‹ Vengeance fatale [microforme]Chapitre 24 sur 27 · SE · texte numérisé non relu

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L'ECTR

positions qui, toujours d'après la conversation que j'ai entendue, devaient être d’une nature pacitique.

— Tu as vu Hervart qui t'a paru être de mauvaise humeur, tu crois qu’il veut faire la paix avec nous, tu te perds dans tes conjectures !

— Ne m'interrompez pas srse cesse, si vous voulez être au fait de ce qui se pe sse auicur de nous. Or tout cela est bien simple. Ce satin, Ja: suivi Hervart et son inséparable compagnon dont le 10m m'est inconnu et j'ai appris que cette après..idi, une excursion est projetée pour Lachine. Elle aurait pour but le règlenent de certaines affaires qui regardent surtout M. Hervart. Mais avant de partir, celui-ci devait vous faire certaines propositions de paix que vous avez refusées, je n’en doute pas, à la figure de Louis en sortant d'ici. Si ces gens commencent à vous effrayer, ce serait peut-être notre intérêt de nous en débarrasser aujourd’hui même, Nous n'avons qu'à les attendre sur le chemin et certes nous leur ferons maille à partir.

— Comment ! ce maudit Lesieur serait associé aux complots de Louis? Je m’en devais douter. Sais-tu s’il est instruit des dangers qui menacent Hervart en ce moment ?

— J'en suis certain, je lai même entendu lui conseiller d'enlever votre fille.

— Le misérable !

Une idée subite venait de se faire Jour dans le cerveau de Darey. Nous avons dit plus haut qu'il n'avait pas remarqué l'assiduité empressée que depuis quelque temps Ernest témoignait pour Mathilde. Les embarras de toute sorte qu’il avait endurés depuis peu l'avaient souvent retenu hors de la maison, et il ne lui était pas

venu à l'idée que des amours fussent nées entre sa fille et l'ami de Louis Hervart. Toutefois il n'avait pu méconnaître les attentions nombreuses qu'Ernest lui avait marquées, ce qu'il avait appr ment de la bouche même de ses filles. Il se demanda si ées attentions d'Ernest ne Comporteraient pas quelque chose de plus qu'une simple affection et si, du Moment qu'il conseiliait à Louis d'enlever Hortense, il ne cConcevait pas en même temps la possession de Ma-

is principale-

thilde, C’eût été une entreprise hardie, mais non pas impossible, et l’on sait que l’audace ne manquait pas à Darcy.

— Ont-ils mentionné le non de Mathilde, en com-

plotant cet enlèvement, demanda-t.il à son homme de paille ?

— Devant moi, il n’a été selle Hvurtense.

Ces mots rassurèrent Darcy.

— Tu crois décidément qu'ils iront à Lachine au- Jourd’hui ?

question que de mademoi-

— Je n’en ai aucun doute, car pour n'y point aller, il leur faudrait changer d'idée complètement,

— Ce n’est pas tant cette conspiration qui m'agace que de voir Lesieur dans le camp de mes ennemis ; c'est un garcon audacieux, peu Scrupuleux et véritablement homme d'action. Voilà un t 7pe que j'aurais rêvé Pour mon gendre, malheureusement il est contre nous.

— Ne le regrette pas trop, le mariage n'eft pu avoir lieu que dans le cas où mademoiselle Mathilde et lui se fussent aimés réciproquement,

— Qui te fait done croire le contraire ?

Puivert regarda Darey et n° répondit pas. Peut-être

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le désir de ce dernier était-il prêt de se réaliser, mais non pas selon sa prévision,

Puivert reprit alors: Si M. Lesieur aime mademoiselle Mathilde autant que vous paraissez disposé à le croire, et que de son côté celle-ci n’a pas d'antipathie marquée contre ce jeune homme

— Hé bien ? fit Darcy.

— Peut-être qu'en accordant votre fille à Lesieur vous l’amèneriez dans votre camp.

Darcy ne fit que sourire, Cet homme ne croyait plus évidemment à la vertu chez les autres. Il se figurait tout le genre humain fait à sa propre image,

— Cela ne changerait rien, répondit-il, Si Mathilde et Lesieur s'aiment réellement, ils finiront pas se marier, quand même Lesieur aiderait Hervart dans cette lutte. Toi, Puivert, tu n’as Jamais aimé la femme d'un véritable amour; c’est pourquoi tu ne connais pas la force de la passion. Lors même que Lesieur se teindrait de mon sang, ce qu'il ne fera pas, Mathilde ne l'en aimerait pas moins et elle ne manquerait pas de trouver d'excuse pour ne point rompre avec lui, Quant à Lesieur, je ne me sens pas d'avis à lui faire des ouver-

tures, car je n'ai aucun doute qu'il restera fidèle à son ami,

Le fermie#fit entendre un léger soupir,

— Mais enfin, à quoi voulez-vous en venir ? demanda-t-il à Durey.

