‹ Vengeance fatale [microforme]Chapitre 3 sur 27 · A MONTRÉAL · texte numérisé non relu

A MONTRÉAL

Le surlendemain, Madame Gagnon et Mathilde partaient pour Montréal par une très belle journée ; le firmament était clair et serein et le soleil du matin se montrait dans tout son éclat.

La jeune fille, toutefois, se montrait insensible à toutes ces beautés de la nature ; elle était tout à fait indifférente à tout ce qui s'offrait à sa vue. Evidemment son esprit était ailleurs, et sa mère ne parvenait qu'avec beaucoup de difficuité à obtenir une réponse à ses questions, et encore, la plupart du temps, la réponse était-elle très courte ou parfaitement éva.sive, Oui, maman, Non, maman, étaient à peu près les seules paroles que madame Gagnon obtenait de sa fille, et souvent ces réponses n'avaient aucun rapport à la conversation qu’elles tenaient ensemble.

— Mais réponds-moi donc enfin, fit madame Gagnon, lasse du mutisme de Mathilde. Je te dis que ton père a ecrit à M. Pouliotte pour le prévenir de notre arrivée à Montréal, et tu me réponds que non. N’auras-tu constamment à l'esprit que l’idée de Pierre, et ne pourrai-je obtenir de toi une parole raisonnable ? Vraiment, ce voyage va être amusant pour moi, si je dois me contenter d'un pareil silence de ta part chaque fois que nous sortirons ensemble.

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