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Venez, Esprit Saint!... lumière des coeurs [microforme]

Nous voudrions ntéttre en lumière les motifs qui devraient éveiller en nous une |, dévotion spéciale à l’Esprit-Saint. |

Il paraît étrange et» prodigieux que, bien que nous honorions là. très sainte Trinité, le : Père, le Fils et le Saint-Esprit, dans l’unité consubstantielle ; bien que nous honorions la personne du Pêre d'un culte journalier chaque fois que ngüs'récitons le Pater; bien que nous honofions la personne du Fils en l’adorant au Très Saint-Sacrement, cependant nous honorons tràs rarement, d’une adoration spéciale et distinc personne du Saint-Esprit. Pour Ah! c’est que la présence en

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Esprit d'amour est une réalité qui ne peut

être saisie par les sens. Il en est de lui .

comme de la circulation du sang dans nos tre veines : elle est très, réelle, mais nous ne tac la sentons pas. Ainsi la présence de l’Es- que prit-Saint, dans no$, âmes, est une:vérité di- c'es vine inscrutable et tgliement hors de la por- prit tée de nos sens, qu we éfle, passe iraperçue. Voi- rit là pourquoi nous rerdons plus raremént un il « culte spécial au Dinensateur de toutes grâ- ch

ces. re L’Esprit-Saint est-ele lien d'amour infi- ‘ni des deux premières personnes de l’adorable Trinité. Il est-comme le souffle d’amour du Père et du ‘Fils: de là son no Spiritus qui veut dire: le souffle. Le Pèr et le Fils se renvôlént mutuellement, sous | la forme d’un souffle divin, toute la suavité } de leur amour. ... 1 L'Esprit-Saint, qui est l'amour du Père et du Fils, est le dernier terme, le parfait complément du mystère de la très sainte Trinité. Il est, pour ainsi dire, la limite de ce qui est sans limites, la borne. de ce qui est sans bornes.

Parce qu’il est le terme des Personnes âivines, et qu'après lui, il n’est point d’autre personnalité divine, on le dit en contact immédiat avec les ‘créatures. Tout ce que Dieu a créé vient, de l’Esprit-Saint :

c’est son œuvre ; paï-Conséquent il est l’Esprit qui a fait toutès” choses, Creator Spiritus. Et comme il: g créé toutes choses, il est lui-même le fisbensateur de toutes choses, Dator MUNETUMa | .

Connaître un êtres! c'est savoir son nom.

Qui nous dira les noms propres de cet Es-

prit d'amour ? Lui FEU: ; car l’Etre infini peut seul se nomme”. Or, il s'appelle : Æsprit-Saint, Don, CREER Doigt de Dieu, Paraclet. D à 014

Esprit-Saint, Spiritus Sanctus.

Comme celui du Père’et du Fils, le nom du Saint-Esprit vient, non pas des hommes, mais de Dieu lui-même. Nous en devons la connaissance à, la sainte Ecriture qui le répète bien des fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Il s'appelle Don. Qui en dira les incommensurables richesses ?

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Nous ne donnons gratuitement une chose à quelqu'un que parce que nous lui voulons du bien. Ainsi, la première chose que nous lui donnons, c’est nbtre amour. Le Saint- Esprit, étant l'amow .ngême, est le premier de tous les dons, 1 fon par ‘excellence.

Ainsi, amour donnê,.aîmour infini, amour vivant, amour prneipe, amour même, amour Dieu: tel ast°îe Saint-Esprit.

O homme, qui qua fl ‘sois, néant et poussière, si tu considètBs ‘ton dénuement, ton impuissance, ta triple nullité d’esprit, de cœur et de Corps, quet mour irrésistible ne doit pas éveiller en toi 2e titre adorable de Dox!Tu n'as rien etstu as besoin de tout; le Saint-Esprit est le Ad: qui renferme tous les dons : don de foi qui éclaire, don de l'espérance qui consoles. don de la charité qui déifie, don de toùs les biens de l’âme et du corps.

Au nom de tes besoins, au nom de tes dangers, au nom de test peines, de toute la vivacité de ta foi, invoque l’Esprit-Dieu, don et donateur, qui désire lui-même se donner à toi En lui seul, tu trouveras

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tous les biens. Hors de lui, tous les maux:

indigence pour ton cœur, malaise pour ta vie, terreurs pour ta mort.

