‹ Venise et ses environsChapitre 27 sur 37 · POSTES · texte numérisé non relu

POSTES

Vesise à Fiisine. . .

Polesella . .'

Dolo. . . .

Febrake.. .

Padoi'e. . .

Malalbergo.

Monselice .

Argine. . .

Rovijjo . ,

BOLOGSK. , .

Fusine. — Le prix d'une gondole pour cinq milles, de Venise à Fusine, est de 3 livres autrichiennes (2 fr. 60 cent.).

«63 PADOCE.

taillés, et leurs allées symétriques, sont de véritables jardins de curés. ïl est vrai que plusieurs beaux palais ont déjà disparu, et que cette destruction, qui gagne maintenant Venise, a depuis longtemps commencé sur les bords de la Brenla. Tels qu'ils sont aujourd'hui, je les trouve tout bonnement inférieurs aux bords de la Seine près de Suresne, ou sur la roule de Saint-Germain.

Le palais Foscari, près du petit et insalubre village de la Malcontcnta, a jusqu'ici échappé aux ravages du temps et des démohsseurs; il est un des plus élégants chefs-d'œuvre de Palladio.

Padoue m'a semblé une longue et grande ville d'assez triste apparence, quoique j'y fusse arrivé la première fois au mois de juin, au moment de laicelébration annuelle d'une espèce de jeux olympiques en l'honneur de saint Antoine, et que" j'eusse même rencontré le bige de sapin bronzé du maquignon vainqueur qui parcourait les rues aux acclamations de tous les polissons dont il était escorté. Cette ville cependant profite chaque jour des pertes de Venise; la population monte à quarante-quatre mille habitants; mais (sauf le brillant café Pcdrocchi (1)) c'est une prospérité matérielle et sans éclat (2).

[1) y. ci-après.

(2) L'air de Padoue est si pur, qu'on y envoie des malades des diverses parties de Tllalie. Colle sahibrilé, ainsi qnerai)on(lance cl le peu dcclierlédela vie, coiilriiiuen I au délaissement de Venise.

Médecins. — MM. Zceehinelli i Jacouiiiii. — Le prix, des visites est de 3 fr., les consullalions île lo à 20 fr.

Comestibles. — Côtelettes de mouton de Mousclieo, parfumées par les herbes de la inontan[nc que paissent les troupeaux^ langues de boeuf salée» [lingue salmislrate) ; bonne pâtisserie

Université. — Vericbrc de Galilée. — Bibliothèque. — Bibliothèque (lu chapitie. — Jardin bolaniqiic. — Académie des sciences, lellrcs el ails. — Feunucs de l'Académie.

L'organisation do l'universilé de Padoue est la môme que celle de l'université de Pavie, sauf la faculté de théologie qui n'existe point dans cette dernière, et dont les chaires sont : la théologie à l'usage des curés [pastorale]; l'histoire ecclésiastique; la théologie morale; l'archéologie biblique ; l'introduction aux livres de l'Ancien Testament , de langue et exégèse hébraïque et de langues orientales; l'herméneutique biblique ; l'introduction aux livres du Nouveau Testament; la langue grecque , l'exégèse du Nouveau Testament, la théologie dogmatique. Cette antique université, qui remonte au commencement du xiii" siècle, qui a compté jusqu'à six mille écoliers aux xvi'^ et xvii" siècles, n'en avait en 1852 que quatorze cent trente-sept; mais elle se recom mande encore par d'habiles maîtres. Tels sont MM. Racchetti, professeur de droit; Sanlini, d'astronomie; et son très-habile suppléant M. Conti; Catullo, professeur d'histoire naturelle. Sous le

sucrée (focaccia). — Auberges. — L'' Etoile d'or, l'Aigle d'or, la Croix d'or. — Uncdiliffcncc part chaque malin pour Venise, et arrive en moins de cinq heures. Le prix est de G livres aulricbicnnes («î fr. 2S cent.)

Libraire. — Zamheccari.

