N° 383 de VInventaire
COUPE EN FAÏENCE o'URDINO.
(Musée Correr.i
de vases de pharmacie que Ton attribue généralement à Urbino ou à Castel-Durante : on peut en voir un exemple ici (p. 14g), tiré des collections du Musée Correr; M. Urbani de Gheltof, qui Ta déjà publié1, l'a attribué, comme Lazari, avec toute raison, à une fabrique vénitienne, et je suis heureux de rendre ici hommage à la sagacité qu'ont montrée ces archéologues. Ces vases sont très communs et Ton en trouve chez tous les marchands de curiosités : ils portent généralement sur leur panse un ou deux médaillons renfermant des profils d'hommes ou de femmes entourés de rayons jaunes ou orangés ; tout le reste est recouvert de ces rinceaux signalés sur les plats du Musée de Brunswick. Le faire en est très habile, le ton chaud, l'aspect des plus décoratifs. Le Musée du Louvre ne possède malheureusement aucun échantillon de cette fabrication ; mais je puis citer un vase de ce genre au Musée céramique de Sèvres2, où il est attribué à Castel-Durante; au Musée de Berlin, deux gros pots avec médaillons : Saint Jérôme et un Portrait de femme ; dans la collection de M. Hainauer, à Berlin, un pot à large panse, avec deux bustes de femmes. Je pourrais indiquer de nombreux échantillons de cette fabrication si je ne craignais de transformer ce- chapitre en une véritable nomenclature : je me bornerai à signaler une charmante pièce qui se trouve dans la collection de M. Spitzer, sorte de plateau entouré d'un gros boudin sur ses bords et reposant sur trois griffes de lions. Au centre, est représentée la Naissance de la Vierge, et sur les bords on rencontre encore les médaillons à fond jaune entouré de larges feuillages, qui figurent sur les vases dont je viens de parler.
Domenego da Venezia était-il un simple peintre ou bien le directeur d'une fabrique ou botega ? Je penche pour la première alternative, et je serais porté à croire que le goût des faïences à personnages, des istorie, a été porté à Venise par des ouvriers de Castel-Durante et d'Urbino. Je ne serais pas très étonné si Domenego avait travaillé dans la fabrique établie dans le môme quartier, dès 1542, par un potier d'Urbino, Guido Merlino, ainsi qu'en font foi les signatures : « Fate