‹ Venez, Esprit Saint!... lumière des cœurs [microforme]Chapitre 4 sur 11 · PA, ER · texte numérisé non relu

PA, ER

Saint-Esprit’ La descente du Saint-Esprit sur les apôtres ressemble à la descente du Verbe dans le monde, c’est-à-dire à l’Incarnation. Comme le Verbe est descendu, le Saint-Esprit a voulu descendre pour achever son œuvre. En s’incarnant, la seconde Personne de l’adorable Trinité nous a purifiés et comblés de toute sorte de grâces. En descendant sur le monde, la troisième Personne a fait tout cela: purification, illumination. Une fois dans l’âme, le Saint- Esprit y répand sa grâce, sa charité, ses dons : comme le soleil, une fois sur l’horizon, répand dans le monde sa lumière, ses rayons et sa chaleur.

“Et üs commencèrent à parler diverses langues.”” “Les apôtres, dit saint Léon, qui, avant la Pentecôte, possédaient déjà le Saint-Esprit, le reçurent alors dans toute sa plénitude.. De là le don des langues qu’ils parlèrent ; puis cet autre don d’être entendus par les hommes de différentes langues, tout en ne parlant eux-mêmes qu’une seule langue.”

“ Suivant que le Saint-Esprit les faisait parler.” Pourquoi tous ces dons merveilleux : don de langues, don de prophétie, don de miracles, don de force surhumaine, pourquoi tous ces dons, accompagnés d’un immense accroissement de charité, ne descendent-ils sur l'Eglise qu'aux jours de la Pentecôte, et non avant l’ Ascension du Sauveur ? C'était pour les préparer à la réception de ces immenses faveurs. Voilà pourquoi le Saint-Esprit ne vient qu’après le départ du Maître. Il fallait qu'ils fussent, quelque temps, tristes et orphelins, pour mieux apprécier les bienfaits du Consolateur.

Ineffable bonté du Rédempteur ! Il porte l’homme au ciel, et il envoie Dieu à la terre. Dans le Créateur quel soin de sa créature ! Pour la seconde fois, un nouveau Médecin est envoyé du ciel. Pour la seconde fois la Majesté souveraine daigne. venir visiter ses malades.

Il est Dieu celui qui, depuis le jour de la Pentecôte, fait toutes les œuvres de Dieu

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et les fait avec plus d’éclat encore que le Fils de Dieu lui-même. Qui communique aux apôtres le don des langues et des miracles ? Ce fleuve de dons miraculeux dont la source est au cénacle continue de couler sur le monde ; il suffit d'ouvrir les yeux pour le voir, D’où prennent leur commencement toutes ces générations de martyrs qui ont bravé et qui bravent encore les chevalets, les bûchers, la cangue, les tortures les plus cruelles ; tous ces chœurs de vierges qui, pour sauver leur virginité, ont combattu jusqu’à mourir ; tous ces essaims de solitaires, d’anachorètes, de religieux qui ont vécu et qui vivent encore uniquement pour Dieu, commes des anges terrestres ?

Il était environ netf heures. La fouie sortait du temple, où elle venait d’assister au sacrifice du matin, lorsqu'elle entendit le bruit de la tempête, vit la maison trembler, et les hommes, tout inspirés, en sortir pour parler au peuple. Au lieu de regagner sa demeure, chacun accourt sur la place du cénacle. Merveilleux contraste ! Au-

jourd’hui, tous les peuples qui sont sous le ciel se trouvent ensemble dans leurs représentants, et tous ces hommes, quoique parlant des langues différentes, comprenaient les discours des apôtres.

Cependant, à ce miracle sans analogie dans lhistoire, la multitude fut stupéfaite.