Il s'appelle ONCTION, : : Unctio. Entre un grand nombre de significations admirables, onction veut dire sagesse et lumière. La sagesse même, la lumière sans ombre, la lumière éternelle, 1à soleil sans éclipse.

Il s'appelle Dorcrt: DF DIEU : Digitus Dei.

Les doigts procèdeni ‘de la main et du bras, sans en être détachés. Le Saint-Esprit procède du Père et Au, Fils, à qui il demeure iuséparablemeñt un‘, De là le nom de Doigt de Dieu, employé si souvent, par la sainte Ecriture, ÿour marquer l’action toute-puissante de Dieu sur les créatures matérielles ou spirituelles. Quel nom pouvait mieux que celi-Fà convenir au Saint- Esprit ? nous le demandons à l’homme luimême. Ne fait-il pas tout par ses doigts ?

Si le genre humain n’en avait pas eu, aucun des merveilleux ouvrages dont il a couvert la face du globe n’existerait. Qu'il cesse aujourd’hui d’en avoir et demain

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tous ces monuments ne seront que des ruines ; lui-même: mourra. (C’est aussi par ses doigts ou par le Saint-Esprit que Dieu opère toutes ses meyVeilles, car toutes sont l'œuvre de l'amour. » "? *

Les doigts de nos .mains ne servent pas seulement à créer, kr servent encore à partager, à diviser, à Aiktfibuer. De même, c’est par le Saint-Esprit que Dieu partage et distribue à chaqñe , créature les dons qu’il lui réserve, et'&elâ dans des proportions inégales : à ‘l’une plus, à l’autre moins, suivant les règles de ,son infaillible sagesse. TA

Esprit-Saint, Doigt de Dieu, mêlez-vous

activement de nos âffdires ; réparez, relevez les remparts. de vatre cité, faites taire les blasphémateurs “qui l’outragent. Que l'éclat de vos œuvres déconcerte vos ennemis.

Il s'appelle PARACLET : Paracletus. Ce nom veut dire : avocat, consolateur.

Avocat, et il plaide. Que plaide-t-il ? La cause des âmes, la cause de l'Eglise et du

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monde, la cause de laquelle dépend l’éternel bonheur ou l'éternel malheur. Où la plaide-t-il ? Il la plaide au double tribunal de la justice et de la miséricorde. De la justice, afin de la fléchir; de la miséricorde. afin d'en obtenir de larges effusions de grâces, de force, de lumière.

Comment plaide-t-il? Comme l'amour sait plaider. Toute son éloquence est dans ses soupirs. Le Saint-Esprit, écrit l’Apôtre, aide notre infirmité; car nous. ne savons ni ce que nous devons demander, ni comment nous devons le demander; mais l’'Esprit-Saint luimême demande pour nous par des gémissements ineff ables.

‘Qu'elle est donc profonde, grand Dieu, ma misère, la misère du genre humain! Privé de tout et mendiant, dans cette vallée de larmes, je ne connais pas mes vérita- bles besoins ; je les soupçonne à peine; je les sens encore moins. Si je les vois, j'ignore la manière d’en demander le soulagement. Quelle nécessité plus grande d’avoir un maître habile qui m’apprenne à

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mendier ; charitable, qui mendie pour moi ; tout-puissant, qui mendie avec succès. Oui, il est de foi, le Saint-Esprit prie pour moi, se fait mendiant pour moi.

“Que veux-je dire par là ? demande saint Augustin. Est-ce que le Saint-Esprit peut gémir, lui qui jouit de la souveraine félicité avec le Père et le Fils? Assurément non. Le Saint-Esprit, en lui-même et dans la bienheureuse Trinité, me gémit point ; mais il gémit en nous, parce qu’il nous apprend à gémir. Et certes, ce n'est pas peu de chose que le Saint-Esprit nous ‘ apprenne à gémir. In nous disant à l'oreille du cœur que nous sommes voyageurs dans la vallée des larmes, il nous apprend à soupirer pour l’éternelle patrie, et ce désir produit nos gémissements.”

