir , de condamner et d'absoudre. ^ i II les a établis juges des consciences. L'absolu- < ? kition qu'ils accordent ou qu'ils refusent, est ? i une vaaie sentence qu'ils prononcent. On n'im- ^ s putera pas sans doute à la sagesse infinie l

l d'avoir fondé dans sa relii^îon un ministère ^

> . s ;j judiciaire qui s'exerçât arbitrairement et par s

'cj caprice. Le divin maître a certainement "^

\ voulu, et il lui était impossible de ne pas ^

<i vouloir que les ministres de sa justice l'exer- ^,

S cassent avec prudence et discernement , afin S

^ (1) Quorum remîserills peccata retniliiintur cis » ^

i donc poïnt remettre quand il frandrait rclc- c

> nir, cL de ne joint retenir quand il faudrait j;

> remettre. Il a donc, par ' une conséquence ;J ^ nécessaire, voulu que le coupable fût connu ^ ï; du juge. ^ S Mais quelle connnî<isance peut avoir le juge c s de la conscicmce, des péchés dont elle est ^ ^ chargée, si la conscience ne lui est présentée ; c a découvert? a En confiant à ses ministres <

rexcrcice de sa miséricorde et de sa justice,

Dans ce tribunal divin et secret , absolument

séparé de tous les intérêts de la terre, entièrement caché a tous les regards des homme^

par confession. Vous voyez, mon cher Théophile, qu'elle est si essentiellement liée au pouvoir judiciaire dont Jésus-Christ a revêtu ses ministres , que sans elle il leur serait impossible d'en exercer les fonctions ; à moins , je le répète , qu'on ne dise que Jésus- Christ, en déléguant la puissance des clefs ^

(1) Le cardinal de La Luzerne, Considérations sur divers points de morale , t. 3,

^ Dieu ne leur a point confié sa toute science. <

5 il ne peut y avoir d'accusateur et de témoin < ^ que le coupable lui-même (1). » <.

> Et voilà précisément ce que Ton entend S

'*wA/w^/^/^/^•^^ -

S Tievei

8 iilVINITÉ >

a voulu consacrer un despotisme tout nouveau, <

établir des juges qui condamneraient ou inno- <

ccnteraient sans connaissance de cause. Et l

qui oserait le soupçonner de la part d'un le- ^

^ gislateur infiniment sage; qui a banni de son <

^ code, avec tant de sévérité ^ tout penchant à <

> la domination (1) ?» . <

< § II. Comparaison cVim missimnaire, <

^ Une comparaison, que j'emprunte à un célc- '<l

^ bre missionnaire (2), va donner une nouvelle c 'brce à Fargument que j'ai tiré des paroles de

s Jésus-Christ : « Un monarque ne peut plus suf*

< fircà rendre la justice à ses nombreux sujets, ^

^ il rassemble donc auprès de lui les hommes les \

plus vertueux et les plus éclairés de ses états, s

cl leur dit : Allez dans toutes mes provinces s

rendre la justice, je vous remets pour cela S

> mon autorité; j'absoudrai ceux que vous absou- ;

> drez, je condamnerai ceux que vous condamne- ^ ? rez. < îj • Ces hommes partent. Pensez-vous que , à s mesure que les coupables leur sont présen-

(1) Voy. la Discussion amiçaîc ^ pai monseigneur Trevern , cvccjue de Strasbourg , lettre 11.

(2) Analyse des servions du P, GinjoUf

bE LA <:ONFKSSiON. B

les, ils vont envoyer les uns en prison ou a réclialaud, et mcUrc les autres en libertc, au hasard et sans examen ? Non , sans doute ; ils savent bien que leur maître , en leur disant qu'il approuvait d'avance tout ce ([u'ilii (braient , voulait leur dire : « Allez , mais ju- (c gcz bien ; entendez les témoins , écoutez « les coupables eux-mêmes ; réfléchissez avant « d'agir, et que vos jugements soient bases « sur la justice et l'équité. »

Faites maintenant l'application : mettez , si vous le voulez , les paroles de ce roi dans la bouche de Jésus-Christ, et voyez si les apôtres ont pu leur donner une autre interprétation que celle que nous leur avons donnée nous-mêmes.