Chevaux. — Les amateurs doivent se trouver à la célèbre foire annuelle de la Saint-Antoine de Padoue, au mois dcjuin. C'est là que se vendent les chevaux de la forte race de la polcsincde Rovigro, qui s'cxiiortcnl jusqu'à Rome, et s'atlèlcnt aux lourds et pompeux carrosses des cardinaux.

péristyle de marbre , ouvrage élégant , mais qui n'est point de Palladio, quoiqu'il ait été mis dans ses OEuvres inédites, et que l'on doit plutôt attribuer à Sansovino , péristyle maintenant horriblement dégradé, est une multitude d'armoiries d'élèves et de professeurs; cette université semble, à l'extérieur, la plus aristocratique qu'il y ait au monde. Sous le vestibule est une bonne statue en marbre de la célèbre Hélène-Lucrèce Cornaro- Piscopia, morte en 1684, à trente-huit ans; femme illustre qui savait l'espagnol, le français, le latin, le grec, l'hébreu, l'arabe, chantait ses vers en s' accompagnant, dissertait sur la théologie, l'astronomie, les mathématiques, et fut reçue docleur en philosophie à l'université. Hélène Piscopia était fort jolie; elle porte l'habit de l'ordre de saint Benoit, dont elle voulut constamment suivre fa règle austère quoique ses parents l'eussent relevée, à son insu, du vœu de virginité qu'elle avait fait témérairement à onze ans et qu'elle eût été recherchée en mariage par les plus grands seigneurs.

Au cabinet de physique une vertèbre de Gahlée est renfermée dans un petit piédestal de bois verni fort peu imposant, exécuté aux frais de M. l'abbé Meneghelli , sous le rectorat duquel eut lieu cette installation (1); dans le procès-verbal qu'en a publié le digne recteur, il se flatte ingénument de n'avoir pu trouver un meilleur modèle pour son piédestal, surmonté du buste de l'immortel savant,

(1) Les recteurs de l'aniversité, choisis parmi les professeurs, ne sont nommes que poljr une année. Cet usage remonte à la république, et n'a jamais été interrompu.

que celui sur lequel le divin Canova a mis la lyre de Terpsichore. La vertèbre de Galilée est la cinquième lombaire; elle fut dérobée par le médecin florentin Cocchi, chargé en 1737 de la translation des os de Galilée à l'église Sainte-Croix de Florence; après être devenue par héritage la propriété du fils de Cocchi , elle appartint au patricien Angelo Quirini,au mathématicien Yivorio deVicence, et enfin au docteur Thiene, son médecin, qui en fit don à l'université de Padoue. Le doigt de Galilée, arraché par une fraude pareille, est exposé à la Laurentienne : singulière destinée du corps de ce grand homme ; l'envie l'emprisonne de son vivant , et l'admiration le met en pièces après sa mort. Les Italiens exercent par enthousiasme une sorte de brigandage envers les illustres débris, et l'on voit encore à Arqua, près de Padoue, lieu de la sépulture de Pétrarque , la fente faite à son tombeau par le Florentin qui parvint à lui arracher un bras. La vertèbre de Galilée n'est point toutefois placée sans convenance à l'université de Padoue. Pendant dix-huit ans il y avait rempli la chaire de philosophie : afin de l'y retenir, le sénat de Venise avait triplé son traitement; ce fut en présence du doge et des principaux de l'Etat qu'il fit, en 1609, les premières expériences du télescope et du pendule. Combien , remarque avec raison M. Daru, ne dut-il point regretter une terre hospitalière , où l'inquisition n'aurait pas exigé le désaveu des vérités nouvelles dont il s'était déclaré le défenseur (1).

(1) Hist. de Venise , liv. XI, (5. M. Daru, qui s'était livre Ii

166 PADOCE.

Le théâtre d'anatomie fut construit en 1594, lorsque Fabricius d'Acqiiapendente occupait cette chaire. L'idée en parait appartenir au ccicbre fra Paolo. qui était encore arciiitecle et analomiste, et auquel on doit même l'importante découverte des valvules des veines. Sous le vestibule est le buste de Morgagni, qui lui fut consacré, de son vivant, par la nation allemande. Une collection de fœlus extraordinaires a été préparée et classée par ce grand anatomiste.