Elle en perdait l'esprit, au point que quelques-uns s’écrièrent : ‘Ces hommes sont

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pleni.”’ Ivres de vin nouveau, au mois de mai! C’est la preuve que vous ne savez ce que vous dites. Toutefois, vous avez raison ; ces hommes sont ivres, ivres d’un vin nouveau; ils sont fous ; mais ivres et fous autrement que vous ne pensez. Le vin nouveau qu'ils ont bu, c’est la grâce du Nouveau Testament. Il vient de la vigne du Saint-Esprit qui plusieurs fois déjà avait enivré les prophètes de l’ancienne alliance et qui refleurit en ce jour pour enivrer les apôtres.

Ecoutez un de ces ivres se riant du monde entier avec toutes ses terreurs : ‘“ Vous avez beau faire, qui nous séparera de l’a-

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mour de Jésus-Christ ? la tribulation ? ou l'angoisse ? ou la faim ? ou le glaive ? Je suis assuré que ni la persécution, ni la mort, ni aucune créature ne pourra jamais me séparer de Jésus-Christ.”

Ce qu’il y a de plus étrange, l’ivresse des apôtres fut épidémique. Parmi la foule qui s'était moquée d’eux, trois mille hommes devinrent sur l'heure ivres et fous: ivres de la sainte ivresse, fous de la sublime folie du cénacle !

Comment énumérer tous ces traits de folie ? Voyez-vous, depuis deux mille ans, ces essaims innombrables de jeunes hommes et de jeunes filles, idoles du foyer domestique, renonçant à tous les plaisirs, et, Sans y grre forcés, quittant leurs parents et leur patrie pour vivre pauvres, inconnus, nuit et jour occupés de ce qui répugne le plus à la ne ture ? Comme à Paul on leur crie qu’ils sont fous : JInsanis, Paule! Comme Paul, ils en conviennent : Vos stulti propter Christum! ei comme lui, loin de chercher à devenir sages, ils n’aspirent qu’à compléter leur folie.

Plus fous sont les martyrs. Devant ces êtres étranges, hommes, femmes, enfants, vieillards, sur les plages ensanglantées de la Cochinchine et du Tonkin, se présentent, avec toutes leurs horreurs, la faim, les cachots, la mort au milieu des tortures. Un mot dit à l'oreille du juge, un pas sur une croix de bois suüutftit pour les sauver. Malgré les larmes de leurs proches, ce mot, ils ne le diront pas ; ce pas, jamais ils ne le feront. Comme à Paul, on leur crie qu’ils sont fous : Znsanis, Paule! comme Paul, ils en conviennent: Nos stulti propter Chrislum! Et, comme lui, loin de chercher à devenir sages, ils chantent la folie qui les conduit au martyre. |

Telle a été, telle est encore, telie sera jusqu’à la fin, l'Eglise catholique, dont le prophète royal chantait la naissance mille ans avant la Pentecôte chrétienne : “ Seigneur, vous enverrez votre Esprit, et tout sera créé : et vous renouwellerez la face de la terre ”’..... par la folie du cénacle.

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an AD ve Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit.

“ Vous étes le don du Dieu très-haut, la fontaine de vie.”

D'après saiut Thomas : Les dons du Saint- Esprit sont des habitudes surnaturelles qui nous disposent à obéir promptement au Saint- Esprit.

Le don de Dieu par excellence, le don principe de tous les dons, c’est le Saint- Esprit lui-même. De là vient qu’il est appelé Don de Dieu: Donum Dei. Quand l'Esprit de Dieu s’est emparé d’une âme, il S'épanche et se distrioue dans toutes ses puissances, comme le sang dans les veines du corps, surtout dans les sacrements ; ce n’est pas seulement la grâce qui se cemmunique, c’est l’Esprit-Saint substantiellement et personnellement qui entre dans lâme, qui la sanctifie par son contact intime et immédiat, et demeure en elle comme dans un Sanctuaire, disent les théologiens. Et, tout en admettant les différences, ils ne crai- £#nent pas de comparer cette cohabitation de l’Esprit-Saint dans nos âmes avec celle |

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du Verbe dans la sainte humanité du Christ.