Les paroles de Jésus-Cnrîst à ses apôtres renferment donc un précepte formel , imposé aux cil! é tiens de tous les temps et de tous les lieux, de confesser leurs péchés aux successeurs de ces mêmes apôtres , pour en obtenir la rémission. Il est donc aussi certain qu'il y a obligation de se confesser , qu'il est certain que Jésus Christ a dit : « Recevez le Saintce Esprit : Les péchés seront remis à ceux a a qui vous les remettrez, et ils seront retenus â ceux ù qui vous les retiendrez. »

l " S ffl- Réponse à une objection.

« Je conviens , direz-vous peut-être , qu'en '^ « vertu de ces paroles du Sauveur du monde , > « les pécheurs doivent se faire connaître ? ^ « aux ministres de l'Eglise , lorsque dans le / « désir de se réconcilier avec Dieu, ils ont ^ « recours à leur ministère. Mais sont-îls ab- < l « solument obligés d'y recourir ? N'y a-t-il } s « point d'autre moyen que la confession ^ « d'obtenir le pardon de ses péchés ? » ^ Non, mon cher Théophile, autrement il

l faudrait dire que les paroles de'Jésus-Chrisfc < l sont insignifiantes, fausses et mensongères. ^

s Qu'arrlverait-ii , en effet , s'il y avait dans la

> rch'gion un moyen , autre que la confession ,

> de rentrer en grâce avec Dieu , s'ils suffisait , '<

> par exemple, de s'humilier en sa présence, ^ ^ déjeuner, de prier, de faire Taumône ; qu'ar- 5 riverait-il ? C'est que personne ne se confesse- 3 rait. Et qui serait assez simple pour aller soî--

lici^er, d'un ton suppliant, aux pieds d'un î^ lionime , une grâce qu'on pourrait si facile- < ment obtenir sans lui et maigre lui ? Mais ^ alors, que deviendrait la magnifique pro- 5 messe faite par Jésus-Christ à ses ministres ? >

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Comment. î^(Ta-t-il vrai (\\iï\^ vomMont et

si divin qui leur est confie deviendrait un pouvoir ridicule et complèlciricnt illusoire, puisqu'ils no pourrcu'ciît jamais rcxcrccr?

Ainsi , ou .il y a obligation pour tous les pcdicurs de confesser leurs pccliés aux prè- ^ très 5 ou bien Jésus-Christ s'est moqué de ses i; prêtres en leur disant : <c Les pcclics seront s « remis à ceux à qui vous les remettrez, et ''. c( ils seront retenus a ceux à qui vous les

> <( retiendrez, w II se serait également moqué d d'eux quand il leur a dit : Je vous donnerai i ^es clefs da roijaiune des cicux; que leur ser- S virait-il d'avoir les clefs cliicîel, si on pou- 3 voit y cnlrcr sans qu'il fût ouvert par leur

> minisîcre?

> Tous ces raisonnement , rnon fils, me pa- ^ raissent sans réplique , et je ne crains pas

do le dire^ , on n'y répondra jamais que cTa des obscurités ou des sopîiismcs.

§ IV. Raisons de celte instîMlon*

« Maïs , dîrez-vous encore , pourquoi Dieu « a-t-il exigé que nous fissions l'aveu de nos « fautes à xmprêirc honuiie comme nous? ;)

retiennent les péchés? INY'st-il pas évident, ^ au conlrairc, que le pouvoir si étonnant et s

I)lVlMTl5

S '—' PoM'quoi? mon fils, c'est la une question satanique qui ne doit jamais sortir de la bouche d'un chrétien. Le serpent infernal s'en servit pour séduire notre première mère , Eve, et la perdre avec toute sa postérité. Prenez garde qu'il n'emploie aussi le même

s moyen pour vous entraîner smi: lui dans l'a-

^ bîme.

