XXX-7. — VERTUS ET VICES
Ce chapiteau est le même que le ix\ Ici sont constatées les différences qui l’en distinguent; pour tout le reste, le xxx* et le ix* sont identiques.
4. Dans mes notes je trouve les différences ou compléments qui suivent: — Titus ne montrerait pas une Véronique, mais une tète barbue, chauve, vieille, sculptée en relief sur un étendard. — Trajan aurait son épée nue, pointe en l*air. — Sur le gros globe que tient Auguste, j’ai lu « Pondvs pacis » au lieu de « Mvndvs pacis ». Je suis persuadé que M. Burges a beaucoup mieux vu que moi; mais j’a\ dû signaler ces variantes. Sous les lignes de la description consacrée à Auguste, je dis : DanteT’appefte « Il buon Augusto » dans la c Divine Comédie »; mais M. J. -J. Ampère, dans un récent article publié par la « Revue des Deux Mondes », déclare qu’Auguste était hypocrite, artificieux, louche et cruel. ( Note de M. D .)
1. la agitas me HONORAT. Un homme coiffé d’une étoffe tombant suî le cou, par derrière. A la droite, sébile remplie d’argent qu’il jette et sème de lfij gauche. Son giron est pleiri de pièces de monnaie. — 2. constant] a svm' nil timens. Un homme coiffé de deux bonnets que serre et unit une pièce d’étoffe. Il tient un bâton; M. Ruskin dit que c’est une épée. — R. discordia sv ioia discodans (« Discordia sum in omnia? discordans »). Femme parlant; elle lève impérieusement l’index la main droite. Au chapiteau ix : dischordia niscoRSÂs. Femme vieille, assise, habillée en religieuse; robe et manteau, voile et guimpe. Ceci rappelle que le Tasse donne un couvent pour demeure à la Discorde. — 4. patientia manet mecvm. Une femme (au chapiteau ix c’est plutôt un homme) âgée, maigre, en chaperon ou voile sur la tête. Main droite sur sa poitrine, main gauche dans la position de quelqu’un qui parle. — 5. desperatio mos crvdelis. Au ix : disperatio seulement. Femme s’arrachant les cheveux de la main gauche, de la droite elle s’enfonce un poignard dans la gorge. Le 4 et le 5, la Patience et le Désespoir se regardent. — 6. obedientia • a • dno exibeo. M. Ruskin lit : obedientia dno exibeo. Je tiens pour ma leçon , qui me paraît la bonne. Une femme, mains croisées sur sa poitrine. Près d’elle, un petit chien dressé sur ses pattes de derrière et obéissant à l’ordre de sa maîtresse qui le fait ainsi tenir debout. Au chapiteau ix*, petit chien de même et dressé sur ses pattes de derrière ; mais la petite bête croise ses pattes de devant sur sa poitrine, à l’imitation de sa maîtresse : c’est donc l’obéissance absolue dans les animaux domestiques. — 7. infidelitate nvli gero. cero, suivant M. Ruskin; c’est peut-être cerno. Un vieillard avec une longue barbe et coiffé d’un turban. Son habit, composé d’une étoffe légère, est fermé et boutonné de l’épaule à la ceinture, en écharpe. C’est un Indien, un homme de l’Orient. Il tient dans la main droite une petite figure d’enfant, une idole qu’il montre avec la main gauche. Au chapiteau ix : atollitrie nvlli sero; mais la moitié supérieure de cette inscription est détruite par une barre de fer, et il y a doute sur plusieurs lettres. — 8. modestia robv obtineo. Femme, religieuse peut-être; elle a un chaperon, un voile et une guimpe. Elle tient une aiguière à la main gauche. Cette Modestie a l’attribut d’une Tempérance, car se modérer est l’équivalent de se tempérer.
Il faut remarquer que nous ne trouvons nulle part des moines sur ces chapiteaux, ni même parmi les Vertus. Les religieuses que nous croyons devoir signaler sont contestables; car, au moyen âge, l’habit des femmes qui ne sont plus jeunes est à peu près le même que celui des religieuses. Venise
aimait la vie active, et, par conséquent, la vie contemplative y était peu en faveur l .