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SON DÉVELOPPEMENT ARTISTIQUE

Les Romains, ayant fondé sur le littoral de l'Adriatique les villes d'Aquilée et d'Altinum, en 181 avant Jésus-Christ, furent bien accueillis des populations originaires de l'Ulyrie. Dans les ports voisins d'Adria et de Spina, le commerce se développa rapidement, l'industrie et l'agriculture furent très prospères, et Padoue, le foyer principal, devint la ville la plus riche d'Italie.

Lors de l'invasion des Huns, Attila ravagea ces contrées, et les cités romaines furent détruites. Ses habitants, dispersés, s'enfuirent dans les terres et les marais de la lagune qui ressemblent à ceux des Pays-Bas.

Les Vénètes luttèrent contre les éléments et disputèrent la place à la mer. Cette activité développa chez eux l'esprit d'initiative et de conservation. L'amour de l'indépendance, caractéristique de l'esprit vénitien, décida les fugitifs à s'installer dans les îlots difficilement accessibles et garantis par cela même des ingérences du dehors. Il fallut alors étayer les terres par des pilotis d'aune, à l'imitation de la ville voisine Ravenne qui, à cette époque, s'élevait dans les marais de la même zone, où déjà Chioggia, Torcello et 3ialamocco se développaient.

Au v° siècle, Théodoric, installé à Ravenne, envoya un délégué aux

Vénètes leur demander de fournir le sel. car. dit l'ambassadeur. « nous pourrons vivre sans or, mais non sans sel ». La fourniture du sel fut dans la suite, imposée par les Vénitiens à divers pays, et il y eut. à Venise, une charge spéciale : le provéditeur au sel.

Le premier doge connu fut Paulucio Anafesto qui mourut en 710, et Rivo-Alto (Rialto), l'île la plus forte, devint le siège du gouvernement. Dès 819, le doge résida à l'endroit où existe actuellement le palais ducal.

La hardiesse des Vénitiens en fit d'avisés navigateurs et la >ituation fermée de l'Adriatique leur indiqua le débouché naturel de l'Orient.

Suivant la même influence que Ravenne. la nouvelle cité s'inspira de sa puissante voisine où se parlait le grec et à qui elle prit les premier éléments de son architecture. Après la chute de l'empire des Goths. elle dut hériter d'une partie des artistes qui émigrèrent de Ravenne à Venise.

Dans les ténèbres du moyen âge. où le monde sembla reculer, bien avant d'autres régions italiennes, elle put. par son commerce avec l'Orient, s'assimiler les goûts de la Grèce byzantine, et devint la viile la plus p-recque de l'Occident. Souvent même, elle se réclama de son titre, illusoire, il est vrai, de vassale de Byzance.

Bien avant le xe siècle, les progrès accomplis furent considérables : dans le. groupe d'îlots, de la lagune s'élevèrent soixante-douze églises dont celle de Torcelio est la plus ancienne. Venise forma donc une agglomération de soixante-douze paroisses et devint la viile la plus opulente. Chaque îlot eut à l'origine un tribun particulier et un directeur ecclésiastique, mais la tyrannie de ces petits potentats décida la population à choisir des représentants chargés d'élire leur chef qui fut duc ou doge. Ce doge, cependant, n'eut aucun pouvoir effectif, et quand le gouvernement fut aristocratique, il devint même le prisonnier du conseil des Dix. Malgré tout, le doge incarna l'orgueil de la Cité Sérênissime; il devait faire exécuter les arrêts : ni l'âge, ni les titres ne sauvaient du châtiment celui qui osait porter atteinte à l'intégrité des lois. Le bien seul de la République était l'unique objet : mœurs politiques rappelant les temps héroïques de la République romaine. Tous les moyens étaient jug acceptables : la délation, la trahison, furent admises, témoin cette tète de lion placée au palais ducal et où les dénonciations anonymes étaient déposées. Le lion ailé de saint Marc devint l'emblème de la République depui- v ^. époque où les reliques de l'Kvangéliste furent transporte d'Alexandrie à Venise. Le lion ailé décora alors les étendards de la République et les monnaies furent frappées à son effigie. Celui qui

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