PEINTURE
Portrait a l'huile non signé ni dénommé. Hauteur 46 c, largeur 4^^ c. Tète de grandeur naturelle. Collection de M. Philippe de Saint- Albin.
Type vulgaire, dans les données historiques, mais trop âgé. Vergniaud n'avait que quarante ans, et sur cette toile il paraît en avoir cinquante. M. Rousselin de Saint-Albin, qui avait connu Vergniaud, disait que ce portrait était bien le sien et qu'il était rfsserablant; il ajoutait : « Vergniaud n'était pas beau à voir, il était divin à entendre. »
La collection dç M. Philippe de Saint-Albin sur la Révolution se compose de l'élite de celle laissée par son père, M. Rousselin de Saint-Albin, et des pièces qu'il y a réunies lui-môme; elle renferme des morceaux de premier ordre et rien de douteux ni de médiocre. M. P. de Saint-Albin, ne voulant y admettre que des objets, tableaux, dessins, sculptures d'une authenticité absolue, on ne saurait trop approuver ce système de probité historique.
Portrait au crayon noir. Hauteur 85 c, largeur 25 c, signé : Durameau, 1792. Légende : Pierre-Victurnien Vergniaud.
On retrouve dans ce dessin la ressemblance lointaine de Vergniaud, mais affadie, effacée à force d'embellissement.
Portrait au pastel sans nom ni signature : 20 c. sur i9 c.
Nous n'aurions pas parlé de ce pastel, s'il ne formait le pendant d'un portrait de Huzot, et s'il ne paraissait identique (tl'esquisse publiée par M. Chauvol, barreau de Bordeaux, probable-
ment d'après quelque dessin original conservé dans cette ville. Cette double circonstance lui donne une certaine valeur : nous y voyons la preuve qu'il n'est pas isolé, puisqu'il se rattache à un autre Girondin et à la Gironde.
Portrait en miniature. Diamètre 25 c. — Anonyme.
Un des inconvénients du genre est d'enjoliver tellement les traits qu'ils deviennent à peine reconnaissabl es. C'est ici le cas d'appliquer cette remarque. Est-ce Vergniaud qu'on a voulu représenter? Nous doutons : la coiffure et le costume sont bien de Vergniaud; le collet de l'habit a la coupe qui lui est particulière.
N. B. Ces trois derniers portraits appartiennent à l'auteur de cet ouvrage. Il les mentionne pour ordre, sans y attacher d'importance.
Portrait à la plume et à l'encre de chine, par Labadye, iOc. sur 9 c.
C'est celui qui est en tête de notre IP volume; il fait partie d'un cadre de même dimension où figurent Fouquier-Tinville, Mirabeau, Marat, Charlotte de Corday, Danton, Barbaroux, Merlin de Thionville et Billaud-Varennes. Mirabeau et Vergniaud sont placés en pendant et occupent les places supérieures au centre, au-dessus du médaillon de Charlotte de Corday.
Labadye est un portraitiste du temps, fort connu, né à Paris, il était élève de Vincent et exposait en 1791 -i 798. Il a travaillé à la collection des portraits de l'Assemblée Constituante publiée par Dejabin. Ses dessins originaux au crayon se trouvent en grand nombre au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale, et forment deux volumes.
Ce cadre fait partie de notre collection. Nous avions fait graver le portrait de Labadye longtemps avant d'avoir retrouvé la statue de Vergniaud. Nous espérons qu'on n'y verra pas un double emploi inutile.
Ce n'est qu'un croquis; toutefois il donne la physionomie, c'est-à-dire l'expression vivante, vraie, à côté de l'aspect héroïque mais inanimé de la sculpture. Cartellier a montré Vergniaud le front voilé d'un nuage. 11 est au lendemain du 10 Mars en présence de tragiques événements.
SCULPTURE. LXVIÏ
Labadye au contraire, l'a saisi dans un jour pljis heureux. Un léger sourire rayonne sur ses traits, le grand mérite de ce dessin est de se rapporter au buste original de Yergniaud (V. ci-dessous, p. Lxxxi), ce qui prouverait qu'ils auraient été faits tous les deux d'après nature.
Portrait a l'aquarelle dans un cercle de 7 centimètres de diamètre, avec cette suscription : Pierre Victorin Vergniau, Député de la Gironde à la Convention.
C'est la répétition du portrait publié par François Bonneville, faisant partie d'une suite de dix autres portraits de la même collection et paraissant de la main de Bonneville, quoique non signés par lui : appartient à l'auteur.
.V. B. — Dans tous ces portraits, Yergniaud est représenté avec un habit à collet montant, échancré, gilet ^le plus souvent rouge) à revers, cravate soigneusement mise, jabot élégant. Sa coiffure est abondante, frisée et roulée en grosses boucles circulaires.