‹ Vergniaud (volume 2)Chapitre 63 sur 86 · GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. LXXXIX · texte numérisé non relu

GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. LXXXIX

Lithographie tirée du barreau de Bordeaux (p. 378), hauteur de i5 c, par Chartol.

Vergniaud est représenté debout en habit de ville à la française. Il est devant une tribune, sa main droite familièrement dans sa poche; sa main gauche posée sur un manuscrit entr'ouvert. Sa physionomie est intelligente et bienveillante, mais commune. Ses cheveux sont en désordre, sa cravate est mise négligemment. On dirait un croquis fait d'après nature ou de souvenir, par quelqu'un qui aurait connu Vergniaud. M. Chauvot ne donne aucun renseignement sur ce portrait. (V. suprà, p. lxvi.)

Dessin et Lithographie, 15 c. sur 12 c., par Albert.

Vergniaud Avocat, Député de la Gironde à l'Assemblée Législative et à l'Assemblée Nationale, né à Limoges, le 31 mai 1753.

a Tiré de la publication ayant pour titre ; Galerie de portraits des personnages célèbres de l'ancienne province dn Limousin y accompagnée de notes biographiques, par M. Albert, in-4», Limoges, 1840-1859.

Gravure sur acier, exécutée d'après Ch. Hugo, pour l'histoire de Vergniaud, par Touchard-Lafosse. J. Porreau, 1847.

Vergniaud est représenté en pied à la tribune; cheveux en ailes de pigeon poudrés, cravate à grosse boutfette, gilet à revers, habit à la française à grandes basques cnrrécs, pantalon collant, des bottes à l'écuyère, figure de pure fantaisie sans aucune ressemblance.

Nous ne mentionnons que pour ordre les gravures que nous publions. Il nous suffira de dire qu'elles ont été exécutées par M. Baudran, à l'aide de son procédé héliographique. La photographie du buste, d'après Cariellier, est de M. Sigismond Bloc, artiste, aussi humble qu'habile, rue Delambre, 18, à Paris.

Note de la page lxviii ci-dessus.

Cabanis et Gondorcet avaient épousé les deux sœurs, filles de François-Jacques de Grouchy et de Marie-Gilberte-Henriette Freteau de Pény.

Le Président du Paty s'était marié à Louise de Freteau, sœur de Henriette de Freteau. C'est ainsi que M'"° de Gondorcet, née Marie-Louise de Grouchy, se trouvait tante des enfants de Cabanis et que ceux-ci étaient au degré de cousins issus de germains avec les enfants du Président du Paty.

Charles du Paty était l'oncle à la mode de Bretagne de M"° Annette-Paméla Cabanis qu'il avait épousée. C'est la personne à la bienveillance de laquelle nous devons les renseignements rapportés ci-dessus, p. lxviii, sur le buste de Yergniaud.

^mes ^g Gondorcet et Cabanis, nées de Grouchy, étaient sœurs d'Emmanuel de Grouchy, maréchal de France, marié à Céleste le Doulcet de Pontécoulant.

On peut être étonné de voir tant de noms historiques se rencontrer dans les alliances d'une même famille. Mais il s'en faut de beaucoup que nous les ayons cités tous. Ainsi, Michel Freteau, seigneur de Vaux-le -Pénil, Saint-Just, et autres lieux, avait épousé Marie-Hélène Lambert, fille du Président qui a donné son nom à l'hôtel de l'He Saint-Louis.

Son fils aîné, Marie-Michel-Philippe, dit Freteau de Saint- Just, Conseiller au Parlement de Paris, membre de l'Assemblée constituante, si connu comme Président de cette assemblée, fut traduit deux fois devant le Tribunal révolutionnaire et exécuté le 26 prairial an II, honoré de la persécution spéciale de Fouquier-Tin ville. (V. Campardon, t. I, p. 346.) Sa sœur Félicité- Françoise, mariée à Louis-Gaspard de Ghambon-d'Arbouville, ex-maréchal de Caën (porte l'écrou), monte sur l'échafaud révolutionnaire avec son mari, le 21 messidor an II. Nous possédons leurs portraits peints le même jour dans la prison du Luxembourg (24 ventôse an II).

