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LOUIS TAGLIAPIETRA - LA PURIFICATION DE MARIE AU TEMPLE

Bas-Relief de l’Église Saint-Jean et Saint-Paul, à Venise.)

Monument du Cardinal Zeno, à Saint-Marc, par Pietro. Lombardo. (Bronze.)

LA FAMILLE DES LOMBARDI

PIETRO LOMBARDO

Pietro est le chef de cette dynastie d artistes, l’honneur de Venise, qui, depuis le milieu du quinzième siècle jusqu’au commencement du dix-septième, se transmirent le génie comme un héritage légalement recueilli. Le berceau de la famille était la campagne lombarde ; son premier théâtre, la ville de Ravenne. A l’inspection minutieuse des deux autels exquis de Saint-Jacques et de Saint-Paul, qui sont à l’entrée du chœur de Saint-Marc, autels qui datent de 1462 et 1471, on peut avec certitude reconnaître et la pensée et la main de Pietro; c’est une date qui permet de fixer l’âge du premier dés Lombardi, mais leur histoire est restée incertaine quoique Temanza ait été leur historien. On sait qu’en 1482, alors que Bemardo Façade de la Scuola San Marco par M» et T° Lombardo. ^ gouverneurp0 ur Venise de la vieille

cité lombarde, on lui commanda la chapelle du Dante et le sarcophage. Il en exécuta et l'ar-

LA FAMILLE DES LOMBARD!

chitecture et la sculpture, qui portent le cachet irrécusable de son invention. Sur la place publique de la même ville, selon la mode vénitienne et selon le vœu du Sénat qui administrait la ville conquise, il éleva aussi les deux grandes colonnes, afin de dresser sur le chapiteau, a 1 instar des colonnes de la Piazzetta, la statue de saint Apollinaire, le protecteur de la cité, et le lion ailé, insigne de la domination de Saint-Marc.

La même année, il commença, pour le compte de la ville et sous la surveillance des provéditeurs élus, la construction de cette admirable petite église de Santa Maria dei Miracoli.

g a „ Rocco, attribuée à Lombardo et au Scarpagnino.

années à 1 achever- il en a™* ^ ,

Maria, qui est absolument caractéristique de la 6 "" l ** COnCOUTS - L ’ art d « '

des formes grecques et romaines ; mais ce parti vP' ™ “ L ° mbards - est une appropri; chacun sait qu’en architecture toutes les / P 6XC Ut P3S rin S éni osité dans le plai quent fatalement à l’artiste les lignes de sonmT reS '' Itent de C6S dis P°sitions, car elles nementation qu’il pourra, à son gré, exprimer ^ ? 031 pl,lS qUe dans le système

son cachet particulier. Le Lombard devait aPPy™ ** mtm6S ’ dire son caractère et mai donner sa formule à tous les points de vue’ - ni ° r ” e ‘ nentatlon de San ta Maria dei Mir: seurs allaient trouver des occasions de dm’e d une'ÎaÎ ^ ^ « SeS SU

dans la tête et dans le cœur; mais je le rénèt -, P “ grandiose ce qu’ils avqie

répété, ils sont là tout entiers, et que ce so

PIETRO LOMBARDO

architecture civile ou religieuse, qu’ils construisent un palais comme le palais Dario ou une basilique comme cet admirable monument de San Zaccaria, on les reconnaîtra à ce signe indélébile de leur école : la pureté de l’art grec alliée à la fantaisie vénitienne, et la chasteté du ciseau des Florentins jointe à la grâce et à la légèreté des artistes nés dans la lagune.

On a détruit, il y a plus de trente ans, un petit temple du Lombard qui s’élevait à San Andrea délia Certosa, dont Temanza a donné une description très-élogieuse. Une autre église construite par lui à Murano, celle de Saint-Christophe, a été jetée aussi à bas pour faire le cimetière de la ville. Les amis des arts l’ont regrettée, car, outre ses élégantes proportions, elle était pleine de charmants détails et d’une ornementation digne du maître.

Le monument du cardinal Zeno, qui se voit à l’entrée de la basilique de Saint- Marc près la chapelle du baptistère, est l’œuvre de Pietro. C’est un monument superbe dans le plus é.onnant des monuments ; ce n’est pas d’ailleurs le seul point de Venise où se rencontre ainsi dans une basilique une œuvre hors ligne due à un architecte ou à un sculpteur de génie. La ville est pleine de ces surprises-là, et celui qui se contenterait d’admirer l’ensemble d’un temple, sans descendre au détail, se priverait de bien des joies artistiques. Antonio Lombardo et Alessandro Leopardi avaient été d’abord chargés de ce travail ; une dissension s’éleva entre eux, on leur substitua Zuane Alberghetti et Zuane delle Campane. Comme le travail n’avançait pas encore, on appela définitivement Pietro Lombardo, qui eut ainsi son propre fils sous sa direction. Le travail ne fut fini qu’en 1515; Pietro fit les figures du sarcophage, la Foi, l’Espérance, la Charité, la Prudence, la Piété et la Munificence, et aussi celle du cardinal couché sur la tombe. L autel de cette même chapelle est une des plus belles œuvres de détail de Pietro; les rinceaux et les ornements de toute nature sont d’une finesse achevée ; on ne peut leur comparer, dans leur grâce et dans la science du détail, que les étonnantes portes de la cathédrale de Corne de Rodario.

