‹ Vercingétorix et l'indépendance gauloise: religion et institutions celtiquesChapitre 31 sur 71 · César, de Bello gallico, vu · texte numérisé non relu

César, de Bello gallico, vu

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Romains. Mais les légionnaires les prirent pour un corps d'ennemis, bien que les Éduens, leurs auxiliaires, eussent le bras droit nu en signe d'entente; avec les Romains ; ceux-ci eurent peur de leurs propres alliés. Cependant le centurion Fabius venait d'être entouré sur le rempart avec ses soldats et précipité du haut des murs. Un autre centurion, Petronius, se sentant accablé par le nombre au moment où il s'efforçait de faire sauter la porte que Vercingétorix avait fait refermer, dit à ses soldats en se voyant tout couvert de blessures : « puisque je ne puis me sauver avec vous, je veux du moins assurer votre retraite. Conduit par le désir de la gloire (on a vu ce que Fabius entendait par la gloire) je vous ai mené au milieu du danger. Mais vous allez avoir un moyen de vous échapper. Sauvez-vous ! » En poussant ce cri, Petronius se jette sur les Gaulois, en tue deux; les autres surpris de son action soudaine, reculent et s'éloignent même un peu de la porte. « C'est en vain, reprend le centurion à ses soldats, que vous voulez me sauver la vie. Je perds mon sang, mes- forces m'abandonnent. Allez-vous-en ; vous le pouvez encore, rejoignez les légions. »

Mais Vercingétorix, saisissant le moment déci-

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sif, venait de donner Tordre d'une attaque générale. Enveloppés de toutes parts, les Romains avaient été mis en pleine déroute . Ils fuyaient lo long de la montagne et repassaient en désordre le mur de grosses pierres dans la direction de Merdogne et du domaine de Gergovia. Quarante-six centurions restèrent sur le champ de bataille; quant aux soldats, César ne donne pas le chiffre exact des pertes de l'armée romaine, comme il n'avait pas même donné à entendre qu'il en eût fait dans les combats précédents; il connaissait pourtant ses pertes à un homme près. Cette réticence, par son habileté même, montre mieux que ne le pourrait faire aucun chiffre, combien elles furent considérables. Les centurions étaient co que nous appellerions aujourd'hui des capitaines. Chacun d'eux combattait à la tête de sa centurie ou compagnie. Ils n'avaient pu se réunir et se faire tuer sur un point particulier. La perte des soldais dut donc être proportionnée à celle des officiers. Cette idée même de parler avant tout des centurions montre mieux encore les efforts qu'ils avaient dû faire pour soutenir leurs soldats dans cette lutte acharnée, et l'importance de cette journée.

A la vue"de ce désastre, César, s'était hâté d'en-

voyer des ordres au lieutenant Sextius qui commandait le petit camp. Celui-ci, qui depuis le matin tenait ses deux légions sous les armes, s'était empressé de descendre de la Roche-Blanche, pour contenir Tarmée gauloise, en se plaçant sur le flanc droit de cette armée, position que ce chef de corps n'ût pu prendre, si le petit camp eût été partout ailleurs qu'à la Roche-Blanche. Le proconsul lui-même fit approcher plus en avant, dans la plaine de Mas, la dixième légion qui lui servait de réserve. » Les légions, dit-il alors, s'arrêtèrent dans la plaine; » ce qui prouve que toutes les légions avaient été mises en mouvement, à l'exception de la dixième, que César avait pourtant haranguée le matin, mais qu'il ne voulut pas hasarder, bien que les deux armées fussent en plaine, dans un moment où l'impétuosité des Gaulois était encore augmentée par leur succès. Vercingétorix les avait poursuivies avec la plus grande ardeur et, ne voulant pas compromettre le succès qu'il venait de remporter, il contint l'élan de son armée, et lui ordonna de s'arrêter, pour voir si César allait tenter un nouveau mouvement. Mais un ordre contraire venait d'être donné.

