Scène de Carnaval. - Croquis du Guardi
des nouvelles de tous nos amis : un tel est
, . en terre ferme, un tel est à
s est marié, etc., etc.; le cancan, la nouvelle, la carte
Flstrie et de la Dalmadomine de là deux mille rues, stradine étroites, se perdrait cent fois s’il nise en étudiant ses père.
panile, et, avant d’aller les Procuraties, flânons joailliers, les marchands doles en miniature, les les marchands de cris- Venise, les photogravelle du pays, si dévegardons les types, degalantes qui viennent odorante à la boutonmer leur salaire et qu’on son départ, jusqu’au cétous les peintres condustries sont multiples.
Saint-Marc sont célèen plein vent, trois surétrangers : Florian d’atout honneur,—Quadri une réputation d’autrerora où se réurientaux. Flodu monde end’écrire ici un prend une si j’écrivais un 011pittoresque, je crer à Florian entier. C’est là ou même un adresser ses lettour d’une lonnous trouvons étranger, celui-ci
de visite du passant, la commission et la
communication qu’on attend : on y trouve tout, dans ces petites salles singulièrement disposées où la table est presque un meuble accessoire. De Florian et de ses descendants, on pense bien qu’il n’est plus question aujourd’hui, car il florissait au temps de l’Empire. Une anecdote court les rues, qu’il est bon de recueillir, car elle fait honneur à deux hommes, un grand artiste et un cafetier. Canova était, dit-on, un habitué de Florian, et le maître du logis lui avait rendu maints services; le pauvre cafetier avait la goutte; le grand sculpteur modela sa jambe en plâtre, afin qu’on lui confectionnât une chaussure qui ne le fît point souffrir.
Florian, aux premiers jours de l’été ou par une chaude nuit d’automne, présente un étonnant spectacle pour l’étranger : pendant qu’on arpente la place du côté du Listone, vers Cuadn, a l’heure de la musique, les tables se remplissent et débordent jusqu’au quart de la place ; c est le salon de Venise avec le ciel étoilé pour plafond.
Le jour, Florian est presque désert, mais, à certaines heures, on y arrive avec la certitude d’y rencontrer ceux qu’on aime à voir, et ces cafés de Venise sont si bien pourvus de gazettes de tous les pays que le club ne manque point. D’ailleurs l’étranger peut vivre dans la place, elle présente tout le jour un spectacle animé: ces grands vols de pigeons qui, tout d’un coup, au son des marteaux de l’Horloge, au coup de deux heures, accourent par nuées, sont une des distractions les plus aimables du voyageur. Qui n’a, pendant un séjour à Venise, offert la graine à ces jolies bêtes bleuâtres et d’un gris violacé, si habituées aux passants qu’elles viennent voleter jusque dans sa main pour y picoter à leur aise? Qui n’a vu aussi quelque jolie fille anglaise, les cheveux auvent, entourée d’oiseaux comme une figure symbolique, offrant au peintre le plus charmant sujet de tableaux? On a beaucoup écrit sur l’origine des pigeons, on lui donne une source historique; on parle des Génois de Candie, des services que ces oiseaux rendirent à la République, mais tout cela est nébuleux. Quoi qu’il en soit, ils sont trèsnombreux, il y en a dans toute la ville, mais surtout à la place et sur la rive ; ils nichent sur les corniches, sur les clochetons, dans l’atrium de Saint-Marc, sous les arcades des Procuraties, et vivent de la munificence publique. Ils ont eu une rente toutefois : une certaine comtesse Polcastro, qui habitait un appartement à l’angle de la Fabbrica nuova et des Procuraties, leur distribua la nourriture pendant toute une période de sa vie, au coup de deux heures. Après sa mort, si je ne me trompe, elle a laissé une somme pour 1 employer au même usage.
Au moment du carnaval, c’est encore là et sur la Piazzetta que se font les défilés, exhibitions et manifestations spéciales à cette saison folle. Et cela se passe aujourd’hui comme hier, comme il y a deux cents ans et cinq siècles, ainsi que le prouve la jolie composition de Vanutelli que nous tirons de la galerie de la princesse Mathilde. C’est sous les arcades du Palais- Ducal que le peintre a placé sa scène, qui est une restitution; c’est encore là qu’aujourd’hui toute une bande de masques vient faire ses lazzi, car ce carnaval de Venise, célèbre dans le monde entier comme le carnaval romain, et qui a servi de thème à tous les poètes et à tous les musiciens, sur lequel Gozzi, Paganini et Théophile Gautier ont brodé leurs Pizzicato,
LA VILLE ET LA VIE
n’est pas aussi mort qu’on veut bien le croire; la tradition subsiste, si le génie du peuple a changé. La semaine du carnaval, quoique plus paisible qu’autrefois, attire encore les étrangers ; c’est la saison des intrigues et des fêtes, où toute une population semble grisée par l’air qu’elle respire. Il y a deux; parties bien distinctes dans le carnaval de Venise : le carnaval de la rue et celui du salon. Au beau temps, on venait en masque à la place Saint-Marc et à la Fenice, d’une loge à l’autre on se livrait à de gaies mystifications qui rappelaient les beaux jours de la Venise du dix-huitième siècle ; c’était le temps des soupers fins, des barcarolles, des sérénades et des fêtes vénitiennes , le mot résume tout.
Aujourd’hui l’aristocratie est discrète et réservée : quelques mascarades de bon ton, quelques bals masqués dans un cadre digne des costumes, quelques soupers galants et quelques sérénades, et la fête est finie. Gu'ardi, le peintre à la touche spirituelle, le coloriste piquant, nous montre les bals dans le Palais- Ducal , les Ridotti, les promenades à la Piazza avec le loup, le petit tricorne à lampion, et ce manteau vénitien, qui est devenu la livrée des plaisirs de carnaval de l’Europe entière. De tout cela rien n’existe plus, et ce qui est resté peut à peine se décrire et échappe à l’étranger qui passe : il faut être Vénitien d’origine pour entrer dans ces plaisirs-là, pour y être admis et en goûter le charme.
Mais la rue est plus vivante; les corporations s’entendent, elles s’organisent,
Se Cotisent pour donner un spectacle à Une Intrigue à Venise sous la Renaissance. — Tableau d e
la ville; chaque année c’est une idée
nouvelle et une nouvelle mise en œuvre : un char allégorique, un Bucentaure, une scène animée,.bariolée, dont les types célèbres sont les héros, Vesta, Zendci, Tato, l’illustre Pantalone 'haranguant la foule du haut de son trône dressé sur la Piazzetta en avant des deux grandes colonnes de granit. Pantalone arrive à la tête de son cortège, qui s’est rallié dans la cour du couvefit abandonné du Saint-Sépulcre ; il longe tout le quai des Esclavons précédé par ses gardes turcs; on a jeté des ponts à niveau sur les canaux qui coupent le quai et rien n arrête la mascarade dans sa route. Les peintres de l’Arsenal et les peintres en bâtiments, tous costumés, constitués en corporation, chantent des chœurs; d’autres corps d’état forment des orchestres à fanfares de cuivre, car à Venise il n’y a pas de fêtes sans musique.
DE SCIDIO^C 1