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PALAIS GRIMANI SUR LE GRAND CANAL

LE GRAND CANAL

Sansovino, certainement l’un des plus purs de style et l’un des plus nobles de tout Venise; après la Libreria, en retour sur le quai, c’est la Zecca, l’ancien hôtel des monnaies de la République, puis vient un jardin assez vaste qui dépend du palais formé par la Libreria Vecchia et les Procuraties: c’est aujourd’hui le Palais Royal. A l’extrémité du quai, à notre gauche, un petit casino, d’un style assez élégant quoiqu’il date de l’empire, sert désormais de café; là, en été, on entend la musique, tandis que la foule exposée à la brise de la lagune écoute la Banda, en se promenant ou en prenant des glaces. Enfin, en face de nous, à la droite, s’élèvent la basilique de Saint-Marc, qui nous présente sa façade latérale couronnée par ses dômes et ses clochetons, la tour de l’Horloge avec son cadran bleu, sa cloche à la fois bizarre et monumentale qui retentit sous les marteaux de deux hommes de bronze dressés sur sa terrasse, son arc de la Merceria où s’engouffre la foule. Sur un plan un peu en arrière, nous avons le Campanile, immense, puissant, élégant et solide, avec la précieuse Loggetta accroupie à ses pieds.

Nous n’avons pas à revenir sur le Palais Ducal au point de vue historique ou descriptif, ni sur la basilique de Saint-Marc, puisque notre livre tout entier n’est qu’une longue description des origines de chaque chose.

Cependant, puisque nous voulons peindre la Vie, surtout maintenant quefnous avons longuement parlé des choses de l’art, je voudrais que le voyageur eût l’occasion d’entrer à Saint-Marc un jour de fête, comme nous l’avons fait souvent, le dimanche de la Passion par exemple, à l’heure de la messe.

Chacun se place où il veut, quand il veut, choisit le saint de son culte particulier pour prier à son autel, sa relique chère ou sa dévotion privilégiée, et pendant que quelques-uns prient au grand chœur, appuyés dans des poses singulières à la balustrade de porphyre, d’autres s’en vont s’agenouiller à la petite chapelle .élevée au Christ miraculeux qui, frappé par un profanateur, versa, dit-on, du sang, et dont la statue s’élève sous un petit dôme à colonnes de porphyre blanc et noir avec un couronnement en agate. Pendant qu’on officie dans la pourpre et l’or devant la prestigieuse Pala d’Oro et qu’un prince de l’Église, entouré d’une légion de chanoines, élève le saint ciboire, courbés au pied de quelque pilier, assis sur les marches des escaliers, prosternés dans les angles obscurs, des groupes s abîment dans la prière, des vieilles femmes sibyllines semblent comme transfigurées au fond des chapelles abandonnées, et des mendiants, drapés dans des châles déguenillés, viennent baiser les pieds des satues de porphyre. Parfois, rencontre inattendue, une femme à la face hâve adresse ses vœux à un grand saint hiératique, immobile et colossal, personnage décoratif drapé dans les plis raides des dalmatiques byzantines, et dont le grand nimbe trilobé se détache sur un fond de mosaïque dor à tons

Un des Balcons du Palais.

Le Palais Contarini-Fasari.

Chemin de Fer. La Giudecca.

VOL VOISEcAV.

Entrée du grand Canal.

Ile Saint-Georges Majeure.

LEs îles et les horizons de terre ferme.

LA VILLE ET La'viE.

fauves. On entre, on sort, on prie, on chante; des étrangers profanes visitent Saint-Marc le guide a la main; des sacristains, singulièrement vêtus, promènent sur les dalles leurs boîtes

Pilier d’angle du Palais Ducal sur la Piazzetta.

Vue de la Lojgelta au Pied du Campanile.

percées d’un trou pour les âmes du purgatoire • rien d» » 1

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