Tacite, Agricol, vtto, xi
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Il crut avoir réussi ; il crut sa patrie indépendante pour toujours. Heureux si ses adversaires les plus dangereux n'eussent été dans son propre camp, et s'il n'eût rencontré des ennemis dans ceux-là même qu'il voulait sauver !
Et la Gaule fut vaincue, et la force l'emporta, comme il arrive si souvent, sur la justice, et tout fut perdu, et la pensée de Vercingétorix sembla s'éteindre avec lui. Mais elle était dans les besoins de la Gaule, comme dans la configuration
de son sol. En vain Auguste, plus habile que
César, parce qu'il était plus froid, Auguste, sans lequel peut-être toutes les conquêtes de César fussent retombées inutiles, essaya-t-il de morceler, par une division artificielle, ces populations dont le rapprochement avait tant effrayé les Romains. Divisée en dix-sept provinces, la Gaule les confondit peu à peu avec ses dix-sept principales cités, et quand le Christianisme parut en Gaule, les évêchés répondirent aux anciennes cités romaines comme celles-ci avaient répondu invinciblement, par la force des choses, aux anciennes cités gauloises. Et quand cette grande Providence qui se met tôt ou tard du côté des nobles défaites, eut envoyé les Barbares pour renverser par les
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S8Ô VE«DINa£TOAIX.
armes une puissance qui ne s'était établie que par le^ armes, les Gaulois, les compatriotes de Vercingétorix, tendirent la main aux Franks qui avaient traversé le Rhin, comme autrefois les Belges, chassèrent même, dans beaucoup de leurs villes, ces magistrats romains qui ne connaissaient que répée et l'argent, reçurent à bras ouverts ces Franks devenus chrétiens comme eux, pour ne former qu'un seul peuple avec eux, se retremper à leur contact, tout en leur donnant peu à peu leur caractère et leur sang celtique ; et enfin marcher, peuple rajeuni, à de nouvelles destinées. Ainsi Vercingétorix n'avait pas seulement donné un grand exemple; il s'était trouvé dans son temps, à son heure, dirigeant le mouvement de la vie nationale comme elle devait l'être, d'après l'ensemble de notre histoire. Il avait fait ce qu'un vrai Gaulois devait faire; et, dans la mesure de ses forces, il avait travaillé à l'avenir de cette race celtique , florissante encore au bout de dix-huit siècles, et qui, malgré de récents désastres, fleurira éternellement. Patriote et martyr, son souvenir ne fera que grandir d'âge en âge, avec les progrès de l'esprit humain, tandis que celui de son adversaire s'effacera peu à peu,
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comme Tambition ou l'intérêt, devant cet iaéal des vrais grands hommes, le dévouement. Après avoir inauguré cette grande œuvre de Tunité nationale, il sut lui donner le prestige de la victoire, et il la scella de son sang. C'est par là qu'il vit, qu'il vivra. Cet ainsi qu'il se prçsentera toujours à la reconnaissance de notre patrie et aux respects de la postérité.
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Avertissement.