\ Pourquoi? Eh! qui ctes-vous , pour faire

î; une pareille demande? est-ce bien à vous,

S vile créature , à demander à votre Créateur

;! raison de sa conduite ? Comment osez-vous ,

^ cendre, poussière, ver de terre, interroger

^ votre Dieu sur ses œuvres ? Est-ce à vous qu'il

\ appartient de vouloir pénétrer dans le sanc-

^ tuaire de la divinité, et de sonder la majesté $

î> de sa volonté souveraine? Eh ! ne vous suffit- ^

e il pas de savoir que Dieu a parlé , pour vous <

^ soumettre humblement à sa parole et lui ac- s

s corder le sacrifice qu'il exige de vous ?. . ., ^

^ Pourquoi ? Eh bien ! voulez-vous le savoir, ^

\ mon cher ami , écoutez et tombez aux genoux ÏJ

^ de notre divin Sauveur, pour lui témoigner <

^ votre reconnaissance. Car s'il a établi la loi ^

\ de la confession , c'est uniquement pour nous s

S donner une marque signalée de son tendre ^

^ amour pour nous. En effet, il a exigé de \

.'\/N/V*v'VX''sy\/\/V\/V«^s^-'w \/'*/- W \

DE LÀ CONF'KSLION. iH

eus Favcu des fi\ulos à un prcirc, d'abord pour nous Iminilicr, nous punir de nos pochés et faire éclater ainsi les droits iniprcscripli- ^ bics de sa justice. Par le péclié l'Iioninic ^ s'est .évoltc contre son Dieu, il a voulu, s comme lucifcr, se rendre semblable au ïrcs- ^ Aaut. Eh bien! lui dit le Seigneur, si lu veux obtenir le pardon de ton orgueilleuse désobéissance , il faut te soumettre à r homme ton semblable. Quoi de plus juste? surtout > si vous considérez, mon cher ami, que celui l qui slmmilie ainsi , sera élevé.

S En second lieu, Jésus-Christ a établi la

^ loi de la confession, pour nous fournir un \ moyen efficace de nous instruire, de nous \ éclairer ; et faire ainsi éclater les merveilleux s «ecrets de sa sagesse. Au saint tribunal , le S prêtre exerce l'office du docteur , et la lampe à la main il scrute la nouvelle Jérusalem, l'ame chrétienne confiée à sa direction ; en chaire , il lui donne les règles de conduite : au saint tribunal , il les applique selon ses besoins; en chaire il lui enseigne la voie du salut: au saint tribunal, ill'y conduit, quelle prévoyante sagesse !....

En trisinne lieu , Jésus-Christ a établi la loi delà confessions pour nous purifier de

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nos f.mtcs pasHces et nous en préserver a Ta- 5 venir , afin de faire ainsi éclater les trésors < précieux de sa miséricordieuse puissance. \ Le prodige que îe prophète demandait à Dieu , s de créer en lui un cœur pur et de renouveler s dans ses entrailles un esprit droit, se re- > produit chaque jour au saint tribunal. Le ? prctre en sa qualilc déjuge et de médecin, ^ y remet tous les péchés , y redonne la vie do ^ la grâce. C'est là qu'il examine la nature de l nos infirmités spirituelles et qu il y applique ^ les remèdes les plus efficaces pour nous pré- ^? server do la rechute. C'est le bon Samaritain, qui verse l'huile de la charité, sur les plaies que le péché a faîtes à nos amcs , et nous accorde une pleine et entière guérison. Quelle miséricordieuse puisçance !

Enfin , Jésus- Christ a établi la loi de la confession pour nous consoler dans les peines de la vie , et nous prémunir contre les terreurs de la mort , afin de montrer les richesses inîînies de sou inépuisable bonté. Le prêtre exerce au saint tribunal l'office d'un père tendre et d'un ami fidèle; c'est lui qui nous dit avec le Sauveur: (c Venez à moi, « vous tous qui êtes travaillés par la peinCg « et chargés du poids des afîlicticas , et je

n Tons Ronl n'ocrai. » Le moiulo vous o])nndontie quand l'advcrsitc vous froppc, mais c'est alors quo !a religion vous ouvre son sdii paternel pour vous consoler-

Est-ce assez , mon cher ami , pour voi/3 sa- ^ tisfairc? Oserc/-vous encore demander avec ? insolence Pourquoi notre Seigneur n voulu s nous imposer le joug Je la confession ? Con- - s fessez maintenant que ce joug qui vous pa- S raissait si injuste, si pénible, est un joug bien léger et bien doux? 0 mon Dieu ! grâces immortelles vous soient rendues pour Finsliluti()n salutaire du sacrcnicnt de la réconciliation !

