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PALAIS FOSCARI ET JUST1NIANI SUR LE GRAND CANAL

LE.GRAND CANAL

Calergi, la Ca Doro que, si souvent déjà, nous avons cité; Pesaro, pompeux et lourd, tout chargé de sculptures, portant la marque du Longhena, l’artiste qui a bâti la Salute, Corner Regina qui s’élève là même où vécut la reine Cornaro; Sagredo, Michiel Delle Colonne, les fabriche Nuove du Rialto du Sansovino, les vieux portiques du Rialto, le marche à la verdure, si pittoresque avec ses grandes barques longues et plates, chargées d 'angune, de cocomeri, de courges, de citrouilles de toute forme, de toute espèce, de montagnes de choux, de verdure venant de la terre ferme ou des îles pour approvisionner cette place si vivante, et où nous conseillerons aux peintres de s’arrêter après avoir visité le Rialto.

Avant de passer sous l’arche noble et puissante qui enjambe le Grand Canal et qui porte sur son large tablier les boutiques des drapiers et des orfèvres (Voir le chapitre Le Rialto, page 93que le voyageur jette les yeux à droite et à gauche, et qu’il s’arrête un instant au détail des frises charmantes de ce palais des Camerlenghi que la République avait fait élever pour loger ses trésoriers et dont elle avait demandé le dessin au Bergamasco. A sa gauche, ce grand bâtiment aujourd’hui dénaturé, mais dont la masse reste belle encore, c’est ce fondaco dei Tedeschi (Voir Le Commerce, page 40), autrefois la résidence des marchands allemands, décoré aux frais de la République par le Giorgione et le grand Titien. Quand nous voyons encore sur ces murs les taches rougeâtres et les silhouettes effacées des compositions qu’y avaient tracées les peintres illustres, notre imagination peut suppléer aux ravages du temps. Quel aspect étonnant et quel ensemble féerique devait présenter ce Grand Canal vers 1570, à l’époque de l’apogée de la République, alors que le Doge Paschal Cicogna allait faire construire le Rialto par Da Ponte, et unir ces deux rives! Et si on se retrace une entrée solennelle, celle de quelque prince ou de quelque ambassadeur, avec le luxe éclatant des Bissone ou gondoles d’apparat, et le peuple de petites embarcations qui suivaient le cortège, les milliers de têtes aux balcons ornés de tapis d’Orient, les banderoles, les cris, les reflets des vives couleurs, le bruit des cloches, la ville en fête, le ciel bleu sur tout cela, et les grands coups de soleil venant illuminer la fête et mettre dans l’eau verte ses mille reflets et ses mille scintillements; quel triomphe et quelle orgie de couleurs, et quelle débauche de caractère !

Passons sous le Rialto, mais arrêtons-nous un instant à main gauche à regarder le mouvement du quai immédiat au Rialto, c’est la Poissonnerie : très-curieuse, très-vivante, sentant évidemment son fruit, mais si empreinte d’un particulier cachet avec son aspect brun noirâtre, ses barques sombres, ses grands paniers semblables à nos cages, à poule, qui gardent le poisson frais; et tout ce peuple de pêcheurs en drap brun, les fameux pêcheurs de l’Adriatique de Léopold Robert, pris dans la vie ordinaire, sans lyrisme et sans convention; et les commères aux cheveux gris touffus, enveloppées dans les châles bruns, les pieds dans ces petits sabots vénitiens, retenus par une bride de cuir, dont la semelle de bois frappe la dalle; tout ce petit monde curieux dont nos dessinateurs ont cherché à rendre les types dans ce chapitre La Vie.