‘“ L’Esprit-Saint, dit saint Augustin, ne descend pas dans les âmes des fidèles par la grâce de sa visite et de son opération, mais par La présence même de sa majesté. Il s’unit à elles de plus en plus, il Les imbibe de sa substance divine. Ces âmes deviennent comme un livre divin, où l'Esprit de Dieu écrit tous les jours les merveilles de son amour.

Les âmes justes, pénétrées de l’Esprit- Saint, ont une odeur spéciale, elles répandent la bonne odeur de Jésus-Christ.

Comment mesurer l'étendue d’un pareil bienfait ? Ramasser, dans la poussière, souillée où il rampe, ce vermisseau qu’on appelle l’homme, puis, à cet être-néant, communiquer la vie même de Dieu; remplir son entendement de lumières divines, sa volonté de force surhumaine pour accomplir le bien: n’est-ce pas le bienfait des bienfaits, le don qui couronne tous les dons ? “ Qu'ils soient un comme nous sommes un.” Ce mot, d’une profondeur infinie, ré-

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sume dans ses causes l’incarnation du Fils, la mission du Saint-Esprit, tout le j.n divin dans le temps aussi bien que dans l’éternité. |

Vienne dans une âme le Saint-Esprit avec ses dons, c’est le feu dont la vive lumière éclaire l’entendement et dont la chaleur échauffe le cœur ; c’est le vent véhément du cénacle qui brise toutes les résistances ; c’est l'électricité divine qui, circulant dans toutes les facultés de l’âme, les anime, les pousse vers le monde supérieur. A cette impulsion le monde doit les apôtres, les missionnaires, les saints.

L'Esprit de Dieu est tout-puissant ; mais il respecte la liberté de l’âme, et ne veut pas y entrer malgré elle; c’est dans le consentement de l’âme, c’est sa coopération à l’action divine qui attend. Il se tient à la porte, et il frappe ; mais si on lui refuse d'ouvrir, il attend. Et cela se comprend : l’amour doit être libre. Combien ignorent cette vérité dans la pratique de leur vie! Il semble que la Providence de-

vrait tout faire dans l’œuvre de leur conversion, tandis qu’eux-mêmes se croiseraient les bras ; de cette manière, ils consentiraient peut-être à accepter les dons du ciel.

Plus ruus agirons, plus se développeront les richesses inépuisables de la grâce : elles sont à notre disposition, c’est un riche trésor qui nous est ouvert. Ayons au moins le courage d’y aller puiser.

Résumons : Sans le Saint-Esprit, le salut est impossible, Or, le Saint-Esprit est inséparable de ses dons : il est dans l’âme avec tous ses dons, ou il n’y est pas du tout. La conséquence est que les sept dons du Saint- Esprit sont nécessaires au salut d’une égale nécessité. °

Pénétrons un instant dans une autre région où les épreuves spirituelles se multiplient, où le sentiment de la sainteté de Dieu nous accable. Nous sentons notre cœur se dessécher, notre esprit est plongé dans les ténèbres. Nous ne trouvons plus Dieu nulle part. La terre nous semble vide et stérile.

Cette région paraît être le pays de ceux

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sage ne paraît plus jamais, là, ne brille D us jamais aucun rayon de lumière. Mais lisons les Béatitudes : ‘“ Bienheureux les pauvres d'esprit.” ‘ Bienheureux ceux que l'E rent.” ‘ Bienheureux ceux qui ont PAPE SL soif de Dieu.” Bienheureux ae qui peu frent persécution pour la justice. ss je Béatitudes n’appartiennent pas tant à la Êée gion de la charité active qu'à celle de M Souffrance passive. La lumière nous y ferait défaut pour travailler, mais nous pouvons souffrir dans l'obscurité. C’est une étape que les parfaits ont tous parcourue.

Is y ont appris à être patients comme leur divin Maître ; doux envers tous, abandonnés au bon plaisir de Dieu.

Je ne décris pas ici la vie des saints canonisés, mais de chrétiens tels que nous pouvons être. Il n’y aura sans doute pont de Miracle dans une pareille vie, mais elle sera véritabl:ment parfaite, et sera peut-être le dernie; terme de la conformité de notre volonté à celle du divin Maître.

