VON CALCAR — PORTRAIT D’UN INCONNU
( Musée du Louvre. )
L’ÉCOLE VÉNITIENNE
rivaux, sur une rondache qui lui devait servir à parer les coups. Son ennemi puissant fut le Titien, que les Religieuses des Anges du monastère de Murano lui avaient préféré pour la décoration dun autel. Forcé de s’exiler de la ville où il ne se sentait plus en sûreté, le Pordenone résida à Mantoue, à Vicence, à Crémone, à Trévise, à Udine, à Milan, à Parme et à Plaisance, où il se fit un beau nom par sa facilité à exécuter de grandes compositions qu’il enlevait au bout du pinceau, et sans dessiner d’avance ni cartons, ni études préparatoires. Charles-Quint l’appela à Prague, malgré le désir qu’avaient les Vénitiens de le retenir chez eux, où il venait de se distinguer dans la décoration de la salle du sénat. Il peignit aussi à Gênes pour les Doria, à Vienne et à Saint-Étienne; Hercule II, le duc de Ferrare,
lui commanda une série célèbres sous le titre cule. La Sainte Justine dère de Vienne monsa manière; le pli est on ne craint pas de eu le charme de coloparfois aussi grand que Le Vieux Palme est malgré son surnom, il en 1540, il disparaît bien distinguer de son nommé Palma Giovine surnom de Palma Vec- Madona del Orto, à MariaFormosa, au couà Saint-Sébastien, à San à Sainte - Hélène du tins de Vicence, à Luc-
Giov. Antonio Regillo, dit le Pordenone.
(Né à Pordenone, 1483-1539.)
de tapisseries qui sont les Travaux d’Herdu musée du Belvétre toute l’ampleur de large et imposant et dire que, s’il n’a pas ris du Titien, il fait son prestigieux rival, un élève du Titien ; est mort jeune, car, né en 1588 ; c’est pour le neveu Jacopo, surqu’on lui a donné son chio. Il a peint à la San Mose , à Santa vent de San Stefano, Antonio del Castello, Mont-Olivet, aux théaques dans l’église de
San Pietro Samaldi et à Serinalta, le village où il est né. Son œuvre se compose surtout de toiles de chevalets. De toutes ses peintures, la Santa Barbara de Santa Maria Formosa est certainement la plus frappante et la plus parfaite : elle figure dans 1 église de ce nom au-dessus de l’autel de la patronne des bombardiers de l’arsenal, où elle occupe le centre, tandis que dans les petits côtés du monument figurent un saint Sébastien, un saint Antoine abbé, la Vierge et le Christ mort, un saint Jean-Baptiste et un saint Dominique. Je ne crois pas qu’on puisse échapper au charme qu’exerce, et sur le cœur et sur les yeux, cette exquise figure de la sainte Barbe; nous n’avons jamais pu passer devant Santa Maria Formosa sans nous arrêter un instant pour faire nos dévotions à cette belle patronne des bombardiers de la sérénissime République. Le pli est superbe de dessin, les mains et les chairs sont admirables de morbidesse, c’est la beauté bonne, la noble sérénité d une sainte qui est encore femme.
Palme le Jeune a tenu dans l’art une plus grande place que son aîné, il a vécu quatrevingts ans; à l’époque où Alessandro Vittoria jouissait d’une influence sans rivale dans toutes
LA PEINTURE
les questions d’art, celui-ci protégea Palma et lui fit confier les plus importantes commandes pour la décoration des monuments publics. Il luttait pour la rapidité d’exécution avec le Tintoret; on prétend qu’il était insatiable au point de vue du gain, et on lui reproche, à la fin de sa vie, d’avoir beaucoup plus envisagé le bénéfice à retirer d’une œuvre que le mente de 1 œuvre elle-même, et lancé dans la circulation des toiles indignes de son pinceau.
Le Véronèse, Paolo Caban, naît en 1528 et meurt en 1588; quarante ans d’un labeur assidu semblent trop peu pour avoir produit l’œuvre énorme qu’il a laissée. Ce n’est pas le
plus grand gémais c’est le plus abondant, plus heureux, plus in épuisa plus prime-sauginal et le plus tous les artistes che une bien sous une facilité n’a pas eu de cune de ses toipour les yeux, l’âme, il reflète le ciel léger la transparence et les chatoie gune; il est aijoyeux, il est d’abondance et sa conception cution,ilaquelvainqueur, un la diction et ture qui n’ex-
grandeur. Il y a dans son œuvre des éclats de w . clut P as 1
victoire, de grands coups de soleil et de grands panade braV ° Ure ’ ^ '
brocart et lespare de rubiset de perles-la reli P oio l ' e i| 0rtlmée ’ l! habllle les déesses d « robesM.
