‹ Vercingétorix et l'indépendance gauloise: religion et institutions celtiquesChapitre 60 sur 71 · Plutarcjue, Vie de César · texte numérisé non relu

Plutarcjue, Vie de César

VERCINaÉTORIX. 271

brenns que toutes les troupes de rarm^ée de secours, au nombre de 248,000 hommes, donneraient dans cette bataille, bien que l'on ne soupçonnât guère qu'elle dût être le suprême effort de la Gaule. Et, en effet, quand Vergasillaune eut opéré son mouvement pour s'embusquer derrière Réa, tout le reste de l'armée de secours, reliques copiœ^ se rangea en bataille en avant de leur camp, pour attaquer les lignes , porter secours à ceux qui en auraient besoin et profiter de tous les incidents de l'action. C'était là le plan convenu. Qui contrevint ^ ensuite à ce plan? Qui manqua à la parole convenue? Qui laissa, sans les faire agir, tant de troupes dans la plaine? Qui refusa d'envoyer des secours à Vercingétorix, quand il faisait des efforts désespérés pour se frayer un chemin à travers les retranchements des monts Druaux? Qui refusa d'en envoyer à Vergasillaune, quand il soutenait une attaque si violente avec des forces devenues inégales, sur les pentes glissantes de Réa? Qui le laissa encore attaquer par derrière? Évidemment les autres brenns qui avaient tant de forces sous la main, et qui, placés à leur tête, presque sur le champ de bataille, pouvaient connaître tout ce qui s'y passait. Mais ce n'était pas Komm l'A-

trébate, que César nous montre lui-même « si passionné, comme tous les Gaulois, pour y reconquérir la liberté et l'ancienne gloire militaire de la Gaule*, » Komm, qui se souleva encore Tannée suivante contre les Romains*, Komm, enfin, que cette année même, Labiénus avait tenté d'assassiner dans une entrevue', et qui, de l'aveu de César même, « se montrait, depuis, toujours disposé à prendre part à tous les soulèvements contre les Romains*. » Donc, ceux qui refusèrent d'envoyer des secours à Vercingétorix et à Vergasillaune, comme on en était convenu, furent les deux autres brenns, c'est-à-dire, les éduens Éporédorix et Viridomar.

Et cette conduite s'explique par les termes mêmes de César, bien que son récit laisse voir plus d'une réticence à leur sujet. Nous le répétons; le lendemain de l'élection de Vercingétorix, ils avaient vu avec une douleur profonde qu'ils étaient déchus de la primauté. Ils s'étaient livrés

1. César, Bello galL, vu, le. « Tanta tamen universae Galli» consensio. .. fuit libertatiâ vindicandse et pristînse belli laudis reperandsB, etc. »

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