IL SANTO
Padoue, et à côté du faste de quelques-uns de ses mausolées (1).
Le trésor de Saint-Antoine, immense amas de reliques, a été dépouillé d'une partie de ses richesses au moment de l'invasion française, on 1797. On y montre la langue encore vermeille du saint, moins éloquente, mais qui a remué plus d'hommes que celle de l'orateur romain; le recueil de ses sermons corrigés par lui, et dont l'écriture est lisible et même élégante.
Casanova rapporte qu'à Padoue l'on croit que saint Antoine fait trente miracles par jour : la quantité de ses messes ne doit pas surprendre; elle est si considérable qu'il n'y a point assez d'autels ni de prêtres pour les célébrer, et qu'une bulle du pape autorise le chapitre à dire, vers la fin de l'année, certaines messes {messone en vénitien ) , qui comptent pour mille , seul moyen de
(1) Un tardif monument fut élevé en 1833 à Gaspard Gozzi par les soins actifs de M. le professeur Alenejjhelli ; le sculpteur, M, Joseph Petrelli, a représenté le génie de la littéialure accablé de tristesse et assis devant le buste de Gozzi, sous lequel on lit cette inscription :
Honori
Gaspari. Gozzii. P'iri. Litteratissimi
Cujus. Cineres. In. Hoc. Sacello
Antonivs. Meiieghellvs
Voti. Pvblici. Interpres
il/. P.
Ann. MDCCCXXXF.
Gozzi était mort dans la maison du comte Léopold Fcrro, au faubourg des Vignali ; M. Meneglielli oi3tint du propriétaire actuel de placer sur le mur exiéricur une autre iiiscriplion (jui rappelle la résitlence et la fin de Gozzi.
184 PADOCE.
prévenir cette sorte d'arriéré. Le prix decesmesses moiiire les variations du cours de la monnaie. Une dame, la Speronella, femme la plus riche et la plus capricieuse, dit-on, qui fût dans toute la marche de Trevise au xii« siècle, qui avait eu six maris, légua en 1192 par son testament ( inquante livres, alin de faire clianter mille messes pour le repos de son âme. Ces messes à un sol, précisément un siècle après, en 1292, en coûtaient déjà deux.
La voûte de la sacristie, représentant l'Entrée de saint Antoine au ciel, est une belle fresque de Liberi, malheureusement trop éloignée; la marqueterie des armoires est des frères Christophe et Laurent Canozzi ; ce dernier, peintre, sculpteur, condisciple et émule de Mantegna,' célèbre pour ce genre d'ouvrages ; un Crncitix , et d'autres ornements en acier travailles avec une habileté singulière par un ouvrier de Padone, furent dirigés par le peintre Antoine Pellegrini.
tarmi les nombreux tombeaux du cloître de Saint-Antoine je remarquai celui d'un petit-neveu de l'Ariosle, enfant de treize ans, illustre, dit l'inscription, par le nom de son aïeul ( Âdolescentulo nomine avilo claro); celui d'un Français, Arminius d'Orbesan , baron de La Bastide, jeune guerrier mort en 1595, âgé de vingt ans : à la suite d'une inscription latine louchante (1) est ce
(1 j Gullus eram, Patavi morior, spes una jiarentttvi , Fleclere Indus , egnos , ai-iiUKjue cura fuit ; Nec quarto in liistro viihi praiia Parcnpepercit llic tumiiUts . SOIS hiec . pax sit vtriqve : cale.