Le cabinet d'histoire naturelle est une belle et utile création due à l'administration française.

Parmi les présents faits à ce cabinet par le savant Acerbi, ancien consul d'Autriche en Egypte, on distingue une belle momie , démaillotée , avec inscription hiéroglyphique, provenant de la nécropole de Thèbes, et à laquelle on attribue quatre' mille ans d'antiquité; le crâne présente un prolongement remarquable au delà du trou occipital, et la cavité est beaucoup plus profonde que dans les crânes observés jusqu'ici. Je dois à mon ingénieux ami , le docteur Edwards , de l'Institut , connu par son important travail touchant les caractères physiologiques des races humaines dans leurs

dernière année de sa vie à de laborieuses recherclies sur Galilée et sa condamnation, rapporte, dans une des notes de son poëine de Vy4stro7iomie (la 14"= du iv« chant), que les jésuites, [grands défenseurs de la doctrine d'Arislole et des péripatéticicns , s'étaient trouvés en opposition avec Galilée, à ruuivcrsité de Padouc, au sujet des taches dans le soleil ; k de sorte, a joule-t-il, « qu'à la honte de la faible humanité il ne serait pas impossible « que Tesprit de secte philosojihique eût contribué autant que « l'intolérance religieuse aux persécutions que le philosophe « éprouva de leur part. » (f . liv. X.)

rapports avec l'histoire, la conjecture suivante : « Ce grand prolongement de la partie postérieure de la têle ne se rencontre ni dans nos races de l'Europe et de TAsie orientale, ni dans les races américaines en général, ni même dans la race nègre, chez qui cette partie est toutefois plus développée : il en est une pourtant qui le présente à un haut degré; c'est la race caraïbe. Cette forme est celle qui s'éloigne le plus du type commun, à l'exception de quelques têtes trouvées dans les tombeaux sur les Cordillières. Elle peut donc être regardée comme la forme la plus inférieure. Il serait fort intéressant de découvrir de pareils crânes dans les tombeaux de l'Egypte; il en résulterait que cette forme indique une époque où la civilisation ne faisait que de naitre. »

Dans la pièce de la section médicale sont trois bonnes peintures, les Maries au Sépulcre, de Darius Yarotari ; une fresque bien conservée ; la Vierge et l'Enfant Jésus ; ces deux dernières d'auteurs incertains du x\V siècle.

L'observatoire, fourni de bons instruments, et illustré par les découvertes de Galilée , a été élevé au-dessus d'une haute tour qui, au temps du brave et cruel tyran Eccelin, était une prison redoutable. Un distique latin , au-dessus de la porte, exprime heureusement ce fait, et sa nouvelle et scientifique destination (1).

La bibliothèque de l'université a soixante et dix mille volumes ; les manuscrits ont été envoyés à

(1) MCCXLin.

Çttce quondaminfernas turrts ducebat adumbras , Nmic Fenetum auspiciis pandit ad astra viain.

Saint-Marc, sa destination étant purement universitaire. Le local, très-vasle, était l'ancienne salle des Géants et des Empereurs; les murs sont couverts de grands portraits de Romains depuis Romulus jusqu'à César, qui se trouve précéder immédiatement Charlcmagne. Quelques-unes de ces figures médiocres sont exécutées, dit-on, sur le dessin du Titien, partie de l'art qui n'est pas son fort. Au-dessous de ces figures, singulièrement bien conservées , sont les principales actions des personnages, belles peintures de Dominique Campagnola, élève du Titien, qui eut, avec le Tintoret, Paris Bordone et autres de ses habiles élèves , l'honneur de le rendre jaloux, de son assidu compagnon Gualtieri , d'Etienne dall' Arzere , bon peintre à fresque, de Padoue , au xvi^ siècle, et peut-être même du Titien, auquel on attribue leportrait du cardinal Zabarella, placé parmi les illustres Padouans. Un portrait de Pétrarque en pied et à fresque, de la même époque, est mieux à sa place dans une bibliothèque, puisque ce grand poëte fut assurément un des premiers, un des plus intrépides lecteursconnus, et qu'ilmourut, dans sa bibliothèque, assis , la tête courbée sur un livre.