Tous les corps de l'armée romaine se retiraient

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et regagnaient le camp, dans le plus profond abattement. Une tradition porte même, que dans leur fuite, les Romains ne s'arrêtèrent qu'au camp de Gondole. César essaya le lendemain de les tirer de cet abattement par un discours assez adroit, où il inaugura sur eux le système de défense personnelle qu'il a si habilement exposé dans ses Com- Qïientaires. « Il n'était pour rien dans cette défaite, due entièrement à la témérité des légionnaires qui avaient voulu livrer un assaut général. » Il releva leur courage par ces paroles, ajoute-t-il, et par une escarmouche de cavalerie qu'il dit avoir livrée le lendemain. Mais ce qui dut faire voir à ses soldats le fond de sa pensée, c'est que ses actes furent en opposition avec ses paroles <' d'encouragement. » Il fit ce qu'on ne fait jamais que lorsque non seulement on a été battu, mais qu'on désespère de la position. Comme il avait abandonné le champ de bartaille l'avant-veille, il abandonna encore et le siège de Gergovie, et les ouvrages qu'il avait construits. Il décampa au milieu des sarcasmes et de ce qu'il appelle « la forfanterie gauloise. » Il se retira à marches forcées et fit trente lieues en trois jours, tandis qu'il en avait mis cinq en venant, pour arriver de nouveau au

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pont de TAllier, à Vichy; se rendant, dit-il, chez les Éduens, dont une partie, on Ta vu, s'était déjà tournée contre lui avant sa défaite, se croyant enveloppée par toutes les cités de la Celtique que Vercingétorix avait fait entrer dans sa confédération, commençant enfin cette retraité qui eut délivré la Gaule du joug de l'étranger, si les nobles gaulois eussent préféré l'indépendance de la Gaule à leurs intérêts de chefs de cités et de tribus, s'ils eussent été moins jaloux de Vercingétorix et plus unis.

Le souvenir de ces événements resta gravé dans la mémoire des âges suivants. Interprète d'un sentiment encore tout vivant en Gaule au cinquième siècle de notre ère, le Gaulois Sidoine Apollinaire les rappelait avec une sorte d'enthousiasme. « Arverne! disait-il, tu ne le cèdes à personne sous les armes comme soldat de pied, lu l'emportes sur tous, comme cavalier. J'en prends à témoin César, dont la fortune toute tremblante fut si près de succomber, lorsque le légionnaire romain, précipité du haut de la montagne, s'arrêta à peine dans son camp. » Dans le même temps, à Rome où, malgré la chute de l'empire romain, on conserva toujours un certain dédain

pour les peuples nouveaux. Paul Orose, rendant en langage ordinaire le récit arrangé de César, et exprimant l'impression restée dans les esprits, écrivait ces mots : « César avant perdu une grande partie de son armée à Gergovie, fut vaincu et prit la fuite. » Cette fuite était une retraite forcée. Enfin, Vercingétorix se garda bien de poursuivre les Romains; il est facile d'en voir la raison. Il savait que les peuples mêmes qui avaient trahi la cause de l'Indépendance seraient les premiers à les attaquer, et que, la victoire de Gergovie resserrant les liens de l'alliance celtique, les troupes de toutes les cités gauloises allaient accourir maintenant sur le passage de César, le harceler et s'unir contre lui.

Druiiiisme. ~ Origine aryenne de la race et de la religion Geltic[ue8. Marche des Gaulois à travers l'Europe. Lente formation du Druidisme. Dieux gaulois : Ésus et Taranis, Bélénos, Bélésama, Camoul. Nom celtique du Dis Pater gaulois. Tentâtes. — Véritable doctrine des druides sur Tlmmortalité de l'âme. Les cercles cosmogoniques. — Rôle et décadence des druides pendant la guerre de l'Indépendance.

Ici on se dematide qtiel fut lô t*ôie des druides pendant leâ neuf années de la guerre de Flndépendance et en particulier pendant la campagne de 52. A prendr*e la description des mœurs des Gaulois et des dermaiiis que César a brusquement intercalée dans son sixième livre*, les druides sont les maîtres de la Gaule ; si Ton s'en fient au récit des événements, ils ne paraissent nulle part. Ceci nous conduit à examiner quelle fut Torigine du Druidisme, la morale et les dieux qu'il enseignait, les causes de sa grandeur et de sa décadence, et comment après avoir élevé si haut les

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