Et ne dites pas quG le prêtre auquel le Sauveur exige que vous fassiez la confession de vos fautes, est un homme comme vous. Car on peut dire do lui dans un sens véritable , qu'il est Dieu et homme tout ensemble. Sans doiiiG , il est homme par sa nature , compose d'un corps et d'une amc , sujets aux mêmes mlGcres que voiîs, mais il est aussi Dieu par la dignité à laquelle Jésus-Christ l'a élevé. Car, il lui a donné le pouvoir de remettre les péchés , il en a fa:t son ministre, son anibnssaiiCur, son mandataire, son dé- > légué. C'est donc ii Jésus-Christ lui-même <

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^b DIVINITE

que vouè vons confcsez dans la personne du prêtre , qui est son représeulant au tribunal de la pénitence. t?

Dieu a voulu qu'il fût homme afin que connaissant , par lui-mêmej, votre faiblessr , il eût plus de charité pour y compatir ; il en a fait un Dicn , afin pu'il eût le pouvoir d'y apporter un remède efficace. Comme homme , il doit donc vous inspirer une grande confiance , et , en sa qualité d'Homme-Dieu , ■* mérite tout votre respect. Admirez ici la bonté et la sagesse de Celui qui , par amour pour vous 5 a réuni des choses qui semblent incompatibles,

« Lorsque je confesse inss péchés, dit l'auteur des Mémoires de M. Belval , ce n'est pas au prêtre seul que j'en fais l'aveu, mais à Dieu tout-puissant dont j'implore la clémence et la miséricorde , c'est a la sainte mère du Sauveur, cette vierge toujours pure et sans tache, qui, n'ayant jamais eu besoin de pardon pour elle-même . le réclame pour moi ; c'est à Varchange Michel , qui a vaincu le prince de l'iniquité , l'a chassé dé devant Diou , et l'a précipité dans l'éternel abîme ; c'est ^ Jean-Bapiste , prédicateur de la pénitence , à daint Pierre , à qui ils furent confiées

Tes clcs UTi royaume; des ciciix , a saint Paul , qu'un rniraclc convertit cl associa au chef de l'Eglise; a tous les sainln qui régnent dans la gloire , qui sont licureux du bonheur de Dieu même, et pour lesquels cependant la conversion d'un pécheurs est un jour de fétc.

« Ccstdonc le Dieu trois fois saint et toute l'armée céleste qui environne son trune, que je prends pour témoins de ma sincérité et de mon repentir ; je me transporte , par la pensée, au milieu de cette cour suprême qui a les yeux fixés sur moi , j'oublie lliommc qui m'entend ; je n'envisage que celui qui a tout vu, tout entendu , et qui sait déjà le fond de mon cœur; et, inaccessible à la honte que pourraient faire naître en moi de péni- ^ blés aveux , je fais avec joie et avec bonheur une démarche que la religion agrandit à mes yeux , et qui se trouve complètement justifiée par ma raison même.

En effet , mon cher Théophile , la raison ne me dit-elle pas que Dieu a pu attacher la clémence à Taveu de nos crimes? Et s'il l'a fait comme la foi uous l'enseigne , pourquoi n'aurait -il pas investi du droit d'absoudre un homme comme nous mais revêtu néamoins d'un caractère sacré?

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mVINlT]^

VÀJLenkpletSt

eOHFESSION d'aDAM ET D*ÉVB.

