‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 17 sur 86 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

graphe 7, il a écrit en marge : « V. l'histoire de la sœur de Caligula» (IP volume, p. 255 ci-dessous).

Probablement il se proposait de raconter ce trait historique par forme d'apologue. (Y. infrà^ II, p. 313.)

Sous le paragraphe 3^ intitulé : Guerre civile^ Yergniaud explique que s'il n'a rien fait pour exciter la guerre entre les citoyens, il a tout fait pour combattre la tyrannie; il ajoute dans le texte :

Présentez-moi le réchaud de Scœvola (II, p. 260).

La pensée n'a pas été exprimée d'une manière plus complète, elle était probablement arrêtée dans l'esprit de l'orateur, mais ces simples mots lui ont suffi comme mémento.

Plus loin, il touche à une question qui l'intéresse vivement, le sacrifice de sa défense, et cette espèce d'ostracisme lui rappelle les noms de deux victimes mémorables de Pingratitude populaire; il écrit : Rutilius, Aristide, et en regard, comme complément ou comme correctif, à la marge : Aristide^ Thémistocle.

Enfin, dans le paragraphe dernier, sous le titre d'Observations générales, il note encore le germe d'une citation : Grands hommes de r antiquité victimes (II, p. 264).

C'est en tout quatre comparaisons projetées. Tel est aussi le maximum de ces ornements purement littéraires que Yergniaud adaptait à un de ses discours, il ne dépasse pas en général deux à trois citations^ il n'atteint le chiffre de cinq que dans les occasions les plus solennelles, telles que les discours sur l'Appel au peuple, sur la Conjuration du 10 Mars.

Invoquer l'antiquité, la mythologie était alors une mode, presque une convenance obhgatoire ; les orateurs du barreau ou dé la tribune répandaient jusqu'à profusion les souvenirs de Rome comme au xvii' siècle, Antoine Lemaî-

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tre illustrait ses plaidoyers de textes pris dans l'Ecriture Sainte et les Pères de l'Eglise. Yergniaud ne faisait donc que céder à l'entraînement général, mais il citait avec goût et sobriété. Entre sa manière d'utiliser l'Histoire ou la Fable et celle des contemporains, il y a la différence qui sépare l'atticisme d'André Chénier du pédantisme de ce Lebrun « fougueux comme Pindare et plus mythologique. » Que l'on compare pour s'en convaincre les figures et les images que nous avons rapportées, nous ne dirons pas avec les citations bouffonnes de Legendre, Lecointre et consorts, mais avec Louvet, transportant littéralement dans l'ardente mêlée de la Convention le discours de J. Brutus au peuple romain et un long parallèle entre Collatin et Philippe (sousentendez le Duc d'Orléans) !

Robespierre et Camille Desmoulins peuvent aussi servir de termes de comparaison, car ils citent beaucoup, le premier, d'une manière didactique, comme un austère régent de collège; le second, comme un brillant lauréat du Concours (1), qui se rappelle souvent ses auteurs, nous dirions avec exubérance, s'il n'avait péri victime des citations courageuses de son vieux Cordelier.

Ces détails techniques sur la méthode oratoire de Yergniaud nous font assister h. l'élaboration intérieure de ses discours, ils nous donnent le secret de cette solidité exceptionnelle, constante, qu'on y trouve quand on veut se donner la peine de les lire et de les étudier un à un, au lieu de les juger superficiellement en masse, d'après le convenu des traditions. A la base, il y a une analyse appro-

(I) Robespierre aussi ('•tait un iaur^^at <lu CoiWdi,: ^ , rejetons aux notes finales le tableau de ses sucras académiques et de ceux de Camille Desuioulius, eon condisciple. Ou y trouvera aussi un spëcitnen de mythologie révolutionnaire d'autant plus curieux qu'il est l'œuvre des com- («triotes de Yergniaud. (V. letfro F), p. xli.)

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