Cette question ramena ce dernier à lui-même, Il réfléchit quelque peu, puis il exprima son opinion comme suit :

Il vaut mieux en finir sans retard avec ces gens-là, Tu vas aller prévenir tout de suite Marceau de se

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trouver prêt pour trois heures. Nous nous dirigerons vers Lachine, mais nous nous arrêterons sur le parcours de la route, les laissant continuer leur excursion pour les attendre à leur retour, blottis dans quelque trou.

— J'y vais à l'instant, dit Puivert.

En sortant de l'hôtel de la rue St. Alexandre, il remarqua un individu qu’il avait déjà rencontré dans le cours de cette Journée, mais il ne crut pas devoir faire la moindre attention à cet homme qui, du reste, lui était parfaitement inconnu. Il fut cependant suivi quelque temps par ce personnage, qui ne tarda pas à abandonner les pas du fermier pour se rendre chez Louis. Puivert se trompait lorsqu'il croyait n'avoir pas été remarqué le matin par les deux Jeunes gens. Si ceux-ci ignoraient que l’homme de paille de Darcy avait entendu leur conversation, ils ne l'avaient pas moins aperçu et sa présence dans ce quartier les avaient quelque peu iuquiétés. Aussi, lorsqu'ils furent à leur logis de la rue St. Hubert, au lieu d'entrer, Ernest voulut faire suivre le fermier, et pour'cela il s'était procuré l'aide de ce personnage que Puivert venait de trouver encore une fois sur ses pas.

— Voici trois dollars, avait dit dit Ernest à cet homme, en lui mettant dans la main le même montant, et je vous en promets encore autant, si vous vous assurez de toutes les démarches de cet homme habillé de gris que vous voyez devant vous. Cela vous va-t-il ?

— Oui Monsieur, je vous offre mille remerciements de votre générosité, et quand à votre homme, je vous promets de l'observer de manière à pouvoir vous instruire de ses moindres actions.

— Attendez encore un instant.

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le père de Mathilde, le

Ernest dit à Louis quelques mots à voix basse, après quoi il s’adressa de nouveau à son fuctotum : Revenez vers une heure et demie, fit-il, nous aurions peut-être quelqu'autre commission à vous confier.

L’espion S'éloigna à l'instant même et revint à l'heure indiquée,

Ernest attendait alors le retour de Louis, qui était Scrti pour demander une entrevue à Darcy.

dirons rien ici de cette entrevue naissent déjà. Louis était déjà en retard de plus de

. Vingt minutes quanu, enfin, il ouvrit la porte du logis de la rue St-Hubert, I] ne fournit d’abord aucune explication à Ernest du résultat de sa démarche auprès de Darcy, mais il écrivit immédiatement à Mathilde et à Hortense les deux lettres, dont nous connaissons le contenu. Ils les remit entre les mains de ce nouveau messager, qui les porta sans retard rue St-Alexandre.

Environ une heure après, pendant laquelle Louis avait fait part À son ami du résuitat de sa visite chez tidèle messager revenait chez les deux jeunes gens, une troisième fois depui avec des détails d’une importance ind deux amis. Avant de remettre les deu était chargé, il avait vu Puivert ent quier. - La vue du fermier curiosité. Bientôt il entendi mente entre les deux acolyt salon qu’on avait laissée ouv de la journée, Alors il se blo il ne pouvait perdre un soul et il venait la rapporter fi

Nous ne ue nos lecteurs con-

8 le matin, éniable pour les x lettres dont il rer chez le banà cet endroit excita sa tune conversation véhées, grâce à la fenêtre du erte à cause de la chaleur ttit dans un endroit d’où mot de cette Conversation, dèlement aux deux jeunes

. gens. Après avoir terminé son récit, il réclama les trois dollars auxquels il avait droit.

— Les voici, dit Ernest en lui ramettant la somme promise; vous êtes un homme précieux, je pourrais bien encore requérir vos services.

— Tant que vous payerez aussi bien, je vous servirai toujours avec le même zèle.

— Ce ne sera pas pour aujourd’hui, lui dit Ernest en le congédiant, et il revint auprès de Louis.

Le parti des deux amis fut kientôt arrêté ; ils envoyèrent quérir Victor qui ne se fit pas attendre, et tous trois partirent, pour Lachine. Inutile de dire qu'ils étaient bien armés. Toutefois Ernest n'avait pas cru devoirinformer Louis qu'ils seraient poursuivis dans leur trajet, par leurs ennemis.

Cependant, Puivert avait vu Edmond.

— C’est aujourd’hui que la partie se décide, lui avaitil dit en entrant, M. Darcy le veut ainsi.

