‹ Venise: ses arts décoratifs, ses musées, et ses collectionsChapitre 8 sur 104 · FRESQUE DE T1E · texte numérisé non relu

FRESQUE DE T1E

a la Villa Valmarana, près de Vicenc

palme appartient sans contestation à Tiepolo, dont la fécondité à Venise, à Madrid et dans cent endroits, a produit, sans jamais se lasser, de véritables chefs-d'œuvre. Né cent ans plus tôt, c'eut été un second Véronèse, plus brillant encore que le premier. Malgré les quelques défauts que l'on peut relever dans ses œuvres, défauts qui appartiennent bien plus à son époque qu'à lui-même, Tiepolo renouvelle en pleine décadence les tours de force des artistes de la Renaissance. Il était fait pour pratiquer tous les arts et je me le représente facilement commandant une armée de praticiens et d'ouvriers, et improvisant des

TOMBEAU IlU DOGF. MAKINO PALIER.

(Mu«cc Corrcr.

pages immenses. Qu'on examine les fresques dont il a décoré tant d'églises à Venise, ou les grandes compositions du palais I.abbia, ou bien encore les mascarades ou les sujets tic genre de la Villa \ almarana, près de Viccnce, on retrouve partout, et sans plus de faiblesse que chez les meilleurs Vénitiens du wi" siècle, la même habileté de composition, la même fougue, la même vie ; ses personnages vivent réellement en plein air et il semble que le vent qui agite les draperies va vous fouetter le visage. Comme Paul Véronèse, à côté de ses types classiques, trop classiques parfois et aux gestes tant soit peu académiques, le même homme peint des scènes du carnaval de Venise ou des Chinois qui sont bien réellement des Chinois de paravent.

Le fils de Tiepolo, Giovanni Domenico, qui aida son père dans plusieurs de ses travaux, ne s'élève que bien rarement au-dessus du médiocre et le nom qu'il porte l'écrase.

J'arrêterai ici cette trop longue introduction sans même consacrer une ligne à Rosalba Carriera, au Canaletto, à Guardi, à Pietro Longhi, qui tous nous font pénétrer dans la vie vénitienne telle qu'elle était à la fin de la République, vie de fêtes et d'amusements dans une ville envahie par les étrangers. Je n'ai point eu la prétention de tracer un tableau, même rapide, de l'art vénitien depuis la Renaissance; j'ai voulu mettre simplement, en tête d'un livre consacré à l'étude des arts industriels, les noms de ceux qui, pendant trois ou quatre siècles, ont concouru à leur donner leur éclat. Aucun artiste vénitien n'a pensé s'abaisser en fournissant des modèles aux artisans et le Titien, en dessinant des compositions pour des services de faïence, estimait sans doute être aussi utile et cultiver tout aussi bien le grand art, qu'en peignant le plus beau de ses tableaux. Puisse cet heureux temps revenir et nos artistes offrir à notre industrie des modèles dignes d'eux, dignes des traditions de l'art français !

LE SACRIFICE D' IPHIGENIE

( fitsijuc de la Villa Valmanuia )

a J i . s hsL DE

Page 1