COUP D ŒIT. DANS LES « SERMLS » DE PARIS
à l'amende de huit jours et un mois au service des vieux.
Art. XIII
Toute demoiselle externe qui sera convaincue d'avoir donné son adresse sera bannie à perpétuité.
Art. XIV
Les demoiselles seront responsables des meubles des appartements. Si une pratique y commet quelques dégâts, elles avertiront avant qu'elle ne sorte; sinon elles payeront le dommage.
Art. XV
Aucune demoiselle ne se mettra aux fenêtres qui donnent sur la rue, sous peine d'un jour d'amende.
Art. XVI
Toute demoiselle qui, dans un souper, aura trop bu et fera quelque sottise, sera à l'amende d'un jour et de deux jours au service des vieux.
Art. XVII
Toute demoiselle qui n'avertira pas lorsqu'elle sera dans un temps critique, sera quinze jours au service des vieux.
Art. XVIII
Toute demoiselle qui aura été faire une partie en
fille et qui ne sera pas exacte pour le compte sera JDannie à perpétuité.
Art. XIX
Toute demoiselle qui aurait volé quelque chose à un monsieur sera bannie à perpétuité.
Art. XX
Les amendes seront employées à l'entretien des demoiselles qui auront gagné quelque maladie au service de la maison.
Beaucoup d'évêques, de prélats, fréquentaient chez Mme Gourdan. On avait même fait à leur usage un recueil de chansons, assurément destiné aux petites séances privées. Le couplet le moins égrillard disait :
Tous ces prédicateurs Qui font trembler la chaire Et réformer nos mœurs, Sont les premiers à faire, L'amour, La nuit et le jour.
Il ne faut pas s'en étonner outre mesure, ni plus que les contemporains eux-mêmes s'en étonnaient à l'époque. Il suffit délire la. Police dévoilée de Pierre Manuel, un des membres de la Commune de Paris sous la Révolution, pour se rendre compte claire-
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ment à quel degré de débauahe était descendu le clergé de France à la veille de 1789.
Les rapports de l'inspecteur Marais fourmillent d'anecdotes graveleuses dont des ecclésiastiques sont les héros. Moines de tous ordres, carmes (Mme Gourdan en avait aussi dans sa clientèle), récollets, bénédictins, pas de jour où Tun d'eux ne fût pris en flagrant délit par Marais, qui semblait en avoir la spécialité, ou son collègue, le policier Quidor. Une lettre tirée de la collection d'autographes de Lucas de Montigny, jadis dispersée, nous apprend qu'il était chargé de ce genre d'enquête. C'est une missive de Leclerc de Juigné, archevêque de Paris, au lieutenant de police Lenoir.
A Conflans, le 30 juillet 1786.
« On m'a assuré, monsieur, que M. le curé de Bagnolet, près de Paris, allait souvent chez une fille nommée Mimie, qui demeure rue Pierre-Poissons. S'il vous est possible, monsieur, de vérifier le fait, que j'ai beaucoup d'intérêt à savoir, je vous en aurai une très grande obligation.
« J'ai l'honneur d'être, avec un respectueux attachement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
« Ant. E. L. arch. de Paris. »
Et, en marge de la pièce, le lieutenant de police écrivait :
« Au sieur Quidor pour vérifier promptement et secrètement et me mettre à portée de répondre. »
On le voit, le curé de Bagnolet avait une singulière compréhension de son saint ministère. De môme pour les autres. Il est inutile de rappeler le souvenir du fameux cardinal de Rohan qui faisait exécuter devant lui, dit la Correspondance secrète de Saint-Pétersbourg, des poses plastiques qui lui revenaient à des prix fort élevés, et rappelaient les perversions les plus extraordinaires de l'Arétin (1). Faut-il citer encore ici M. de Jarente, cet évêque qui entretenait sur un pied des plus luxueux, Mme Guimard ? Et cet abbé de Voisenon, dont Bachaumont, lui-même, dit que les vers étaient « d'agréables ordures » ? Et l'évêque de Sisteron, qui se plaignait d'avoir reçu chez Mme Gourdan « un fameux coup de pied de Vénus » ? Et d'autres encore! Mais ils sont légion. Cependant, aussi nombreux fussent-ils, ils ne fréquentaient pas tous chez cette illustre procureuse, témoin l'évêque de Tarbes à qui arriva une singulière aventure dans laquelle Mme Gourdan joue un rôle piquant. Cette aventure, ce sont toujours les Sérails de Paris qui nous la content :
« Notre héroïne, non moins utile aux plaisirs de la Cour qu'à ceux de la capitale, revenoit un jour
(1) Correspondance secrèle inédite sur Louis XVI, Marie-Anîoinetle, la Cour et la Ville de 1777 à 1792, publiée d'après les manuscrits de la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, avec une préface et des notes par M. de Lescure. Paris, 1866, in-8, t. 1, p. 592.