pas la pensée, il flatte les yeux et les charme il éM e meme S ° Urit dans son œuvre - 11 n’évoqut il n’a pas une esthétique profonde, une intention lave 7^ t0UteS l6S SplendeUrs de la vie couleurs et lutte avec la lumière Personne ' ’ 1 ne raison ne ni n’analyse; il broie de:
tourner dans l’éther, personne n’a mieuxrapélmTéloff ’ 3 1 “ ne &gm 61 h
e et fad jouer la lumière sur la trame
sainte Justine. Tableau du Potdenone au Musée du Be.védéte (Vienne,.
nie de l’école, tempérament le le caractère le le créateur le ble ; l’esprit le tier, le plus oriindépendant de vénitiens. Il cagrande science d’exécution qui rivale, et châles est une fête Vénitien dans dans son œuvre de sa patrie, desonbeauciel, ments de sa lamable, il est plein de santé, de force. Dans et dans son exéque chose de air cavalier dans une désinvol clut pas
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Pompeux et grandiose, les grandes surfaces l’excitent, rien n’est assez étendu pour lui; sa brosse court, vive, spirituelle, légère; sa main exécute aussi rapidement que son esprit
conçoit; il tire tout se soucier d’aucune d’aucune tradition; vérité historique, types consacrés, et, pittoresque, vivant teint son but, car il gieux des décoracupe que d’une les yeux et de bament ses grandes J’ai essayé déjà, le Véronèse tient restituer sa figure ments nouveaux et dû chercherl ePaolo Venise. Sûr de mon m’appuyant sur l’aspour lesquels il n’y dans les papiers des où l’on pouvait escret de cette exispas de dire que le écrit, n’a rien laissé témoignage vivant sonnalité. Le docubre et le plus inatnaisse, celui auquel revenir, c’est le procomparution de l’Inquisition, lorscusent d’avoir apimpies dans l’exépeinte pour un coudécouverte par M.
l’historien de la
de son cerveau, sans loi, d’aucune règle, il foule aux pieds la veut ignorer les pourvu qu’il ait fait et lumineux, il a atest le plus prestiteurs et ne se préocidée, celle d’éblouir lancer heureuse compositions, dans un travail où une large place, de d’après des docuincontestables, j’ai dans les archives de fait aujourd’hui, et sertion des hommes a plus de secrets Provéditeurs au sel, pérer trouver le setence , je ne crains Véronèse n’a rien qui puisse être un et réel de sa perment le plus célètendu qu’on conil faudra toujours cès - verbal de sa vant le tribunal de que les juges l’acporté des intentions cution d’une Cène vent. La pièce a été Armand Baschet, Diplomatie vèni-
La Santa Barbara de Palme le Vieux. — Église S* M a Formosa.
tienne; elle est extrêmement curieuse en ce quelle contient quelques lignes qui confirment ce qu’avaient soupçonné tous ceux qui s’occupent d’art ; c’est que le Véronèse cherchait avant tout oc ce qui fait bien », peignait sans arrière-pensée, sans intention profonde,
LA PEINTURE
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libre dans 1. «o«ip»,,o„, ,ne de U pensée «a,,»,, dn Sable,,,. „ vonl , it «jL,
et charmer, et jamais artiste n’a mieux atteint son but. F
Je crois que le Véronèse était un robuste ouvrier un +■ -n portant, pas très-délicat malgré son goût élevé C’était • 61117 aSSGZ naif ’ blGn
l, P ,.u,,d,„,s.,é P „,.eàJ,L p0 Cbn ,” i ^^ Weé ' d "7" ‘ “ h ”" e ’ î “ “
i . • n ’ gé avec deux de ses collègues de désigner
les artistes qui allaient se partager la décoration de la salle du , gU6S de déSlgner
le croise dans un carrefour, au moment où il sort de la séance „■ 1’" ’ ° ntanm
des peintres; la plupart ont sollicité et intrigué, Paolo est fièr " ° n 3 dlSCUté ^ n ° mS t i..: 1 rement resté devant ses toiles.
L’ambassadeur lui reà servir la République ment coupable de la (( Mon métier, répondhonneurs, et non de les tends mieux à peindre solliciter les commanhomme et il faut admi- II poussait très-loin la plupart du temps, grandes œuvres relipour les couvents, c’est payer le prix de son 1er le prix des couleurs pas rester au-dessous tait une assez mauvaise chaud ; il se fâcha avec fermer pendant un couvent de Saint-Sé-
,AC ° P ° PilM4 > dit P*"™ le Vieux (,480,548).
proche son peu de zèle et son désintéresse décision des juges, il, c’est de mériter les rechercher; et jem’enles décorations qu’à en des. » Ceci est d’un rer cette haute fierté, le désintéressement, et dans l’exécution des gieuses qu’il exécutait à peine s’il se faisait temps ; il devait stipuet de la toile, pour ne de ses déboursés. C’étête, fl avait le sang le Zélotti et dut s’encertain temps dans le bastien pour échap-
per aux peines qu’il avait méritées en soulevant une rixe où le cette circonstance qu’on doit les admirables et no r S C ° ulé ’ Cest à
couvent et qui sont désormais à l’Académie Do z ^ P eintures qui décoraient le
connaissance de l’anatomie, il regardait le . U ° e admirable mémoire et d’une rare