‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 62 sur 86 · GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. LXXXTII · texte numérisé non relu

GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. LXXXTII

Mirabeau, Barnave, Gensonné, Thouret, Vergniaud, etc., etc. Un profil net, un œil brillant, font rossorlir chez tous le courage et l'esprit. »

Les portraits gravés par Fiesinger ?ont très sérieux et très fins. Ils ont pour nous une grande valeur. Nous aurions donc désiré vivement connaître le profil de Vergniaud, qui lui est attribué; il nous a été impossible de le trouver. M. Soliman- Lieutaud va jusqu'à révoquer son existence en doute. Cependant M. Renouvier n'écrivait que d'après nature, il est difficile d'admettre que son aflirmation soit inexacte. La collection de M. Renouvier a été conservée religieusement par son neveu, M. d'AlbenaS; de Montpellier. Nous lui avons demandé de rechercher si le portrait de Vergniaud par Fiesinger, se retrouvait dans les cartons de iM. Renouvier. M. d'Albenas nous répond, qu'ayant connu mieux que personne le scrupule extrême de son oncle pour les assertions qu'il émettait, il a repassé tous les documents qui proviennent de lui, et poussé ses recherches jusque dans les collections particulières où il pouvait supposer que M. Renouvier avait puisé. Il n'a pu remettre la main sur le portrait.

M. d'Albenas a fait plus : il avait eu l'excellente idée de déposer le manuscrit original au Cabinet des Estampes à la Bibliothèque, il nous a engagé à le consulter et nous nous sommes convaincu que le passage, étant surchargé de ratures, avait pu donner lieu à une erreur d'arrangement. D'ailleurs l'auteur, qui indiquait ses sources au verso de la page, a omis de le faire pour le portrait de Vergniaud. Il est donc probable que le portrait de Vergniaud de profil n'a point été gravé par Fiesinger.

Portrait de Vergniaud, représente avec sept autres Girondins, dans une gravure ronde destinée à former un dessus de boîte ou de tabatière. Les Girondins sont séparés par des cartouches dans lesquels on distingue des couronnes d'immortelle. Le diamètre est de 7 centimètres. Les figures sont trop petites pour qu'on puisse leur assigner un nom; on ne peut indiquer avec certitude que Fauchet reconnaissable à sa croix pectorale. (Bibl. nat., Cabinet des Estampes. Collect. de l'hist. de Fr.)

GiATURE ANGLAiSK coLORii:E. Vcrgoiaud, d'après une coDJec-

turequi nous est personnelle. Vergniaud est représenté présidant la Convention nationale pendant le procès de Louis XVÏ. Le Roi comparaît à la barre. On lui présente la clé de l'armoire de fer. Quoique Vergniaud ne présidât pas en ce moment, c'est probablement lui qu'on a voulu représenter. Voici le titre de cette gravure : c, Louis XVI à la barre de la Convention, le 26 décembre 1792. » Dessin de Pellegrini, gravure de G. Vendramini, sous la direction de Schiavonetti. Publiée en septembre 1796. Mais, comme le dit judicieusement Renouvier, ces artistes n'avaient pu voir leur sujet que de Londres, leur travail n'a donc aucun caractère historique.

Gravure exécutée d'après la statue deCartellier, hauteur 18 c., largeur 9 c. Dessinée par Bourdon, gravée par Forster ; Vergniaud est vu en pied.

Très belle gravure d*un maître, d'après un autre maître. Mais le simple trait, genre adopté par Forster, et les dimensions de la tête, ne permettent pas de se rendre exactement compte des traits de Vergniaud, tels qu'ils ont été représentés par Cartellier. C'est pour cela que nous avons publié le buste seul, en lui donnant autant d'importance que les dimensions de notre format nous l'ont permis.

Dessin et lithographie de Maurin, publié par Delpech, dans l'Iconographie françoise, 1824-1828, 10 c. sur 10 c.

Cette lithographie est due au crayon habile de Maurin (Eustache-Nicolas), né en 1798, élève de Regnault, mort vers 1848.

Nous savons déjà que son modèle a été le buste suivi par Cartellier. Mais il y a une nuance entre les deux interprétations. Cartellier a représenté Vergniaud assombri par les préoccupations du travail ou de l'avenir ; Maurin ayant à traduire le regard qui n'existe pas dans le buste, a été dominé par la tradition de somnolence imputée à Vergniaud. Il l'a montré un peu endormi, comme madame Roland le peint, avec un regard voilé qui pourtant, dit Sainte-Beuve, devait se rallumer dans la magie de la parole. (Lettres de M"*® Roland à Bancal des Issarts : Introduction, p. XL.)

Le dessin de Maurin est, du reste, d'une fidélité scrupuleuse. C'est un des meilleurs portraits de la belle collection Delpech.

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