Le beau monument funèbre de Pietro Mocenigo à San Giovanni e Paolo est certainement son œuvre. Quoique'le doge soit mort en 1476, il 11e construisit le tombeau que plus tard. Cette fois, le sculpteur put se donner carrière,-car l’architecture générale du monument lui a réservé une grande part, et, comme il réunit les deux arts, 011 a là un spécimen parfait de sa

La Madona dei Miracoli, par Pietro Lombardo.

LA FAMILLE DES LOMBARDE

manière; cependant un tel travail ne pouvait être mené à bonne fin qu’à l’aide de collaborateurs très-habiles, et Pietro, dans cette circonstance, eut recours à ses deux fils Tullio et Antonio.

Dans l’architecture civile, on attribue sans contestation à Pietro l’architecture du palais Vendramin, qui appartint à la duchesse de Berry; une certaine analogie de style, c’est-à-dire un parti pris d’inscrire deux fenêtres en arc plein cintre dans une grande ouverture d’un seul arc reposant sur deux pilastres, lui a fait attribuer également le palais Corner Spinelli sur le grand canal; nous les publions tous deux, et le lecteur pourra juger de la vraisemblance de la supposition.

Ce n’est guère qu’à la fin du quinzième siècle, en 1499, que Pietro Lombardo, jouissant de toute sa réputation, se trouva naturellement désigné au choix de la seigneurie comme directeur des travaux publics, à la place d’Antonio Riccio, l’auteur de l’escalier des Géants, collaborateur à la belle façade inté- ChaPiteaU ^ * SCU ° la ^ ^ R ° CC °* rieure du palais à laquelle il mène, et à la façade sur 1* w

Soupirs ’ açaûe sur le Petit canal que traverse le pont des

Le décret original est du 15 mars 1499; il a été consent t n

te conser vé, et c est véritablement à partir de

fin du quinzième siècle qu’on a des notions précises sur les artistes qui ont pu signer tel ou monument de Venise, a Antonio Rizzo, autrefois nommé député à la fabrication du palais, avec le salaire de 125 ducats d’or à l’année, se trouvant absent de Venise, et étant devenu nécessaire de procéder à la direction dudit palais, Pie- Lombardo, homme très-distingué dans son art, y sera substitué et nommé avec la même solde, qui partira du 16 du mois de mars; il pourra ainsi connuer à surveiller et diriger la construction comme il a fait ces mois passés. » Ces derniers mots veulent dire que Pietro avait fait l’intérim, c’est évitât il n y a pas à en douter en voyant les façades. Nommé en 1499, il remplit ses fonctions

, JUS< ? U en 1511 ; la belle architecture de l’intérieur

au deSamt-jean-i’Evangéiiste (Leopardi). de £ cour qui correspond au flanc de la basilique

mières années du règne de Leonardo Lorédal comm^ 1 LT ^ I5 °’’ C ’ est ' à - dire des P re ‘ gré toutes les assertions contraires des écrivains les ni V’ -° n P6Ut d ° nC ® n conclure ' mal ' et l’inspirateur et l’architecte, sinon au “ e vu 7 7^ * V "*“* ^ substitué à Antoine Rizzo, - au moins au point de vue H v ~ ™ ^ V ° y ° nS qU ' n 6St

e orneme ntation extérieure. On lui

p LOMBARDO ET SES FILS - TOMBEAU DU DOGE PIETRO MOCENIGO

( Monument de l'Eglise Saint-Jean et Saint-Paul à Venise.)

PIETRO LOMBARDO

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a attribué la fameuse tour de l’Horloge, dont la porte cintrée conduit à la Merceria , mais le Diario de Sanudo assigne à cette construction la date de 1466, et Pietro n était pas encore

au service de la Répupublique de Venise.

Comme statuaire prise indépendamment des monuments, chapelles et tombeaux,

Pietro Lombardo produisit fort peu. On lui attribue avec certitude quelques petites figures qui décorent San Stefano et qui ne révèlent pas un artiste de trèsgrande importance. Il

ilana dei Miracoli. pjj f a q a j£ j a conception Formelle à Santa Maria dei Miracoli.

d ensemble où la sculpture est si liée au monument que la ligne générale suffit au plaisir des

yeux et satisfait les plus exigeants. En février 1504, le Fondaco dei Tedeschi du Rialto fut incendié, et c est Pietro qui fut chargé de le réédifier; mais malheureusement nous ne voyons plus qu’une masse sans caractère là où un aussi beau génie avait dû élever une fabrique dune noble allure, rehaussée par les belles peintures dont le Giorgione et le Titien la décorèrent plus tard.

Colonne de San Zaccaria. Pilier sculpté de Santa Maria dei Miracoli (Lombardi).

Arc intérieur de San Zaccaria.

A partir de 1511, c’est en vain qu’on cherche la trace de Pietro; il est remplacé dans son office de protomastro du palais ducal et de la seigneurie, ce qui évidemment veut dire qu’il a cessé de vivre à cette époque. Il est le fondateur de la dynastie des Lombardi et tient brillamment sa place dans l’ensemble, mais il sera certainement surpassé par ses descendants.

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