XXXIV INTRODUCTION
l'antiquité que nous venons de nommer et qu'on sera peutêtre surpris de voir mêler aux souvenirs de notre Révolution : ce On eût dit, suivant le Plutarque de la Révolution française, que la nature, en faisant éclore dans l'âme du Girondin quelques renaissantes lueurs de la philosophie de Socrate, s'était plu à faire contraster aussi ses traits avec les beautés qui devaient émaner de son esprit... »
Ces affinités nous ont toujours frappé et peut-être ne s'arrêtent-elles pas à une vague analogie de surface. Sans aller jusqu'à une comparaison de doctrine, ce qui serait dépasser le but, on pourrait préciser des points de rapprochement réels, ainsi: même religion de l'amour (1), même acquiescement aux sacrifices imposés par le devoir (2), même désintéressement (3), hélas ! et même fin tragique; des ennemis acharnés, un procès inique volontairement subi, une condamnation capitale pour récompense des vertus les plus douces, des talents les plus grands, du patriotisme le plus pur! puis la postérité vengeresse, s'inchnant devant ces figures diverses par certains côtés, mais voisines par d'autres, et sœurs par leur beauté morale ! Telle est l'impression que nous soumettons avec des restrictions faciles à comprendre aux juges plus compétents que nous ne le sommes.
Pour compléter le parallèle, ajoutons que le peuple, à Paris comme à Athènes, ne tarda pas à élever des statues aux illustres victimes qu'il avait envoyées au supplice.
La statue érigée à Yergniaud était placée sous les voûtes du Luxembourg, le Heu de sa première prison ! Cette statuen'existe plus depuis longtemps. Nous avions demandé qu'on la relevât, du moins à Bordeaux. L'heure de ces
(1) V. Vie de Socrate, par Chaignet, p. 38, 71, 72.
(2) Ibid., 69, 172, 183, 274.
(3) Ibid., 76 et 77.