‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 54 sur 104 · Catalogue Je la Donation Davillier, ir 4M · texte numérisé non relu

Catalogue Je la Donation Davillier, ir 4M

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d'Hélène, et à gauche, sur un cartouche, on y lit l'inscription : La grecha per qui Troia estinta ja{c. ï5i8 a di i5° d'agosto. Mais cependant, si Venise n'a point possédé d'atelier capable de donner à ses faïences le même renom qu'à ces majoliques fabriquées à Gubbio, d'où la préoccupation de faire brillant a trop souvent chassé l'art, il faut bien avouer que la fabrication vénitienne devait être très active au xvic siècle, car il n'est pas pour ainsi dire d'inventaire français du xvic siècle dans lequel nous ne trouvions mentionnées les faïences à la façon de Venise. Au milieu du xvie siècle, Piccolpasso mentionne les fabriques de Venise, et les détails qu'il donne sur leurs procédés de fabrication prouvent bien que Venise pouvait rivaliser avec les autres fabriques italiennes; enfin en France, sous Henri III, et non sous Henri II, comme on Fa prétendu, deux potiers de Faenza, « Jullien Gambyn et Domenge Tardessir », demandent à établir à Lyon une fabrique de vaisselle de terre « façon de Venise » '. Ce sont là des signes non équivoques de l'activité des potiers vénitiens. Nous allons voir s'il n'est pas possible de distinguer leurs produits des faïences fabriquées dans le duché d'Urbin pendant le xvie siècle.

C'est vers 1540 seulement que l'on rencontre un assez grand nombre de pièces de faïence signées et datées pour qu'il soit aisé de se faire une idée exacte, sinon des caractères propres aux œuvres vénitiennes, du moins des influences qui ont donné naissance aux fabriques de Venise. Urbino, Pesaro et Faenza ont concouru largement à ces créations : aussi est-il bien difficile de reconnaître la faïence vénitienne au milieu des produits céramiques exécutés par des artistes qui, en changeant de lieu de résidence, n'avaient certainement pas changé leur manière de travailler. Venise, si Ton en croit Piccolpasso, fabriquait, vers le milieu du xvie siècle, des arabesques, des grotesques, des feuillages, des fleurs et des fruits, des pièces dites porcellana, des istorie ou faïences à personnages, à scènes mythologiques ou historiques. C'est dire que tous les genres y étaient cultivés et nul doute que, avec l'extension des relations commerciales de la République, ces faïences ne fussent expédiées dans toute l'Europe.

1. De La Ferrière-Percy, Une Fabrique de faïence à Lyon sous le règne de Henri II. Paris, 1862,111-8".

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