‹ Venez, Esprit Saint!... lumière des cœurs [microforme]Chapitre 3 sur 11 · VOUS · texte numérisé non relu

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le pouvoir du Saint-Esprit ? Une créature quelconque peut-elle dire : Seigneur Jésus, si ce n’est par le Saint-Esprit ? Semblable au soleil, il réchauffe tout, et sans aucune diminution de lui-même, il prête, il distribue à chaque être ce qui est nécessaire et ce qui suffit Magnifique distributeur de ses dons, il les répand et les divise suivant le besoin de chaque créature.”

‘* La troisième Personne de l’auguste Trinité, dit encore saint Basile, ne quitte pas l'homme-Dieu ressuscité d’entre les morts.

L'homme avait perdu la grôce qu’il avait, au jour de sa création, reçue du souffle de Dieu. Le Verbe incarné veut la lui rendre.

Pour cela, il souffle sur la face de ses disciples. Et que leur dit-il ? Recevez le Saint- Esprit, les péchés seront remis à qui vous les remettrez, retenis & qui vous les retiendrez. Qu'est-ce à dire ? sinon que l'Eglise, sa hiérarchie et son gouvernement sont l’ouvrage du Saint-Esprit ? C’est lui-même, dit saint Paul, qui a donné à l'Eglise d’abord les apôtres, ensuite les prophètes, les doc-

teurs ; puis le don des langues et des miracles.??

Ouvrons le Livre sacré et suivons pas à pas le récit de cette merveilleuse création.

À peine née du sang du Calvaire, l’Egiise s'était retirée dans le cénacie, afin de se . préparer par le recueillement à la venue du Saint-Esprit. (Cent vingt personnes composaient cette société. C'était chez les Juifs le nombre voulu pour former une communauté ecclésiastique.

Ne formant tous qu’un cœur, qu’une âme et qu’une prière ardente pour demander le Saint-Esprit, ils étaient dans le même lieu : in eodem loco: ce lieu était le cénacle. Dans quel but le Saint-Esprit choisit-il le cénacle pour le premier théâtre de ses révélations merveilleuses ? Parce que c'était le lieu le plus saint de la terre. C’est dans ce même cénacle que le Seigneur institua la divine Eucharistie, et qu'après sa résurrection il apparut à l’apôtre Thomas ; lieu béni, qui rappelait aux apôtres l’ineffable bonté du Maître, ses divins discours,

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et leur première communion de la main même de Jésus. Comme ils devaient y revenir avec attendrissement et y prier avec amour !

Ce cénacle était, suivant une tradition, dans la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, et cousin de saint Bernabé, On dit que le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l’auguste sacrifice de la messe.

‘Et à se fit tout à coup du ciel un bruit.” chacune de ces divines paroles renferme un trésor de vérité. JL se fit tout à coup, sans que les apôtres s’y attendissent et sans aucune participation de leur part. Ainsi, nous apprenons que le Saint-Esprit répandait l'abondance de ses dons intérieurs et extérieurs par sa pure libéralité Nous voyons encore la promptitude et la force de sa grâce, qui, en un clin d'œil, change les hommes terrestres en hommes célestes :

Pierre en héros, Madeleine en une sainte. O l’'admirable ouvrier que le Saint-Esprit !

A son école point de délai pour apprendre, il touche l'âme et il enseigne.

Du ciel: pour montrer que là est le séjour du Saint-Esprit, qu’il est Dieu et qu’il vient élever au ciel les apôtres et par eux le monde entier. Puissant levier ! ‘ Aujourd’hui la terre devient le ciel. Il prend les timides apôtres, et qu’en fait-il ? Il en fait des pasteurs, des colonnes et des médecins.

Des pasteurs, qui vont chasser les loups et courir après les brebis. Des colonnes, ils sont les appuis et les fondements de l’Eglise. Des médecins, qui vont arracher les épines et guérir nos blessu:es.”

Ce bruit était comme celui d’un vent violent qui arrive.” Ce vent n’était pas le Saint- Esprit, mais son emblème. Pourquoi cet emblème et non pas un autre ? Pour montrer la force irrésistible du Saint-Esprit. De tous les éléments, le vent est le plus fort.