IL est consolateur. ‘ Mes bien-âimés, jusqu'ici je vous ai enseignés, dirigés, consolés: voilà pourquoi mon prochain départ vous attriste. Prenez courage, à ma place je vous enverrai un autre consolateur qui demeurera en vous, non pas un peu de temps,

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comme moi, maïs toujours. Il vous instruira, vous dirigera, vous consolera dans vos peines.” Tel est le sens des paroles du Verbe incarné, annonçant le Saint-Esprit à ses apôtres, à l’Eglise et à nous-mêmes.

Consolateur: La voyez-vous, cetté pauvre humanité, ruine vivante, traversant, depuis soixante siècles, une terre de misères, trop justement appelée la vallée des larmes; enveloppée de ténèbres, environnée d’ennemis, brisée de travaux, accablée de dou-

leurs, rongée de soucis ; laissant aux pierres du chemin les taches de son sang, et aux ronces les lambeaux de sa chaïir ; traînant après elle une longue chaîne d’espérances trompées : apercevant dans le lointain, comme dernière perspective, une tombe entr'ouverte avec des mystères de décomposition sur lesquels elle n’ose fixer ses regards ; et, par delà, les abîmes insondables d’une double éternité ? Il faut en convenir, si l’humanité a besoin de quelqu'un, c’est avant tout d’un consolateur.

Digne de ce nom, le Saint-Esprit n’a d’au-

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tre but que de sécher les larmes, ou de les transformer en perles d’immortalité. (Consolateur puissant, ses consolations ne sont pas de vaines paroles qui se brisent à la surface du cœur, mais des soulagements effcaces, des joies intimes. Pas une souffrance du corps, pas une douleur de l’âme, pour lesquelles il n’ait un remède, une lumière, une espérance.

Gloire au Père, gloireau Fils, gloireau Saint-Esprit.

‘ Un fleuve d’eau vive me fut montré; il procédait du trône de Dieu.”’ (Apoc. xx11, 1.) L’Esprit-Saint échauffe les âmes, il répand les germes de la vie, et fait, de l’Eglise tout entière, comme un jardin émaillé de fleurs et. couvert de fruits, quasi hortus voluptatis.

Un des symboles les plus familiers à l’Ecriture sainte, quand elle veut nous rappeler la vertu de l’Esprit-Saint, est le sym-

bole de l’eau. [L'eau couvre la plus grande .

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partie de l’univers; elle jaillit partout, elle verse la vie et la fécondité, sous la forme de ses pluies salutaires. Ainsi, la grâce de l’Esprit-Saint, elle ne demande qu'à s’épancher sur les âmes, qu’à inonder, qu’à rafraîchir tous ceux qui ont soif. L’Esprit-Saint est comme le grand fleuve de L! Dieu, toujours plein d’eau, toujours prêt à féconder la terre de nos âmes.

“C’est une grande chose que l’eau, dit saint Cyrille, c’est le meilleur des éléments. Avez-vous quelquefois contemplé cette eau pure qui descend des montagnes. Voyez

du comme elle coule avec un léger murmure :

1.) k : | sans elle tout serait sec et mort dans les r'é- vallées. Franchissez les distances, et venez !! E- sur les bords de l’Océan: là vous verrez le | llé spectacle des grandes eaux, comme l’appelle US l'Ecriture, et c’en est un des plus beaux qui soient sous le soleil.’ Que dirons-nous E- donc des effusions de la grâce, cette eau )e- du monde surnaturel? Que dirons-nous donc m- de cette action continuelle de l'Esprit de

Dieu dans l’Eglise tout entière, sinon qu’elle

opère des prodiges. Voyez cette âme inconnue, cachée dans les vallées de ce monde, où l’Esprit-Saint, se faisant petit ruisseau limpide, se promène constamment !

Comme les fleurs sont belles et odorantes dans ce parterre spirituel ; comme tout s’épanouit dans cette âme, dans ce jardin fermé, au souffle de l’Esprit divin!

D'autres fois, la grâce inonde comme les cascades écumantes, c’est-à-dire qu’elle produit des effets extraordinaires que l’on admire en la vie des saints. Ailleurs ces mêmes vagues de l'Océan divin ont une solennelle tranquillité ; elles viennent battre le rivage, et y déposent les pensées de Dieu, qui se succèdent comme les ondulations de la mer.

