‹ Vengeance fatale [microforme]Chapitre 12 sur 27 · LES MÉSAVENTURES DE LOUIS · texte numérisé non relu

LES MÉSAVENTURES DE LOUIS

Le cirque a été, de tout temps, et surtout à l’époque de ce récit, très populaire à Montréal. Ce spectacle, à cette époque, était en effet l'un des seuls divertissements du peuple qu'attiraient très rarement ceux du théâtre ou des concerts. Aussi ces représentations ontelles toujours été moins goûtées des dames et des jeunes filles u une société plus élevée et que la curiosité seule pousse quelquefois à s'y hasarder, mais seulement lorsqu'elles sont bien accompagnées.

Or, cette année pendant le mois de juillet, une troupe de pantomimes qui, selon les avis délivrés aa public, devait dépasser tout ce qu'on avait déjà vu en ce genre, vint stationner pendant quelques jours à Montréal et y donna plusieurs représentations à l’ancien jardin Guilbaulk, situé au haut de la rue Saint- Laurent, près du Mile-End.

Mathiide et Hortense prièrent leur père de leur faire voir ce spectacle d’un genre nouveau pour elles et celui-ci, après avoir hésité quelque peu, avait fini par les y conduire,

Le lecteur ne sera probablement pas surpris de voir, le soir du cirque,Louis et Ernest à côté des demoiseliss Darcy et de leur père.

En effet, Ernest qui avait l'intention de rejoindre son ami à Montréal, y était arrivé quelques jours

seulement après lui. 11 le quittait très-rarement, Son intimité avec Louis lui avait valu,de la part des jeunes filles, l'invitation d'accompagner ce dernier dans ses nombreuses visites à Hortense et c’est avec plaisir qu’il avait accepté, grâce à l'agrément qu'il trouvait dans la société de Mathilde,

Aussi, dès que Louis avait fait part de l’arrivée du cirque à Hortense dans le but de lui faire désirer la vue de ce spectacle, Ernest saisit avec empressement l’occasion d’y accompagner les ‘eux sœurs avec l’étudiant et M. Darcy.

La soirée était passablement avancée et après tout l'on pouvait dire que le public n'avait pas été trompé par les annonces. En effet, richesse des costumes,quantité innombrable d'animaux de toutes sortes, hardiesse vertigineuse des pantomimes, tout participait à l’'amusement de lu foule lorsque l’on entendit, d’abord un craquement formidable, qui fut bientôt suivi d’un bruit sourd.

On ne tarda pas à découvrir la cause de ce bruit, c'était la toile de la tente qui venait de se déchirer au sommet d'un mât placé au milieu de l’arêne et que Ja tente surtout tenait en équilibre. Elle se séparait lentement du mât et en retardait ainsi la chute, mais il était facile de prévoir qu’une fois la ‘ile tombée com plètement, un horrible malheur pouvait s'ensuivre,

Quelques-uns des spectateurs commer:çwient à craindre pour leur vie. Cependant le danger paraissait encore éloigné, et ceux-ci auraient pu échapper à tout accident, s'ils fussent partis immédiatement et aussi si la foule eût été moins tapageuse ; mais un bon nom-

bre ne croyait pas à un péril aussi immédiat, et, pour n'en rien perdre, était décidé à demeurer Jusqu'à la fin du spectacle.

Néanmoins, M. Darcy et ses denx filles suivie d'Ernest et de Louis avaient cru plus prudent de quitter le cirque, dès le moment où les premiers troubles avaient commencé parmi la fouleet ils s’en retour naïent tranquillement, lorsque Louis se sentit violemnent saisi par un gros gaillard, qui fit tousses efforts pour l’eniever.

—Lâchez-moi, cria L. uis, Jâchez-moi, sinon, je vous frappe au visage !

Mais il ne pouvait mettre'ses menaces à exécution, tant celui qui l'avait attaqué lui pressait les mains for tement. Il se trouva enfin libre sans trop comprendre la raison de cette étrange aventure, pendant que son agresseur s'en allait en maugréant : “ je suis sûr, cette fois, qu’il n’avait de Jonc à aucun de ses doigts ” ;

Aussitôt rendu à la liberté, Louis se mit à la recherche de ses Compagnons, dont il avait été si violemment séparé, mais il ne put les retrouver et après d’inutiles perquisitions, au lieu de se diriger vers la place de sortie, la seule chose que lui conseillait le bon sens, il prit le parti de voir défiler ceux des spectateurs attardés qui n'avaient PaS encore réussi à abandonner la place du cirque, espérant ainsi retrouver Hortense.

Il attendait toujours immobile à son poste, lorsque tout à coup la tente s’écroula sur les derniers assistants à cette représentation, et il fut renversé avec cette masse compacte, Heureusement la partie de l’orèr où tomba le mâtqui se tu vait au milieu de la :

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