Au SOflîr des mains du créateur, Adam et Evcî êlaïcnt dans une parfaite innocence; ils furent aussi places dans un jardin de délices pour y jouir d*une véritable félicité. Mais Dieu , voulant exiger d'eux le dévouement de leur cœur et des preuves de leur obcissoncc , leur défendit, sous peine de mort, de loucher au fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. Ce commandement était facile à observer; mais néanmoins, séduite parle démon, caché sous la forme d*un serpent, la femme mangea du fruit défendu et en donna à son mari qui en mangea comme elle. En même Icmps leurs yeux furent ouverts à tous deux , ils reconnurent qu'ils étaient nus, et ils entrelacèrent des feuilles de figuier et s'en firent de quoi se couvrir.

Le Seigneur a sur Adam et Eve des vues de miséricorde, il veut leur pardonner leurs crimes; mais avant de lui faire entendre des paroles de consolation et de paix, il veut qu*Adara reconnaisse son crime et en fasse l'humble aveu. — « Adam, lui dit-il, où es-tu?» — «Je me suis cache, répond Adam , parce que j'ai eu peur. » — « D'où t'est venue cette crainte, reprend le Seigneur, s* ce n'est de ce que tu as mangé du fruit dont je t'avais défendu de manger ?»— C'est ainsi que

DE LA CONFrSSIO?f. 13

Dieu lui mctib boiicho la confession Jo son crime. El, on cfl'ct, Adam reprenant aussitôt , rrpond: * La femme que vous m'avez donnée m'a prcsenlc do ce fruit , et j'en ai mange. » — Etfen ai mawjc, voiL.v LA cONi-r.ssiON d*Adam ; c'est tout ce que Dieu demandail, l'aveu du coupable. Il s'adresse ensuite à la femme: — « Pourquoi, luiTlit-il, as-tu fait cela?» — La femme repond : « Le serpent m'a trompe , et j'en ai mange. >» — IlI fcn ai mangéf

VOILA LA CONFESSION d'Eve»

Dans tout cet entretien du Créateur avec les deux premiers coupables , nous voyons un père offensé , mais un père qui , dans son infinie miséricorde , leur ouvre son sein paternel , afin qu'ils se déchargent, en confessant leur péché, du poids énorme dont leur conscience est accablée. Tel est la touchante origine de la confession, (Ge?ièu«e. chap. ni. )

CONFESSION DE DAVIB.

Dans certains cas extraordinaires , la confession se faisait à des prophètes que Dieu envoyait pour la recevoir. Nous en trouvons un exemple bien frappant dans l'histoire du régne de David : ce prince ayant fait péi ir Uric peur lui enlever son épouse , le prophcle Nathan se présente devant lai pour entendre la confession de son crim , et , pour l'y amener, il a recours à celte aimable et adroite fiction ;

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^^Ï^rf'^/Wrv \/^J^/^.^^K.'-^j^*.:'

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« II y avait dans h ville deux hommes dont l'un était riche et l'autre pauvre. Les bergeries du riche étaient remplies de nombreux troupeaux de gros et menu bétail. Le pauvre n'avait , pour toute propriété, qu'une petite brebis qu'il avait achetée et nourrie auprès de lui et parmi ses enfants. Elle mangeait de son pain, buvait de sa coupe, dormait dans son sein; il la chérissait comme sa fille. Un voyageur étant descendu chez le riche , celui-ci ne voulut point toucher à ses propres brebis , ni à ses bœufs, pour le bien recevoir. Mais il enleva la brebis de son pauvre voisin , ot la fit apprêter pour régaler son hôte. » *

David , indigné 4© ce qu'il venait d'entendre , et n'écoutant que sa colère, s'écrie : « J'en jure par le Seigneur, celui qui a commis cette horrible action est digne de mort. Il rendra au quadruple la brebis qu'il a enlevée. » — Nathan réplique aussitôt : « Eh bien ! c'est vous qui êtes le coupable, tu es ille vir; et voici ce que dit le Seigneur, le Seigneur Dieu d'Israël : « Je vous ai sacré roi : je vous ai élevé sur le trône d'Israël et de Juda: j'aurais fait davantage si vous l'eussiez désiré. Répondez maintenant : pourquoi avez-vous porté le mépris pour mes lois jusqu'à commettre un aussi grand crime ? Veus avez fait périr par l'épée Urie l'Hétéen i vous l'avez immolé sous le fer des enfants d'Amrnon ; vous lui avez enlevé son épouse bicnaimce pour vous l'approprier.;. Eh bien! mainteliant l'épée ne sortira point devotre maison..* Vous

LVV^ '^'VVVV*-^vv.*^^A^vv'v-w^ j.*%^NArws/\«-^%^^

.r\y*^>rw^.

