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avait été désertée par une grande partie du public, qui avait reconnu que le péril était principalement de ce côté, et le nombre des victimes innombrables que pouvait causer la chute de ce mât fut diminué de beaucoup.
Revenons maintenant à Darey et à ses deux filles.
On comprendra facilement qu'Hortense voulût attendre quelque temps son fiancé, étant sous l’impression toute naturelle qu'il avait dû être entrainé loin d'elle par quelque rencontre Où obstacle inattendus, mais qu'il ne tarderait pas à la rejoindre, Ernest était aussi de cet avis, mais Darey s'y opposa,
— Quel danger peut done menacer M. Hervart ? fit. il d’une voix dure, Le péril n'est pas pour lui, mais bien pour nous, si nous attendions trop longtemps.
—M. Darcy à raison fit Ernest à son tour, Louis saura bien se tirer d’affures.
On se rendit donc chez M, Darey sans plus s'occuper de l'étudiant en droit ;1l n'y avait qu'Hortense, laquelle, s'exagérant le danger auquel son bien-aimé pouvait être en proie en ce moment, conservait une figure où la crainte se mélait à l'inquiétude,
Ernest accepta l'invitation qui lui fut faite d'entrer.
On parla surtout de l'incident de la soirée dont nos héros ignoraient Cependant, à cette heure, les principaux détails. Hortense y mélait souvent le nom de son fiancé.
Seul, Darcy était impassible,
Le silence paraissait vouloir Bagner tous les membres réunis dans cette société, quand on entendit la pendule sonner onze heures,
— Onze heures ! s’écria Hortense.et Louis qui n’arive pas !
72 YENGEANCE FATALE
— Ce retard n’est Pas rassurant, observa Mathilde. — Louis sera retourné chez lui, dit Ernest.
— Je ne crois pas qu'il soit retourné à son logis,sans venir prendre ici quelques informations de ce qui s’est passé depuis que nous nous Sommes perdus de vue.
— Hortense a probablement raison, reprit Mathilde. En effet M. Hervart doit être très-inquiet lui-même.
— Nous pourrions peut-être chercher à nous assurer s'il ne lui serait Pas arrivé quelqu’accident, fit Ernest,
— Ce serait toujours plus prudent, ajouta Hortense. —— Eh bien, je vais me rendre immédiatement à son
domicile.
Et ce disant, Ernest prit sa Canne et son chapeau et Courut plutôt qu'il ne marcha dans la direction de la rue St. Hubert,
Louis avait sur lui Son passe partout. Ernest n'en avait pas et la maison étant fermée, il ne pouvait donc entrer sans frapper.
C'est ce qu'ilfit. Si Louis avait été dans la maison, il n'aurait pu manquer d'entendre le bruyant carillon que faisait la cloche remuée par la main d’Ernest, lors même qu'il eut été entièrement tombé dans les bras de Morphée. Cependant, personne ne répondit,
— Allons, se dit Ernest, c’est qu'il n’est pas encore arrivé. Que devrais-je faire, l’attendre ? C'est bien ce que j'aurais de mieux à faire, mais veiller à la belle étoile, peut-être pendant une demi-heure, ce n’est pas ce qu'il y a de plus amusant ; qui sait ? il pourrait bien être chez M. Darcy ; je crois cependant qu'il vaut mieux uller au cirque. ?