L'eau n’est pas seulement un des plus riches trésors de la création : elle est encore le plus utile de tous les éléments. Le corps humain peut rigoureusement se passer de tout, excepté d’eau et de pain : la terre réclame avant tout la pluie. Nos aliments eux-mêmes ont besoin d’eau, et quand nous

sommes étendus sur un lit de douleur, ne pouvant plus supporter de nourriture, nous allons demander à la goutte d’eau un peu de vie et de fraîcheur ; on la laisse tomber sur ses lèvres desséchées, et les forces semblent renaître jusqu’à ce que la vie se soit complètement. retirée.

La grâce de l’Esprit-Saint est au moins aussi nécessaire au monde des âmes que les grandes eaux le sont à la terre : comme l’homme est le roi de la création, comme son intelligence et son cœur sont plus vastes que les cieux, il a des besoins si grands

-et si profonds que Dieu seul peut les sa-

tisfaire.

O Esprit de Dieu, demeurez toujours au milieu de nous ! Comme un fleuve, coulez toujours à pleins bords sur nos âmes ; vous avez l’Océan à votre disposition, que notre vie divine s’épanouisse à votre contact, et qu’elle donne des fruits abondants.

Saint Augustin enseigne que, dans le style évangélique, les fontaines et les eaux si-

guifient l’Esprit-Saint, et il pense que ce

fleuve dont il est parlé au livre des Psaumes et dont les mouvements impétueux réjouissent la cité éternelle, c’est encore l’Esprit de Dieu avec ses célestes inondations.

O Esprit-Saint, répandez la pluie de votre grâce dans mon âme avec toute l’abondance de vos bénédictions !

L'eau arrose, purifie, rafraîchit ; elle est un symbole de vie, et semble se transformer en la nature de l'être qu’elle vivifie :

autant de symboles de l’action de l’Esprit- Saint sur nos âmes.

L'eau sert à arroser. Répandue partout,

cachée dans les entrailles de la terre, elle a une grande mission : celle de prévenir les effets de la sécheresse et de rendre une nouvelle vie à tout ce qui allait devenir aride et stérile. C’est un des premiers effets de la grâce de l’Esprit-Saint : elle arrose les cœurs, elle en visite les parties desséchées et leur rend la puissance et l’énergie vitales. Le cœur humain se dessèche

encore plus vite que les campagnes, et les

vents brûlants du cœur sont plus chauds

et plus fréquents que ceux du midi. L'âme de l’homme se dessèche : c’est une plante qui épuise tout avec une effrayante rapidité, et qui a toujours hesoin de la sève d’une vie infinie. Je ne m'étonne plus, si, dans le langage de l’Ecriture, nos âmes sont souvent comparées à des plaines arides que la pluie du ciel suffit à peine à arroser ! Pauvre nature humaine ! ou plutôt ne devrais-je pas dire, grande et riche nature! Car n'est-ce pas être riche que d’avoir tant d’abîmes profonds ä% combler, et d’avoir la richesse et la puissance d’un Dieu pour les remplir ?

L'homme a donc besoin de rosée continuelle, et cette rosée sera l’Esprit-Saint, ero quasi vos. L’homme a besoin de pluies abondantes, et cette pluie sera la grâce que porte sur son souffle l’Esprit d'amour. La grâce de l’Esprit-Saint se glisse dans làme ; elle l’arrose, elle jaillit avec plus d’abondance, elle ne tarit jamais, elle monte toujours.

O vous qui lisez ces lignes, puissiez-vous,

en ce jour, mettre l’Esprit-Saint dans vos cœurs en forme d’eau vive! Que cette source soit scellée à tout jamais ; qu’elle soit la vie de votre intelligence ! Que votre cœur soit comme ce jardin dont parle Île prophète Isaïe, jardin traversé par des courants d’eau vive ‘où le liquide intelligent va chercher les moindres apparences du dé-

périssement pour les rafraîchir et les ranimer.”

Une autre qualité de l’eau est de purifier.

On confie à l’eau les objets flétris et couverts de taches. De même que l’eau purifie les corps, de même l’Esprit de Dieu purifie et arrose nos âmes. O Esprit de sanctification, purifiez-nous, lavez nos fautes dans la mer de votre amour, lava quo est sordidum! J'oserais dire que dans l'âme juste, il s'établit à perpétuité un courant des grâces de l’Esprit de Dieu; que toutes les parties les plus profondes de l’âme y sont baignées :

il s’y opère une purification si intime que ces âmes paraissent ne jamais rien perdre de leur fraîcheur. Puissiez-vous dire, avec

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