Après le Rialto, nous trouvons encore les palais aux nobles silhouettes: le Lorédan, Farsetti, Grimani parle Sammicheli, Corner Spinelli, Tiepolo, Doria, Bernardo, Barbarigo,

Pisani l’un des plus grands noms de Venise, et Mocenigo, deux fois illustres par les

LA VILLE ET LA VIE

patriciens de ce nom et par lord Byron, enfin Balbi et Moro Lin. Ici, regardons en arrière cest un point important du canal, car c’est le tournant, c'est le coude, et les deux palal qui occupent 1 angle, soudés l'un à l'antre, Justiniani et W, ont cette situation spéciale

que la République donnait l’hospitalité aux souverains et ,„v , • P

n a r i r , souverains et aux princes, les îours de fête sur le

Grand Canal, afin que le coup d’œil fût plus complet C’est de P,

jours solennels de l’histoire de la Venise mode™ „ , *“' n ° US - même > dan * ^

possession de la ville, quand les cendres de Daniel M 6 TOI VlCtor ' Emmanuel P nt

abordant sur un Bucentaure, aux ^

spectacle, nous rendant bien compte, en jouissant d^’ TT T " T palais aux jours de réception solennelle dans la chronique vé " r ° e ,, qUe •’° Uaient C6S deUX Rezzonico, Grassi, Contarini Sgrigni CavÏ 1 ? ^ ^

Grande, l'Académie des Beaux-Art U n V T 7 T ^ ^

rives : c’est dans l’ancien couvent à notre droi e ST' ^ ^ ^

des beaux-arts, que nous irons étudier l’histoire de '^pe 011 , UI convertl en musé e et en école une œuvre exquise, de proportion aimaMe T "T " ^ ' ^“core, voici

(Voir page 84), le petit palais Contarini, éé jà repZuZTT'^ ^ * *** encore, le palais Imo, le palais Giustiniani • ? au ■ P ’ q ” e n ° US re P rodulsons

deceuxqJsontàl’eiitréelcraÏÏÏZ:" T 7 ^ k plapa «

églises de Venise (Voir page 57 ) et la don / '" aJeStUeUSe Salute ’fune des plus célèbres palais, d Hen C6tte ^ de

Le débouché sur la lagune, au so2 du TT 7 ^ ^

connaît peut-être le mieux Venise sans 1 ’ ■ ■ ana > tst e P 0Int de vue sous lequel on

présentant dans son aspect le plus séduLnt T T'vTT' ^ *** ** * ViIle 86

nous arrêter aux marches qui accèdent entre le 7 d ' V^ ^ ° Ù la S ondol e va

saint Théodore et le lion de saint Marc re / " eUSeS ° de granit P ° rtant Ie

devant nos yeux, portant une église avec soTélé" 3 d6Vant n ° US ’ L ’ !le qui fl ° tte

posée à souhait pour le plaisir des yeux c’est l’-TT Campamle ’ r!le rou S e si pittoresque, donné une vue d’ensemble et dont nous'donn ’ 6 • 7 Ma SS iore > dont nous avons

lointain, la ligne d’arbres verts, qui ZTZ"TT ^ da " s

l’extrémité de Venise, soudée au centre par cettTTll V C ^ ^ des J ardins >

s’appelle la Riva dei Schiavoni, dont le nom 6 7 1S " e b ' anChe et Ce quai ma gnifique qui debout dans la gondole, nous regardons à notreTroL” " S ° UV6nt daDS n ° tre V ° lume ' Si> ’ entre la Douane et la Giudecca, qui sépare de 1, m ’ ^ V ° y0nS dab ° rd ““ large canal les fabriques et les industries diverses- une cou , 7 6 ^ qUartler désert où se sont réfugiées ligne basse des habitations: c’est le Rédemfit P<? 6 SnSe ’ P ° rtée SUr deS mUrs roses ’ cou P e la appelle W, V-W a a« — - * - «« -

La Riva, vous en vojiez l’aspect dans Ipç rKfFz

reviendrons tout à l’heure; mettons le pied sur la ”° US e " donnons . et n °us y

debout sur le quai de granit, au pied des deux coin 7 ™ * regardons la Venise officielle, à notre droite le Barattieri: nous avons

gauche la L.brena Vecchia, merveilleux édifice du

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