DE LA CONFrSSION. 21

avei commis volrc crime dans les ténèbres de la nuit , et moi je satisferai ma vengeance ù la vue d'Israël , à la vue du soleil. Vous avez fait blasphémer le nom du Seigneur, le Seigneur frappera

do mort le fruit de votre ndultcrc. Le fils qui vous S

est ne vu périr. » ^

Chaque mol de cet cioquent discours est un coup >

de foudre qui accable David et ne lui laisse aucun ^

moyen de repondre. Il reste interdit , confus ; il '-

peut à peine prononcer ces mots entrecoupés : ^

« J*ai péché contre le Seigneur, peccvvi domino. >» S

Parole à jamais célèbre qui mérita à ce roi péni- ^

tcnt le pardon le plus entier, mais qui ne le lui ^

mérita que parce qu'elle renfermait la confession ^

la plus humble et la plus sincère de son crime, s

(II. liv. des Rois, chap. XII.) <.

CONFESSION FAITE PAIl LE GRAND-PRÊTRE. S

Outre les confessions particulières en usage chez S

les juifs, il y avait aussi des confessions publiques S'

et générales. Une des plus célèbres était celle qui S

avait lieu le jour de l'expiation solennelle. Voici S

quelles étaient les principales cérémonies de cette S

fête :

Après s'être lavé , non-seulement les pieds et les mains, comme dans les sacrifices ordinaires , mais tout le corps , le grand-prétre s'habillait de simple lin comme les autres prêtres. Ainsi revêtu , il offrait d'abord un jeune taureau et un bélier, pour

'-'V-^j'uvi

l^ecTiés des prêtres et surtout pour Ici siens. îl mettait ses mains sur les Ictcs de ces viclimcs , ti confessait ses péchés et ceux de sa maison. Puis il recevait des mains des princes du peuple, deux Boucs pour le péché , et un bélier pour être offert en holocauste au nom de toute la multitude. On tirait au sort lequel des deux boucs serait immole, et lequel serait mis en liberté. Le bouc sur lequel était tombé le sort pour être sacrifié, était immolé à côté de Tautcl des holocaustes. Le grand-prctre en portait le sang dans le sanctuaire, et faisait sept fois des aspersions avec son doigt trempe dans le sang , entre l'arche et le voile qui séparait le Saint d*avec le Sanctuaire. Il se faisait ensuite amener le bouc qui était destiné à être mis en liberté. Il /nettait les deux mains sur la tête de cet animal ; il confessait toutes les iniquités des enfants d^Israël, toutes leurs offenses et tous leurs pêches; il en chargeait avec imprécation la tête de ce bouc, puis le livrait à un homme destiné à cela , qui le conduisait au désert et le mettait en liberté.

Selon tous les interprètes des divines Ecritures, les deux boucs dont il vient d'être psrlé représentaient le peuple coupable. Ce qui s'accomplissait sur l'un de ces animaux n'exprimait-il pas d'une manière bien sensible , la nécessité de la confession des péchés, pour en obtenir le pardon et recouvrer Xa liberté des enfants de Dieu. (Leyit., ch. xvi.)

\rj .y\^Vx/ »/v\A/

BISTOIM Dl iRAOPADI IT DES CINQ FKËRll CÉLftBRU.