— Tant mieux, répondit Edmond, jamais Je n'ai été

mieux disposé à faire une partie de fleuret ou à tirer du pistolet. 7

— Eh bien, vous serez satisfait,

— Quel plan devons nous suivre ?

Puivert le mit au fait de ce que Darcy et lui avaient résolu ensemble,

—Ïl faut done nous armer de pied en cap, reprit Edmond.

— Vous l'avez dit,

— Attendez moi donc un instant, je vais visiter mes armes et dans dix minutes Je suis prêt.

En même temps s'arrétait devant la maison une voiture de jaquelle Darcy sauta légèrement à terre et

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frappa à la porte, Puivert, qui l'avait reconnu, courut la lui ouvrir.

Les premières paroles de Darcy furent celles-ci : Monsieur Marceau at-il été prévenu ?

— Oui, fit celui-ci en Paraissant de nouveau dans la Chambre où se trouvaient ses deux complices, I] était prêt pour le départ,

— Partons alors, fit Darey.

Dans sa précipi‘ation, il n’avait Eas songé à ce que Puivert lui avait appris relativement à l'enlèvement d'Hortense, et il était sorti sans dire un mot aux deux Jeunes filles, Il est vrai qu’il comptait revenir le même soir.

Tous les trois montèrent dans la voiture qui partit traînée rapidement Par un vigoureux cheval. Chacun s'était armé d’un pistolet et d’une épée à l'exception, toutefois, de Puivert 1; avait préféré un lourd gourdin. On avait caché les épées sous les oreillers du véhicule de Darcy.

— ÀAimez-vous les rixes sanglantes, Marceau ?

— Comment, si je les aime ! parbleu ! Cela a tou- Jours été un de mes plaisirs favoris, Ce que j'aime surtout, c’est le combat à l'épée, J'ai déjè trouvé un passe-temps très: gréable dans des tournois avec mes amis, et sans vanterie, je puis la manier d'une inanière très-passable,

—Je ne savais pas si bien trouver, dit Darcy, chez qui commençait à bouilloner le sang de l’ancien aventurier. Je ne suis pas un Fouveau Venu dans ces jeux-là. Quand j'étais marin, —Coutrebandier, Je pourrais dire avec plus d’exactitude — c’est alors que j'ai, plus d’une fois, donné et reçu des coups de couteau, d'épée ou

même de hache dans nos luttes sur les vaisseaux. Il y à longtemps de cela, mais je ven perdrai jamais Je souvenir.

— On n’emploie guère l'épée, il me semble à un abordage.

— Généralement vous avez raison, mais il arrive quelquefois qu'elle soit quelque peu utile. Mais n'ailez pas croire que je n'ai fait la guerre que sur les navires, J'ai aussi cou:battx dans un régiment d’infanterie, où je suis arrivé méme au grade de lieutenant. C'est alors surtout que 1 me complaisais dans les grands tournois,

— Vous vous êtes battu ? Quand cela et où donc ?

— En France, en 1830, j'étais jeune alors, c'était le bon temps. On me connaissait sous le nom de Raoul de Fagusse et non pas de Darcy. J'ai toujours regretté mon séjour, bien court pourtant, en Europe. Que de fois n'ai-je pas eu à défendre ma vie dans des duels. Mais comme je viens de le dire, j'étais dans toute la fougue de ma jeunesse, le plus beau temps de la vie. Tenez, de toutes les saisons de l'année, c’est le printemps que je préfêre precisément à cause de sa ressemblance avec la jeunesse, je serais prêt à chanter avec le poète.

‘*O printemps, jeunesse de l’année | O jeunesse, printemps de la vie ! ”

— Bravo ! vous parlez-bien, fit Puivert; je ne vous ai jamais vu dans des dispositions plus gaies. — Bah, parler, ce n’est rien, Attends encore un peu et tu pourras me voir à l’œuvre, Edmond était devenu silen:;::x, Vous vous nomme: Raoul de Lagusse, demanca-t:i à Darcy.

— Oui.

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— Alors vous seriez l'assassin de Mathilde Hervart. J'ai un vague souvenir de cet assassinat qui a causé tant de bruit, lorsqu'il fut commis,

— C'est moi, en eftet. Mais il n'y a que vous et mon ami Puivert qui soyez dans le secret.

— Je comprends parfaitement alors Pourquoi vous avez voué une haine aussi mortelle à Louis Hervart, et que vous ayez tant de hâte à vous débarrasser de lui.

— Je n’eusse cependant Jamais pensé à ôter la vie à Louis s’il n'eût été instruit de ma participation dans le meurtre de sa mère. Toutefois, on ne connait la tournure des évènements que lorsqu'ils sont accomplis ; Je vous prierai donc de ne pas me trahir et de continuer à me désigner sous le nom de Darey.

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