LETTRES ET NOTES DES DÉPUTÉS CONDAMNES
(15« Liasse^ carton 69, «° 648.)
Chabot et autres (Vingt pièces, deux cotes.)
Première (pièce 16 actuelle). — Lettre du citoyen Saugerat au citoyen Laplume, rue de Glichy, n" 33, à Paris.
Envoi d'une somme de 800 livres, par la poste, venant de Bordeaux.
Deuxième, — Avis de l'Administration de la Poste de venir retirer la somme susdite (27 octobre 1793).
Troisième. — Notes sur les dépositions de notre procédure (écriture de DucoSj non signée).
Quatrième. — Lettre de Carra au Président du Tribunal révolutionnaire, contenant envoi des numéros des Annales patriotiques de mai à juillet, conformément à la demande de Dumas, Président du Tribunal.
Cinquième. — Lettre datée de FAbbaye, du 26 août 4793, non signée, très probablement de Carra, détenu dans cette prison.
Sixième. — Lettre adressée à Carra, par sa sœur, avec un mot de sa femme.
Septième. — Lettre d'adieux de La Source à sa femme, datée du 31 octobre 1793, il lui recommande d'acquitter quelques pe-
INTRODUCTIOxX. XXXVII
tites dettes, notamment de payer 300 livres au citoyen Théry, médecin ordinaire des prisons , et 400 livres au citoyen Soupe, chirurgien aussi des prisons, pour les soins qu'ils ont bien voulu prendre de lui.
Huitième, — Dernière lettre de Gensonné à sa femme (1).
Neuvième et dixième, — Notes de Vergniaud pour sa défense, non signées. (V. t. II, p. 253.)
Onzième. — Passeport délivré à Carra, le il mars 4793, pour aller dans les Deux-Sèvres et la Vendée.
Douzième, treizième, — Notes de Ducos, prises sur les dépositions des témoins.
Quatorzième, quinzième, seizième, — Notes pour ma défense, du même.
Dix-septième, — Notes sur les principales époques de ma vie, id.
Dix-huitième, — Note prise sur la déposition de Chabot, avec trois proûls qui peuvent être son portrait, id.
Dix-neuvième. — Pièce de l'écriture de Ducos.
Vingtième et dernière (35 actuelle). — Carte de député à la Convention, 4792, au nom de Carra, et note de Carra.
(1) Voici cette lettre :
A la citoyenne Gensonné, Hôtel Necker,
Bue Richelieu, à Paris,
« J'ignore, ma bonne et tendre amie, si l'on trouvera dans mes papiers la déclaration d'une somme de trois cent quatre-vingt-sept livres que je dois à Garran-Ck)ulon. Si la Nation n'acquitte pjas cette dette, je compte sur toi. Adieu, ma bonne amie, aime-moi dans nos enfants et conserve le souvenir d'un homme dont tu as fait le bonheur et qui s'occupera de toi jusqu'à son dernier moment. Je te charge de donner à ma mère les soins que je ne peux plus lui offrir. Adieu.
« GENSONNé. »
Le 10 du 2* mois de lu seconde année de la Ht^publique, une et indivi sible, à onze heures. {L'exécution eut lieu à midi.)
Ce sont de pareilles lettres, sacrées par elles-mêmes et plus encore par les dernières volontés qu'elles exprimaient, que Chabot avait eu Tiiidignité de ne pas Ikire parvenir à leur adresse 1 1 1
XXXVni INTRODUCTION.
D'après le procès-verbal d'audience, la déposition de Chabot commence le 5 brumaire, à la seconde audience, de une heure à cinq heures, occupe les deux audiences du 6, de neuf heures du matin à cinq heures du soir et continue encore le 7, de neuf heures à midy et demy {sic), en tout, quinze heures environ. Le Bulletin du Tribunal révolutionnaire, par Clément, publie cette déposition sous le titre de : Discours de Chabot, et lui consacre vingt pages in-4° sur deux colonnes. (V. le n" 34 du Bulletin, p. 195-214.) Ce qui forme, dans le tirage à part publié sous le titre de Procès de Brissot et de ses complices, quarante pages in-S" (de la p. 141 à la p. 184). Encore Chabot ne croyait-il pas en avoir assez dit, et il termine son réquisitoire par ces paroles : c( Dans la suite des débats, j'aurai occasion de reprocher aux accusés des faits qui peuvent m'avoir échappé ; » et effectivement, il prend sans cesse la parole dans le cours des débats. (P. 197, 198, 200, 201, 204, etc.)
« Ce ne fut point une simple déposition que fit Chabot, dit un contemporain, ce fut un long discours qu'il prononça; on y remarqua des divisions et des subdivisions qui annonçaient la méditation de l'orateur.
<s A sa vue, le Jeune Ducos dit à son voisin, avec cette gaieté qui ne l'a jamais abandonné jusqu'au dernier moment : « De la patience, mon ami, nous allons entendre un sermon du diable. » {Procès fameux, par Dessessarts, t. XYI, p. 138.)
Suivant un autre, il parla de la conjuration, comme Sganarelle, de Molière, parle de médecine, et i] conclut aussi habilement que lui, après avoir tout brouillé, tout confondu, tout dénaturé ; voilà ce qui fait qu'ils sont des royalistes, des fédéralistes, des conspirateurs, etc. (Bailleul, A /mawac^ des Bizarreries humaines, p. 28.)
Le plus odieux, c'est qu'au moment même où Chabot se posait avec tant d'impudence en accusateur, il avait reçu les 100,000 li-