Une petite miniature de la Vierge , pleine de grâce et d'élégance, se conserve à celte bibliothèque : elle est l'ouvrage du P. abbé de Lalran Félix Ramelli, et très-vantée par le commentateur de Vasari , le P. Délia Yalle.

Un exemplaire sans frontispice ni préface du. rare Quadragesimak du célèbre P. Paolo , imprimé à Milan en 1479, a fourni au sous-bibliothécaire , M. Federici , des variantes échappées

JAIiDlN BOTANIQUE. 469

jusqu'ici aux norabreux commentateurs du Dante. On voit par ce carême du P. Paolo que la Divina Commedia était citée en chaire et que les vers en étaient quelquefois dévotement parodiés pour entrer dans le sens de la prédication.

La bibliothèque du chapitre n'est que d'environ quatre mille volumes , mais elle contient de vieux et beaux manuscrits , et des éditions rares du xv^ siècle. Le plus ancien manuscrit est un Sacramentarium du xi'= siècle, d'une belle conservation, et le plus ancien livre imprimé, le Raiionale, de Guillaume Durand (Mayence, 1459). Les manuscrits de la bibliothèque de Pétrarque , qui fut chanoine du chapitre, ont commencé cette bibliothèque; elle s'est aussi accrue des livres de Sperone Speroni.Dans une pièce voisine, six tableaux, dont deux représentent une Madone, la Trinité, et quatre quelques traits de la Vie de saint Sébastien, sont un monument remarquable de l'ancienne peinture; ils furent exécutés en 1367 par le Vénitien Nicaletto Semitecolo ; les proportions des figures sont élégantes, le nu est bien senti; le style diffère de celui du Giotto, et si le dessin est inférieur à celui de ce maître, le coloris l'égale.

Le jardin botanique de Padoue, fondé par le sénat de Venise en 1545 , est probablement le plus ancien qu'il y ait en Europe (1). Son emplacement

(l) Le docteur Smith s'est nu-pris en le faisant remonter à Tannée 1 533 [Doctor Smith's Introd., Discourse to the transac. of the Linn. soc. p. 0) ; il aura probablement confondu sa fondation avec celle de la chaire de holanique à l'université, qui est précisément de cette même année 1.H33. V. aussi le volume de Florence à Gènes, sur l'époque de la fondation du jardin botanique de Pise.

n'a pas changé ; un vieux platane oriental , au tronc noueux, aux courts rameaux, mais encore verdoyants, date de sa création. Je ne pouvais le contempler sans une sorte de respect; je trouvais quelque chose de docte à ce contemporain de tant de professeurs illustres, dont les statues de pierre sont à quelques pas, qu'il avait reçus sous son ombre, et il me semblait comme une espèce de doyen parmi les arbres savants des jardins botaniques. Le jardin de Padoue, sans avoir le luxe de nos serres à la mode, suffit aux besoins de l'enseignement; il comptait, m'a-t-on dit, en 1827, cinq à six mille espèces, nombre qui s'accroit chaque année. La chaleur d'Italie s'y fait déjà remarquer d'une manière sensible : les magnolias n'ont pas besoin d'abris ni de paillassons pendant l'hiver; ils y viennent aussi bien que ceux que j'ai vus depuis en pleine terre dans le jardin anglais de Caserte , et plusieurs étaient hauts comme de grands tilleuls.

Le goût des sciences, des lettres et des arts, fut toujours très-vif à Padoue. Son ancienne et célèbre académie des Ricovrali recevait des femmes , usage que l'Académie française fut plusieurs fois tentée d'imiter : sous Louis XIV, Charpentier appuyait l'admission de mesdames Scudéry, Deshoulières et Dacier; dans le dernier siècle, les candidats de d'Alembert furent, dit-on, mesdames Necker, d'Epinay et de Genlis; de nos jours, la même proposition n'aurait rien d'étrange, et les talents poétiques de quelques femmes en feraient de fort dignes et fort agréables académiciennes.