En quelques minutes il déracine, comme en se jouant, des forêts séculaires. Vent impétueux, il rendra les apôtres ardents aux combats, Animée du souffle de l’Es-

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prit-Saint, leur parole va faire tomber les idoles, ébranler les empires, purifier l'air corrompu par vingt siècles de ténèbres, activer dans les âmes la sève divine, et les pousser, à toutes voiles, vers les rivages de l’éternelle Jérusalem. |

‘gt Ùi remplit toute la maison.’ Au moral comme au physique, le vent où le souffle est le signe de la vie. Principe de vie, le Saint-Esprit, figuré par ce vent, remplit toute la maison où se trouvaient les apôtres ; mais il ne remp'it que celle-là. Ainsi, pour avoir le Saint-Esprit, il faut être dans la maison des apôtres, c’est-à-dire dans l’Eglise catholique. Hors de ce corps divin, le Caint-Esprit ne vivifie personne.

‘ Où ils étaient assis.’ Ce n’est pas sans raison que l’Ecriture marque l’attitude de l'Eglise, au moment de la descente du Saint-Esprit. Le repos du corps est ici le symbole de la quiétude et de la royauté de l’âme : double disposition nécessaire pour recevoir le Saint-Esprit. La quiétude : ce r’est ni dans le bruit du monde, ni dans le

tumuilte des passions que le Saint-Esprit se communique aux fimes.

“Et il leur apparut des langues divisées.” Pourquoi des langues ? Le monde avait été perdu par la langue ; c’est par la langue qu'il devait être sauvé. Pourquoi des langues visibles ? ‘Le Fils, dit saint Grégoire de Nazianze, avait conversé avec nous dans un corps sensible et palpable, il était donc convenable que le Saint-Esprit apparût aux hommes sous une forme corporelle.

Ainsi, comme le Verbe s’est incarné pour nous enseigner de sa propre bouche ln voie de la vérité et du salut, de même le Saïint- Esprit s’est, pour ainsi dire, incarné dans les langues de feu, afin d’instruire les apôtres et les fidèles.”

Le don des langues suppose Ia connaissance des mots et de leur signification : la claire vue de toutes les vérités nécessaires au succès de la prédication apostolique.Or, les dons de Dieu sont sans repentance, et le Saint-Esprit est toujours demeuré dans l'Eglise, tel qu’il descendit sur elle au cé-

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nacle. Le merveilleux don des langues s'est donc conservé dans l'Eglise catholique,

Ecoutons saint Augustin : ‘ Quoi donc !

mes Frères, parce que, aujourd’hui, celui qui est baptisé ne parle pas toutes les langues, faut-il croire qu’il n’a pas recu le Saint-Esprit ? A Dieu ne plaise qu’une pareille perfidie tente notre cœur. Au baptême tout homme reçoit le Saint-Esprit, et, s’il ne parle pas les langues de toutes les nations, c’est que l'Eglise elle-même les parle, Or, l’Eglise est le corps de Jésus- Christ. Je suis membre de ce corps qui parle toutes les langues; je les parle donc toutes.”

“Ces langues étaient comme du feu.” Le vent et le feu étaient les symboles éloquents du Saint-Esprit. Aux apôtres il vient sous l’emblème du vent et du feu, parce qu’il leur communique le pouvoir du ministère dans l'administration des sacrements. De là ces paroles : C'eum à qui vous remctirez les péchés, ils seront remis.

Les langues du cénacle n'étaient pas un

vrai feu, mais un feu apparent dont elles avaient la couleur et l'éclat. Le Saint- Esprit choisit le feu, parce qu'étant l’amour en substance, il est lui-même un feu consumant: ignis consumens. Le feu échauffe, éclaire, purifie. Or, le Saint-Esprit fait tout cela dans les âmes

‘“ Et ce feu en forme de langues se reposa sur chacun d'eux.’ Il repose sur les apôtres pour les consacrer docteurs du monde et pour montrer qu’ils sont des hommes tout célestes, doués par conséquent d’une sagesse et d’une éloquence divine. Âl repose sur eux, pour annoncer à tout l'univers qu'il demeure avec eux et avec leurs successeurs, jusqu’à ia consommation des siècles.

Quoi de plus doux pour des enfants que de contempler le berceau de leur mère !

Continuons donc le récit détaillé de la naissance de l'Eglise. Restons au cénacle, notre maison paternelle et écoutons le texte sacré.

Il ajoute: ‘“Æt üs furent tous remplis du

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