XIII-2&. — MARIAGE
1. Demoiselle sur une espèce de balcon crénelé; les créneaux ont la dent entaillée en pointe. Près d’elle, un jeune homme, main gauche sur son cœur,
4 . En additionnant les années pendant lesquelles chaque planète préside à l’existence humaine, on trouve que la virilité, nommée « senectus » à Venise, parce qu’on avait sans doute alors l’àge convenable pour être « sénateur », commence à quarante ans. A cinquante-cinq, on est atteint par la vieillesse, et l’on tombe, à soixante-sept ans, dans la décrépitude. Les années qui restent encore à vivre ne sont plus que des années de grâce. Chez nous, c’est à soixante ans seulement que la vieillesse et la retraite commencent, et l'on nous donne soixante-dix ans comme le début de la décrépitude. Ainsi en France, au xix* siècle, on vit quelques années de plus qu’à Venise au xiv*.
{Note de M. DJ)
main droite indiquant la jeune fille qui a la tête nue et dont les cheveux retombent en deux tresses sur ses épaules. — 2. Le jeune homme et la jeune fille sont en grande tenue, richement vêtus. La dame a son vêtement couvert, depuis la poitrine jusqu’à la ceinture, par de petits disques de métal, qui sont peut-être des sequins de Venise ; de la ceinture, jusqu’à terre, une bande en double rangée des mêmes cercles de métal. Le jeune homme porte une épée au côté ; mains croisées sur sa poitrine ; il cause avec la jeune fille. — 8. La dame pose une couronne sur la tète du jeune homme qui lui présente un objet rond, peut-être un fruit. Tous deux richement habillés comme au n° 2. — 4. Ils s’embrassent. Le jeune homme n’a plus son épée. — 5. Dans le lit nuptial. Le jeune homme est coiffé d’un béguin. Ni l’un ni l’autre n’ont de chemise. À Venise on nomme ce groupe, je ne sais pourquoi, Martin Luther. Je ne vois pas de rapport entre cette scène et le réformateur de l’Allemagne t . — 6. Un enfant est né ; il est emmaillotté. Le père et la mère sont à ses côtés. L’époux et l’épouse sont maintenant vêtus avec beaucoup moins de luxe. La mère a un voile sur la tête et une robe toute simple. Le père a une coiffure d’étoffe et ne porte pas de ceinture, encore moins d’épée. — 7. L’enfant, âgé de douze ans, est entre le père et la mère , vêtus comme au n* 6. Chacun a une main sur l’épaule du fils et chacun tient la main du fils avec son autre main. Tous trois ont l’air très-heureux. — 8. Le fils est mort, étendu sur un lit, les mains croisées. Le père et la mère, plus âgés, ont le front ridé. La mère porte une main à sa figure, pour essuyer ses larmes; elle pose l’autre main sur un bras de l’enfant. Le père a les mains jointes et semble prier.
Sur les ivoires du moyen âge, on trouve des amants, des fiancés ; mais je n’y ai jamais vu un sujet aussi complet que celui qui précède.
Au-dessus de ce chapiteau, dans un des quatre-feuilles de la « tracerie » bouchée, on voit la personnification de Venise. D’abord la mer, qui supporte une plate-forme carrée. Sur ce plancher porté par la mer, pose Venise qui est assise sur le dos de deux lions. Venise est une fort belle femme. A la main droite, elle tient une épée de bronze ; l’agrafe de son manteau est en bronze également. Sa couronne royale et ses cheveux sont dorés. Au côté droit de la
4 . Luther n’existait pas encore, il s’en faut de beaucoup, de plus d’un siècle et demi, lorsque fut sculpté ce chapiteau ; mais le peuple, qui ne s’occupe guère de la chronologie et qui attribue en France, dans Paris, la construction de Sainte-Geneviève (le Panthéon) à Napoléon I w , peut bien voir un rapport quelconque entre le chapiteau du palais ducal et la vie de Martin Luther. Moine augustin et prêtre, Luther se maria avec Catherine Bora, religieuse ; il en eut une fille qui mourut à l’âge de quatorze ans, et dont le fougueux réformateur pleura amèrement la perte. On dirait que le n* 8 de notre chapiteau a prévu cette grande douleur de Luther. ( Note de M. D.)
tête on lit : venb. Au côté gauche : cia. La main gauche tient une large banderole gravée de la solennelle inscription qui suit :
FOHTIS