J'eus rhonaeur d'assister, eu iS2tJ, à la séance

CATHÊDttALE. 171

annuelle de T Académie de Padoue. On remarquait près de ses membres des femmes aimables, dont quelques-unes auraient pu jadis être de l'académie des Ricovrali , et des jeunes gens. Il y eut un rapport très-bien fait, peut-être un peu long, de M. le secrétaire, sur les ouvrages des académiciens qui paraissent travailler (i) ; enfin, sauf les concours , les prix de vertu et les ouvrages utiles aux mœurs, c'était presque l'Institut.

Cathédrale. — Charles Guy PaJin. — Sperone Spcroni. — Maiiuscrils. — Baplislère. — D'Haiicarville. — Sanlo. — Cliiens. — Candélabre. — Cesarolti. — Trésor. — 3Iessone. — Cloître. — Sciiola. — Slalue de GaUamelala. — Condottieri,

Les diverses églises de Padoue sont ses premiers et ses plus intéressants monuments. Le dôme ,

(l) L'Académie des sciences, IcKres et arts de Padoue, formée, en 1779, de la rénniou de l'académie Ac% Ricovrati ci d^une académie d'afjriciilliirc, pithlic des Mémoires ou Actes dont le recueil, de 1780 à 18'2iî, forme sept vol. in-4o, et contient plusieurs excellents Mémoires : tels sont les Jlémoires médico-chirur{»icaux de Léopold Caldani, de MM. Louis Brera, F.inzafyo , Gallini et Montesauto ; les Mémoires de ciiimie de Marc Carburi ; nn Mémoire sur la métaphysique des équations de Pierre Cossali , sur les vibrations du tambour ])ar Jourdain Riccati ; les Mémoires de Simon Siralico sur le cours des fleuves, sur la diffraction de la lumière; le Mémoire d^Asscmani sur les monnaies arabes; de Cesarolti, sur les devoirs académiques; d'IIippolylePindemonlc, sur les jardinsann^lais, et de M. .lérôme Pûlcaslro, sur la poésie improvisée. Les volumes des Mémoires de rAcadémie des sciences, lettres et arts, ont paru jusqu'ici à des époques indéterminées ; elle devait, à partir de 1830, publier un volume tous les deux ans.

iTi PADOCE.

achevé dans le siècle dernier, est d'une architecture médiocre. Le premier plan en avait été envoyé par Michel-Ange ; mais pendant les deux siècles qu'on mit à le terminer, il dut être singulièrement altéré par les diverses générations d'architectes. On y voit à droite en entrant le tombeau de Charles Patin, médecin français, qui, soupçonné d'avoir répandu un écrit scandaleux , et fugitif pour ses mauvaises opinions , vint professer la chirurgie à Padoue; dernier fils du spirituel et passionné Guy Patin, dont la correspondance est un commentaire si gai, si amusant et si vrai de Molière , Charles soutint l'honneur de son nom médical par sa science et ses talents. Spcrone Speroni est aussi enterré dans cette église ; grand orateur, grand philosophe, grand poëte dans son temps, ami de Ronsard, maître du Tasse, qui eut à sa mort les honneurs d'une statue, et dont le chef-d'œuvre, la tragédie de Canace^ autrefois si applaudie , si admirée , n'est guère aujourd'hui lisible. L'inscription du tombeau de Speroni avait été composée par lui-même; elle est remarquable par un certain mélange de bonhomie, d'amourpropre et de vanité qui caractérise assez son genre de gloire et les mœurs du temps. Speroni y parle fort simplement de ses trois filles et des générations qu'elles lui donnèrent, quoiqu'il n'eût point, je crois, élé marié. Le monument fut élevé par l'une d'elles, Giulia Sperona, qui est enterrée près de lui (1).

(I) Sperone Speroni

nacque

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