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Les Arts industriels à Venise, p

L'ORFÈVRERIE

xive siècle sur ce monument en fait foi, et il est fort difficile aujourd'hui de distinguer, à l'exception des bordures et des ornements de style gothique, œuvre de l'orfèvre Bonensegna, la part qui revient aux Vénitiens et aux Byzantins. On sait que cette inscription nous rappelle trois remaniements successifs : en iio5, sous Ordelafo Falier; en 1209, sous Pietro Ziani; en i345, sous Andréa Dandolo.

ANNO MILLENO CENTENO IVNGITO QVINTO TVNC ORDELAPHVS FALEDRVS IN VRBE DVCABAT. HAEC NOVA FACTA FVIT GEMMIS DITISSIMA PAI.A QVAE RENOVATA FVIT TE PETRE DVCANTE ZIANI ET PROC VR ABAT TVNC ANGELVS ACTA FAI.EDRVS ANNO MILLENO BIS CENTENOQVE NOVENO.

POST QVADRAGENO QVINTO POST MILLE TRECENTOS DANDVLVS ANDREAS PRAECLARVS HONORE DVCABAT NOBILIBVSQVE VTRIS TVNC PROCVRANTIBVS ALMAM ECCI.ESIAM MARCI VENERANDAM IVRE BEATI DE LAVREDANIS MARCO FRESCOQVE QVIRINO TVNC VETVS HAEC PALA GEMMIS PRECIOSA NOVATVR.

On sait que la Pala d'Oro formait primitivement le devant de l'autel de Saint-Marc; transformée plus tard en retable, c'est aujourd'hui un tableau en or et en argent doré et émail lé, qui mesure près de 3 m. 5o c. de long sur 1 m .jo c. de hauteur. Je n'entrerai pas dans la description de ce précieux monument; il a fait l'objet de nombreuses études assez complètes pour qu'il soit inutile d'y revenir; mais il importe de faire connaître les résultats auxquels est arrivé un savant vénitien qui l'a soumis dernièrement à un examen approfondi : M. Ycludo 1 pense que nous possédons peut-être encore quelques fragments du parement

RELIQUAIRE conserve dans le trésor de l'e^lise de Pordenone xv* siècle.

1. Sa dissertation a été publiée dans l'ouvrage de Pasini : Tesoro di San Marco, dans lequel on trouve de bonnes planches en couleur reproduisant la Pala.

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d'autel commandé à Constantinople par le doge Orseolo; il fut remanié aux dates indiquées plus haut ; la partie supérieure du monument proviendrait d'un devant d'autel enlevé en 1204, par les Vénitiens, du couvent du Tout-Puissant, à Constantinople. Tout cela est absolument vraisemblable et nous montre que, au xuie siècle et même

avant, les orfèvres vénitiens pouvaient rivaliser avec les artistes de Byzance.

Zanetti 1 a signalé deux testaments vénitiens du xne siècle, où il est question de bijoux ou de pièces d'orfèvrerie; dans l'un, daté de ii23, un personnage nommé Pietro di Domenico Enzio lègue à sa fille Nella une paire « de entrecoseis aureis », dans lesquelles on est porté à reconnaître des bracelets, qu'on devra lui donner le jour de son mariage, en même temps qu'une coupe d'argent et une croix. Dans un autre testament, daté de 11 90, il est question de neuf cuillères d'argent, de deux coupes d'argent, l'une toute unie, l'autre ornée des figures des apôtres, d'une croix et d'un reliquaire portatif en or. Enfin, au commencement du xme siècle, on voit l'empereur Frédéric II faire exécuter un bijou — le texte n'est pas plus explicite — par un orfèvre vénitien, Marino di Natale, commande qui semble indiquer un centre important de production 2. Ce qui confirme pleinement cette hypothèse, c'est que les statuts de la corporation des orfèvres furent rédigés en 1262; ce ne fut, il est vrai, qu'un peu plus tard, au xivfi siècle, que ceux-ci s'organisèrent, sous le patronage de saint Antoine, en confrérie; enfin, en i33i, un décret du Grand Conseil leur assigna pour domicile le quartier du Rialto que dès lors ils ne quittèrent plus.

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