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ARCADES DU

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SEIZIÈM!

qa VENISE

Ë SI ÈGLE.

,ne ^anutelli. — Tiré de la Galerie de S. A. la Princesse Mathilde.

S V QAZXVTELLI.

Le cortège est nombreux, et toute la ville le suit; les oriflammes sont portés en tête par les Turcs de comédie, et tout un groupe est préposé à leur garde; derrière viennent les Chioggiotti, marchands de poissons de Chioggia, qui tiennent sur le bras délégants paniers remplis de poissons en sucre qu’ils jettent aux balcons sur tout leur parcours; et la rue présente nombre de ces scènes grotesques que le crayon de Guardi a consacrées.

Après les Chioggiotti, qui ont leur fanfare à eux, ordinairement composée de musiciens en

costume du moyen âge, viennent les Épigrammes de l’année : ce sont des masques monstres, de gigantesques personnages qui rappellent ceux des carnavals des villes du Nord de la France ; ils peuvent être nombreux et doivent toujours représenter une satire ou épigramme, une allusion à quelque personnage célèbre de l’année, à quelque fait actuel, symbolisé dans leur personne.

Souvent, c’est un homme politique qui fait les frais de l’allusion, et bien des fois on a dû intervenir pour ne pas laisser caricaturer quelque ministre étranger ou quelque souverain.

Après les grands masques viennent des groupes de toute nature, qui suivent selon la fantaisie populaire; mais il y a presque toujours une idée d’ensemble dans le cortège, les actualités forment des épisodes détachés qui s’encadrent, personne ne s’y trompe et tous les acclament. Arrivé à la Place, Pantalone, roi de la fête, monte sur son trône et harangue la foule en dialecte vénitien, et, comme il a la langue bien pendue, le populaire le salue de ses acclamations. Il descend, reprend la tête de son cortège et se dirige vers la place Saint-Marc, au milieu de laquelle, à la hauteur du café Florian et de Quadri, on a dressé une salle de bal circulaire. Les orchestres prennent place et les types les plus célèbres conduisent les danses; la place est comble; la foule est vivante, joyeuse, très-colorée;

un grand nombre portent le costume et prennent une part active aux divertissements.

IM-ais DycAI C’est l’ouverture de la fête populaire, l’inauguration du carnaval, et, comme ce peuple

__ s’entend bien à l’organisation des divertissements, chaque jour amène sa joie et sa surprise.

Le soir, cette place de Saint-Marc que nous décrivons est féerique; elle est pourvue d’un mode d’éclairage dont on n’use que dans ces circonstances, et qui projette une très-vive

LA VILLE ET LA VIE

lumière : si le temps est beau, comme la place est dallée, c’est un véritable salon où l’on peut se promener en soulier de bal; les cafés sont combles alors, les tables débordent jusque sur le milieu de la place, et l’on vient s’intriguer en plein air comme dans un gigantesque bal.

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