!1 est împossiblc cîe ne pas reconnaître dans l'hisloirc de Draxipadl et dos finq firres célcl)rcs, rétat de dégradation dans lequel l'homme tombe par le pc'cbc , et la vertu qu'a la confession de le relever et de lui rendre sa dignité première ; la voici î

« Lorsque Chrtchnon était au monde, la famcu^t Draupadi était mariée aux cinq frères célèbres , tous rois de Madurc. L'un de ces princes tira un jour une ficclic sur un arbre , et en fit tomber un fruit admirable. L'arbre appartenait h un célèbre pénitent , et avait cette propriété , que , chaque mois , il portait un fruit ; ce fruit donnait tant de (orce à celui qui le mangeait , que , pendant tout

le mois, cette seule nourriture lui suffisait. Mais s comme , dans ces temps reculés , on craignait plus ^

la malédiction des pénitents que celle des dieux,

les cinq frères appréhendèrent que l'ermite ne les ÎJ

maudît. Ils prièrent donc Chrichnen de les aider ?

dans une affaire si délicate. Le dieu Vislnou^ mé- cj

tamorphosé en Chrichnen y leur dit, aussi bien ?

qu'à Draupadi qui était présente, qu'il ne voyait <

qu'un seul moyen de réparer un si grand mal , que c;

ce moyen était la confession entière de tous les pé^ <

chés do leur vie; que l'arbre dont le fruit était ^ tombé avait six coudées de haut: qu'à mesure que

divînitjS

chacun d'eux se comfesserait ^ le fruit s*clèveraît en l'air de la hauteur d'une coudée, et qu*à la fin de la dernière confession, il s'attacherait à l'arbre comme il était auparavant.

c< Le remède était amer, mais il fallait se résoudre à en passer par là , ou bien à s'exposer à la malédiction d*un pénitent. Les cinq frères prirent donc leur parti , et consentirent à tout déclarer. La difficulté était de déterminer la femme à faire la même chose , et on eut bien de la peine à l'y décider. Depuis qu'il s'agissait de parler de ses fautes, elle ne se sentait d'inclination que pour le secret et le silence. Cependant à force de lui remettre devant les yeux les suites funestes de la malédiction des Sujiias 9 on lui fit promettre tout ce qu'on voulut.

« Après cette assurance , l'aîné des princes commença cette pénible cérémonie , et fit une confes" sion très exacte de toute sa vie, A mesure qu'il parlait, le fruit montait de lui-même, et se trouva seulement élevé d'une coudée à la fin de celte première confession. Les quatre autres princes continuèrent , à l'exemple de leur aîné , et l'on vit arriver le même prodige, c'est-à-dire, qu'à la fin de la confession du cinquième, le fruit était précisément à la hauteur de cinq coudées. Il ne restait plus qu'une coudée : mais c'était à Drawpadi que le dernier effort était réservé* Après bien des combats , elle commença sa confession , et le fruit s'élevait peu à pou. Elle avait achevé , disait-elle ,

BE lA CONFFSSION'. . 2j

cl cependant il sVn fallait encore une (Irml-coudcc que le Iriiil n'eut rejoint l'urbrc dont il était louibé. Jl était évident quelle avait oublié ou caché qjicUinc. chose. Les cin([ frères la prièrent avec larmes dt* ne pas se perdre par une mauvaise honte ; et de ne pas les envelopper dans son malheur. Mais Chrichncn étant venu au secours , clic déclara mi julché (le })cnsce qu'elle voulait tenir secret. A peine eut-elle parlé , que le fruit acheva sa course , et alla de lui-même s'attacher à la branche où il était auparavant. » {Lettres édifiantes , t. 8 , p. 149 et suiv. )

HISTOIRE DE VÀLMIKY.

L'histoire de Valmiky n'est pas moins remarquable.

«c Précipité du ciel a cause de ses dérèglements et de son orgueil , Brahmâ prend la résolution de mériter sa grâce par une pénitence proportionnée à la grandeur de ses fautes. Le Ti ès-ïlaut le condamne à passer par quatre régénérations successives».• Brahmà se montra docile au commandement de l'Eternel. Il parut d'abord sous la figure d'un corbeau; puis il naquit , misérable mortel, dans la plus misérable des tribus , celle des Pa^ rias , sous le nom de Valmihj. A la bassesse de sa naissance , il joignit l'esprit le plus commun, l'ame la plus dégradée , et il devint un véritable scélérat. Etabli dans une épaisse forêt , près d'une grande

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