Du sacrement de la confirmation.

de L'Esprit de force reposera sur lui.” (Isa. x1, 2.)

Cher enfant, vous qui vous préparez à recevoir la confirmation, lisez avec attention l’explication de ce sacrement, pour que vous le receviez avec toute la ferveur possible, |

Il est de foi qu’en nous donnant la grâce, les sacrements nous donnent le Saint-Bsprit avec tous ses dons. S’ensuit-il que la confirmation soit inutile ? Non, car c’est le sacrement de la force, et la vie du chrétien n’est qu’une lutte continuelle. Dans le baptême, nous sommes régénérés à la vie ; dans la confirmation, nous sommes préparés au combat.

. Le Saint-Esprit est descendu sur les‘apôtres le jour de la Pentecôte, et il descend encore sur nous dans le sacrement de confirmation par l'imposition des mains de l’évêque. |

Gloire au Père, gloire au Fils, gloire au Saint-Esprit.

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L’effét du sacrement de confirmation est de donner le Saint-Esprit, comme principe de force, ainsi qu’il fut donné aux apôtres, afin que le chrétien “coÿtesse hardiment le nom de Jésus-Christs dé nous fortifier contre les vices, et enfin A£ nous éclairer, afin de nous faire mieuÿ* *émprendre les mystères de la foi. : ..

Ce sacrement est pojui chaque âme comme la fête de sa propre’ Pentecôte. En vertu du pouvoir confié par Jésus-Christ à ses apôtres, il y a commé une sorte de commandement à l'Esprit: Saint. Aussi, quand le cœur du jeune confirmé a été convenablement préparé, il peut réellement dire comme le Prophète : Oui, je Suis plein de l'Esprit de Dieu: et sa force divigie circule dans mes veines. CS

.e Oui, mon enfant, il vous faut de la force pour accomplir vos devoirs de chaque jour; VOUS avez besoin de force contre les séuuctions du monde, d'autant plus dangereux qu’à votre âge on ne s’en doute pas.

Cette vie est un combat : soyez tous comme

le brave Drouot, l'officier supérieur de Napoléon ler. Quand la victoire semblait vouloir déserter le drapeau français, Napoléon s’élançait à cheval. et .«s’écriait : ‘“ Drouot ! où est Drouot ? ” Atissitôt l’intrépide artilleur partait comme T'éélair, et mettait l’ennemi en déroute. ® Napoléon pouvait dire de lui: ‘C’est le plus: vaillant officier de mon armée, et surtout c’est le plus fidèle.” Eh bien! Drouot, celui qu’on avait surnommé Le brave, communiait publiquement et en présence de ses Hopes: ; aussi chacun le respectait.

Enfin, mon cher entänt l'huile de la confirmation est une huile de joie. “L'huile de joie, dit saint Ambroise, c’est l’Esprit- Saint.” La joie de l'âme et la paix du cœur sont, selon l'Apôtre, un des fruits principaux du Saint-Esprit. Cette paix a même un rayonnement à l'extérieur. Cette joie se peint sur la figure des saints. On dirait que Dieu les parfume même au dehors avec l'huile de la joie ; une lumière douce et sereine jaillit de leurs yeux.

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O Esprit d’amour, établissez dans les âmes ces ruisseaux d'huile dont parle saint Grégoire, rivi olei! Que ces ruisseaux coulent dans toutes les, ‘directions, c’est-à-dire que votre grâce établisse dans les cœurs ces fleuves pacifiques qui &ônnent la vie, la fécondité et la joie! *?”

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Gloire au Père, gloire au Fil$, gloire au Saint-Esprit.

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Neuvaine à Esprit Saint,

° 300 jours d’indulgence pour se is exercice (Baccalta, page

‘ De toutes les ? neuvaines, dit saint Alphonse de Liguori, Celle à l'Esprit-Saint tient le premier Yang, parce qu’elle a été célébrée une première fois par les apôtres et la très sainte Vierge dans le cénacle.”

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