Notifia, p. i3o, n
2. Vasari, éd. Milancsi, t. V., p. 383. — Comme à M. Frizzoni (Notifia d'operc didisegno, p. 229, 23o), il me semble bien que Luigi et Francesco sont deux artistes différents.
nous est parvenue avec des indications suffisantes pour qu'on en puisse établir l'attribution avec certitude. On trouvera plus loin la reproduction d'un camée de calcédoine, représentant un buste de faune, que possède le Musée Correr. C'est une œuvre du xvie siècle, mais personne ne pourrait affirmer qu'elle est vénitienne.
Des meubles et des menues sculptures destinés à la décoration intérieure il faut rapprocher les cuirs estampés, gaufrés, ciselés et peints, que les Vénitiens ont, du xve au xvne siècle, fabriqués en très grand nombre. Là encore les indications que nous possédons sur les artistes qui ont exécuté ce genre de décoration sont très vagues ; il va sans dire que les travaux de ce genre ne sont presque jamais signés1, et s'ils portent des monogrammes, des initiales, des emblèmes, des armoiries, ce sont généralement des signes qui se rapportent aux possesseurs et non aux fabricants. M. Urbani de Gheltof2 a signalé, d'après le recueil de Gravembroch conservé au Musée Correr, des casques en cuir de fabrication vénitienne; mais je ne saurais, pour ma part, leur assigner une date aussi reculée : loin d'appartenir au xne ou au xme siècle, ce sont des pièces d'armures qui remontent tout au plus à la fin du xive siècle, sinon au xve siècle. Dans cet ordre d'idées, on rencontre souvent des carquois en cuir peint et doré dont la provenance est essentiellement vénitienne : les arabesques qui les recouvrent, le lion de Saint-Marc, suffiraient à indiquer cette origine, si nous ne retrouvions les mêmes objets figurés dans tous leurs détails dans les peintures de Carpaccio. L'Arsenal de Venise notamment possède de beaux échantillons de ces pièces, en usage au xve siècle chez les troupes de la République. On a peine à croire que des travaux si somptueux et si délicats et certainement coûteux aient été mis entre les mains de simples soldats; il fallait vraiment pousser bien loin
1. Je me rappelle avoir vu dans la collection Richards, vendue à Paris, au mois de juin 1887, un joli coffret en cuir noir gravé, du xiv" siècle (n° 371 du Catalogue de vente), qui portait sur le dessous, tracée à la pointe, en écriture cursise, la signature : Magister Americus de Arsago fecit. Il existe deux bourgs du nom d'Arzago, l'un dans la province de Milan, l'autre dans la province de Bergame. Je signale cette signature parce que je crois que c'est l'une des seules qui aient été relevées jusqu'à ce jour.