MARTEAU DE PORTE DU PALAIS CORNARO. VENISE, XVI0 SIECLE
tours que Ton ne rencontre que dans bien peu d'œuvres des médailleurs de la Renaissance : l'art divin des Matteo de' Pasti et des Pisanello balbutiait entre les mains d'un Sperandio, tandis que le portrait de Camelio par lui-môme (i5o8), bien que frappé et non coulé, est un véritable
ItUSTE DU TITIEN, PAR JACOl'O SANSOVINO. Fragment Je la porte Je la sacristie Je Saint-Marc.
chef-d'œuvre; et la médaille de Gentile Bellini est tout à fait digne des bas-reliefs représentant des hommes nus combattant qui, de l'église de
MARTEAU DE PORTE DU PALAIS GARZONI. VENISE, XVIe SIECLE.
la Garità, sont passés au Musée de l'Académie de Venise ; ces œuvres, d'un faire un peu sec, mais qui révèlent chez leur auteur une connaissance très approfondie du dessin et de l'anatomie, décoraient le tom-
beau où Vittore lui-même (f 153/) et son frère Briamonte Gambello
BUSTE DE l'aRÉTIN, r A R JACOl'O SANSOVINO.
Fragment de la porte de la sacristie de Saint-Marc.
(f i539), étaient ensevelis. On a attribué au môme artiste un bas-relief représentant une Descente de croix, conservé à Santa Maria del Car-
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mine, et le Saint François de bronze qui surmonte le bénitier de l'église
BUSTE D K JACOI'O SANSOV1NO, PAR I.UI-MK M E. Fragment Je la porte Je la sacristie Je Saint-Marc.
de Santa Maria Gloriosa de' Frari. J'avoue que ces attributions ne me paraissent pas suffisamment démontrées pour qu'on doive les accepter
yo CHAPITRE PREMIER
comme définitives1. Cet artiste, qui devint, en 1484, graveur des monnaies de la République, mériterait une étude spéciale : ses monnaies, ses médailles,- ses plaquettes, auxquelles il faut ajouter des sculptures en marbre à San Stefano, forment un œuvre assez considérable pour qu'un travail destiné à bien faire ressortir une personnalité de cette importance vaille la peine d'être tenté.
Les talents de Gentile Bellini, comme fondeur, ne nous sont guère connus que par la médaille de Mahomet II, et son habileté est loin d'atteindre celle qu'avait montrée son illustre prédécesseur à Venise, l'un des précurseurs dans l'art difficile des médailles, Giovanni Boldù. Si l'on descend jusqu'au milieu du xvie siècle, de nombreux portraits, la plupart anonymes, mais bien vénitiens d'aspect, sont là pour nous montrer que cet art n'avait pas dégénéré : le médaillon fondu du sénateur Bernardo Soranzo, conservé au Musée Correr 2 et daté de 1540, ainsi que de nombreuses médailles frappées et signées prouvent le talent incontestable d'Andréa Spinelli, graveur de la monnaie de Venise (i 535-1 572).
Alessandro Leopardi, quelque talent qu'il ait montré dans l'achèvement du monument élevé à Colleone, sur la place de San Giovanni e Paolo, quelques modifications qu'il ait apportées à l'œuvre du Florentin Andréa del Verrocchio, s'est montré surtout décorateur habile et sculpteur de premier ordre clans l'exécution des piédestaux de bronze destinés à supporter les étendards de Venise sur la place Saint-Marc. Je ne sais trop ce qu'il faut louer le plus dans ces monuments d'une exquise pureté, l'élégance de la forme, la richesse de la décoration ou la finesse de l'exécution. Sur une base sur laquelle se déroule un cortège de divinités marines, se dressent des dragons supportant un demibalustre orné de feuillages encadrant le médaillon du doge Léonard Lorédan, sous le gouvernement duquel, de i5oi à i5o5, ces trois chefsd'œuvre furent élevés 3 ; ce portrait , dont la présence sur un tel
1. On trouvera des gravures île ces deux œuvres dans Urbani de Gheltof, ouvr. cité, p. Go et 62; on trouvera aussi dans ce livre (p. 63 et 64) quelques détails biographiques qu'il faut compléter par ceux que donne Lazari : Xoti^ia, p. 181 à 1 83 .