‹ Vente d'un riche mobilier comedievaudeville en un acteChapitre 27 sur 32 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

SAINT-AUBIN, MATfflLOE,

SAINT-AUBIN, ouvrant le coffret*.

Voici, Madame, votre coffret... Comme j'avais l'honneur* de vous le'dire... On appuie sur le bouton du milieu... (il appuie et^

ouvre le vJèuiième compartiment. Trouvant un papier dans le coffret.) Tiens !..

qu'esta» que o'est'que ça?..

MATHILDE. '

Quoi donc, Monsieur?..

SAINT-AUBIN, rianj. • '

Ah! c'est délicieux!.. Une déclaration égarée dans ce coffret... , ; , / • - J.'l .

MATHILDE

Que m'importe!., (Elle remonte.)

SAINT-AUBIN, la suivant.

Ar mande qui vend sa correspondance amoureuse avec son mobilier..; An 'bien! la vente sera longue, (u redescend.)

MATHILDE

Et Gaston qui ne revient pas !

SAINT-AUBIN, Lisant.

« Mon Armande adorée... Signé : Gaston de Rouvre. »

MATHILDE

Gaston de Rouvré... vous avea dit... (prenant le billet.) Donnezmoi ce billet, Monsieur.

Le voila, Madame. • , v, .

MATHILDB, à part.

SAINT-AUBIN, à part.

Tiens, t,ierçs, tiens... Il paraft què^ce M,. Gaston l'intéresse,... quelque Arthur Infidèle... (Haut.) feàlmez-vous 1 , Madame,.'.

MATHILDE, avec impotence. ? 1 fI ' 1 ' " 1

Laissez-moi, Monsieur... laissez-moi, je vous prie..*. (Elle s'as-

à drèléé ' " f ! ' ••• ■ »t ! .,|, ••!!,•;

SAlNT>AUBfN', à part; ' ! "

Eh! ekl... la petite nièce n'est pas commode;.!, (m sort au fond, à gauche, en riant.) i .. ; n !*•■ y

—| ; *• • : . 8CÈNE. XV, ; i.ii,.-, -c

MATHILDE, puis ARMANDE.

MATHILDE

Trompée!., trahie par lui!.. Oh! (s\ levant.) Jb éompré\c{$ sa

* M. St-A. If ** St-A. M.

présence ici... il a été ramant de cette femme... Il Test encore, peut-être... « Dis un mot, et dussé-je rompre avec ma famille entière, je renonce à ce mariage odieux... » Et ce mariage c'était îë mien... C'était le nôtre... (Apercevant Armande qùi antre par le

fond et courant à etie *.) Ah! Madame.*, mon mari èfct la dans les salons... qu'il vienne... ié vous ep prie... , .

T 1 armande. A

franfô i:t il d0nC, Màdàme? " VoUS êteS iûdiô P oëée -r sour -

" MAtHiLDE. • •" M " • ' •"'■ } OH f bui.i. je suis bien malheureuèé!..

ARMAHDE. ' ! *" ' ; ' 1

Des larmes... du désespoir!./

MATHILDE

Gaston me trompe!., il he m'aime {)*$!.. il ne tn^â jaoiàl4

' J -, ARkAHbfe. ;

Oh!... - ji 1

MATAI LDE. \ : i

Cette lettre trouvée dans ce coffret m'a tout appris!.,

ARMANDE

Grand Dieu !

MATHILDE

Oh ! cette femme !.. cette Armande... je la hais... te la méprise ..Vous aviez raison, Madame : ces femmes-là n'ont pas de

cœur... (Elle s'assied à droite.) ,

ARMANDE

Calmez-vous, de grâce., f M» le comte n'est peut-être-pas aussi coupable que vous le supposez... „ j

MATHILDE

Et si vous saviez quelle est cette. créature pour laquelle il me trompe... >-.">

ARMANDE

,Vpug ^conrçai^ , t , , i l;> , M( . , ; ;.' i :

Une femme sans esprit... sans beauté... Elje^etaiJ lajout à l'heure. . se félicitant de la manière dont se vendaient ses&ifeelots, pour me servir &.ses expressions. , : , t( , . . «

ARMANDE^- pATfr,

h ^ devine.-. citait,

MATHILDE. „ ,.. t |j, „

Pourquoi suis-je venue dans.Gette fatale maison!..

ARMANDE. . ;„ * > Q

•Vous avez eu tort, sans doute... cette curiosité gui vous a poussée a flfjgfX. visiter cet appartement est une fautç... un n^alhjeûr f ma^ un mal^u^moins grave que vous ne le pensez, peul-èjre... ,

* \ u {U : ' "' * ~ * ! :i ' " t: lf '* : * •

iè • VENTE TÏUÀ RICHE MOBILIER •

. U." I". k I |» .. m I ■ ..." ? • » fi ...i'Jf '"OU ^HM

MATHILDE

Vous croyez?.. Oh! consolez-moi, Madame... je suis si malheureuse!.. Oh ! dites-moi qu'il ne l'aime pas... (Elle lui prend la

main, et l'attire prèi d'elle.)

. ARMANDE, l'asseyant à côté de Mathilde.

v L'a-t-il jamais aimée.'.', et, dans tous les cas, l'aime-t-il encore? 11 a été jeune... 11 a pu, dans un moment d'égarement,., de folié... mais il ne tous connaissait pas alors... (Regardant u lettre.) Tenez... voulez-vous que sur cette simple lettre je vous raconte l'histoire de cet amour... que je la devine, du moins... Il v a quatre ans, cinq ans, peut-être... avant votre mariage enfin... cette demoiselle Armande était sans doute ce qu'elle est encore aujourd'hui... la femme à la mode... l'actrice en renom^., p. le comte l'a vue... l'a aimée... Je le, veux bien... il a mis à ses pieds sa fortune... son avenir... (Lisant. )« Dis un mot,» lui a-t-il écrit, « etdussé-ie rompre avec ma famille entière !.. » Était-ce sa faute?., a-t-elle été bien coupable?.. [ {J

Air : Loin de ma mère.:. (P. Henrion.)

Si cette femme, en lisant cette lettre, Avait voulu vous ravir à l'instant ' Tout le bonheur que semblait vous promettre Votre union... elle l'eût fait, pourtant.

Qui 'l'arrêta? Nul ne sait; cependant, En un instant, un seul, par cette Temme 1 Votre avenir pouvait être détruit.

Que fallait-il ? relisez cet écrit.

!r " f Rîen qu'un seul mot, vous le voyez, Madame-, ' fI Eh bien ! ce mot, elle ne Ta pas dit. f »•«

; ' ' *' ' , ' ' MATHILDE. ' '&* ' ' f ■ *

C'est vrai.

ARMANDE

Et M. le comte est parti... il vous a épotisëe... ei 'dëfrois trois ans, de votre aveu même, il vous a faite la plus heureuse des femmes...

Oui... mais aujourd'hui, ils se sonVrévus.. 1 : ^ 1 ' M " "\ < fAA

ARMANDE

Et peut-être en se voyant tous deux ont-ils été biéri étonnés du silence de leur cœur ...

MATHILDE

Oh! c'est impossible!..

ARMANDE

On oublie vite, dans cette vie-ïà... surtout quand on est entouré d'hommages, comme cette demoiselle - Armante... et quand on est heureux comme M. le comte... Croyez-moi, Madame, vous autres... (se reprenant.) nous autres, Jenames du monde, nous nous effrayons trop de ces amours faciles...

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