‹ Venise, une republique patricienneChapitre 12 sur 50 · LA FONDATION HE L'EMPIRE C0L0NIA · texte numérisé non relu

LA FONDATION HE L'EMPIRE C0L0NIA

prospérité économique. <:'<v>l le discours célèbre du doge Thomas Mocenigo. La population de Venise était alors de 190.000 âmes, sur lesquelles l'industrie de la soie occupait 3.000 personnes, celle de la laine 16.000, les constructions maritimes 17.000 ouvriers à l'arsenal, les équipages de la flotte 25.000 marins. La marine comptait 3.000 bâtiments de commerce et 300 navires de guerre; chaque année, on construisait 45 galère?. La valeur totale des maisons de Venise était estimée à plus de 7 millions de ducats1 ; la Monnaie de la République frappait annuellement pour 1 million de ducats d'or et pour 1 autre million de ducats en pièces d'argent. Avec les villes lombardes, le mouvement d'affaires représentait un total de plus de 2 millions de ducats. La seule Florence, d'autre part, importait annuellement à Venis< 16.000 pièces de drap et y achetait poir 840.000 ducats de marchandises. Mais le commerce d'Orient surtout était rémunérateur : en Egyple en Syrie, à. Chypre, à Rhodes, en Romanie, à Candie, en Morée, en Barbarie et sur les rivages de l'Adriatique, la République faisait, on l'a vu, des affaires formidables. Et le doge Mocenigo , glorifiant cette politique économique à laquelle la cité de saint Marc devait le développement de son commerce et sa richesse concluaitjustement que, si elle continuait ces sages méthodes , Venise ne pourrait que marcher de prolit en profit et devenir « maîtresse de l'or de toute la chrétienté ».

1. Mocenigo exap^re ici sensiblement. La « stima » officielle '.'<: H2.">, qui ne comprend à la vérité ni lés bâtiments publics ni les propriétés d'église, donne le chiffre total de ■H ducats.

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Par les soins donnés à la prospérité de son commerce, à l'établissement et à l'organisation de son empire colonial, Venise était ainsi devenue une des grandes puissances du monde. Mais d'autres raisons encore avaient contribué à sa grandeur. « Chacun sait, disait encore Mocenigo, que la guerre vous a faits valeureux et habiles sur la mer. Vous avez des capitaines de guerre capables de combattre n'importe quelle grande armée. Vous avez des équipages pour armer cent galères. Vous avez des hommes expérimentés dans les ambassades et dans le gouvernement de la cité. Vous avez des docteurs en diverses sciences, et spécialement de nombreux légistes, si fameux que les étrangers même viennent en foule s'en remettre à vos jugements. » Mocenigo avait raison. Le gouvernement intérieur de Venise, le mécanisme savant de sa constitution, la ferme orientation de sa politique, l'habileté de sa diplomatie, la splendeur de sa vie intellectuelle n'étaient pas les moindres causes de la puissance et de la gloire de Venise.

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