F AL STAFF — L'OTELLO A PARIS
Je ne dirai qu'un mot de Fasltaff, car je me déclare incompétent. Malgré son génie, sa science musicale toujours croissante, sa marche en avant toujours victorieuse, je n'avouerai jamais que Verdi, le dramaturge par excellence, ait pu devenir à soixante-seize ans un comique.
Le monde entier a salué l'instrumentation merveilleuse de Fasltaff, la distinc-
tion d'une mélodie trop rare ; je m'associe de tout cœur à ces éloges.
Otello a fait son apparition à Paris, dans une soirée triomphale pour Verdi.
A la fin du premier acte, le Président de la République Ta présenté aux spectateurs revêtu du grand cordon de la Légion d'honneur, qu'on venait de lui décerner.
La direction de l'Opéra avait monté sa pièce avec un luxe inouï. C'est dans un véritable palais que Verdi, jeune de gloire et de santé, à quatre-vingt et un ans, est venu féliciter ses interprètes après le premier acte. Je ne connais pas de plus beau décor que celui du troisième acte à' Otello.
Mme Caron s'est surpassée. Comme toujours, avec la simplicité la plus noble, la plus touchante, elle produit les effets
FALSTAFF L OTKLLO A PARIS I7D
les plus dramatiques. Elle s'est élevée tout le temps à des hauteurs extraordinaires, et je m'étonne que lorsque Otello Ta étranglée , toute la salle ne se soit pas levée comme pour la Malibran, en criant : « Grâce, grâce ! »
Maurel, le premier tragédien lyrique de ce temps, lui donnait la réplique, et quelle réplique !