X INTRODUCTION
à celui de Wagner. Chez Wagner, la science la plus profonde, un savoir prodigieux de la mise en scène et du contrepoint, la pauvreté mélodique, le génie incontestable de l'étrange uni à un orgueil insensé. Chez Verdi, moins de science instrumentale, mais le don de l'invention et de la mélodie, un équilibre parfait dans toutes les parties de son art, une juste fierté qui ne ressemble en rien aux vantardises extravagantes de Wagner et de ses dévots.
Dans la querelle des Wagnériens et des mélodistes, un fait se détache, étrange, surprenant : l'absence de celui qui est à la fois le juge, la partie, le témoin, le document absolu : l'homme. Avant d'affirmer, avec arrogance, que la langue musicale doit traduire de telle ou telle manière la langue humaine, il faudrait au moins se rendre compte de cette langue. Qu'est-elle donc?