Du mariage de Philippe Freteau de Saint-Just et de Périne Moreau de Plancy était née Edelinde, unie au comte Eblé qui sauva l'armée française au passage de la Bérésina, et succomba aux suites de son dévouement.

Le Président du Paty, que la mort seule avait empêché d'accepter la dignité de garde des sceaux à lui conférée par Louis XVI, eut pour fils Charles, membre de l'Institut, Emmanuel, membre de l'Académie Française, et pour fille Éléonore, mariée à Robert Elie de Beaumont, mère de l'illustre géologue, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences.

Le fi'ère aîné du Président du Paty, Louis-Charles-Mercier du Paty de Clam, né le 4 septembre 1744 à la Rochelle, fut successivement mousquetaire de la 2* compagnie de la garde du Roi et Lieutenant- Général de ses armées. Savant chimiste, naturaliste distingué, écuyer célèbre, père de l'équitation actuelle (1).

Le tableau est loin d'être complet : il y a encore des alliances avec les O'Connor, les Caffarelli, les Douglas, etc., etc. Nous sommes redevables de ces détails intéressants à l'inépuisable complaisance de M. le général du Paty de Clam.

(1) Auteur de VArt de VEquitation réduit en principes; Paris, 1769, in-8. Traité sur VEquitation, 1771, in-8. La Science et VArt de V Equitation démontrés d'après nature, 1775, in-4 11 a aussi Iraduitle Traité de la Cavalerie, de Xénophon, traduction reproduite par Gail : OEuvres complètes de lénophon, 1795.

Quérard et la Biographie Firmin Didot font naître du Paty de Clam en 1720 et placent sa mort eu 1790. C'est une double erreur. II était ne à la date que nous avons dite ci-dessus, et il est mort le 12 novembre 1782, à Paris.

La Notice biographique qui suit est de François Alluaud, celui que Vergniaud dans sa correspondance appelait son cher Francis et dans lequel il entrevoyait un homme quoiqu'il ne fût encore qu'un enfant. Après les pièces émanées de Vergniaud lui-même, nous n'en connaissons pas qui soient plus dignes d*intérêt. Nous en devons la communication à M. Victor Alluaud et nous l'avons placée en tête de notre recueil. Nous pensons que nos lecteurs seront bien aise de trouver ici un aperçu de l'existence de M. Alluaud, tracé par M. Guibert, publiciste de Limoges, qui nous a prêté l'assistance la plus cordiale dans le cours de nos recherches. Une biographie complète de François Alluaud a été publiée dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin. (Limoges, Ghapoulaud, 1873, t. XXI, p. 196-251.) Ce beau travail est dû à la plume élégante de M. Dubédat, Conseiller à la Cour d'appel de Limoges. Nous l'avons connu assez à temps pour pouvoir en extraire un passage que l'on trouvera à l'Appendice de ce volume, p. 218.

FRANÇOIS ALLUAUD

L'homme qui écrivait les lignes qu'on va lire a été pendant la moitié d'un siècle (1) la plus haute individualité de sa ville natale ; en lui se résuma pour ainsi dire, devant cette longue pé-

(I) Voici son acte de baptême relevé par nous sur les registres de Limoges :

« Le Tingt-et-un septembre mil sept cent soixante-dix-huit, a été baptisé dans cette Eglise François^ né d'hier, rue du Clocher, du légllime m.iriage de Mcsslre François Alluaud, Ingénieur des ponts et chaussées, et demoiselle Marie Vergniaud, son épouse, no* paroissiens.

u li a eu pour parrain Messire François Vergniaud, Prêtre Bernardin, Prieur de Saint-Lc'onaid-les-Charme?, qui a été représenté par M. Pierre Vergniaud, son frère, et demois^elle Catherine Alluaud.

(Registre det Baf}témes, Mariages et S'pultures de la Faroisti Saint" Mie hei'des' Lions de Ltmoget^ Jlbb-lldl.)

riode, la belle industrie dont Limoges à la fin du siècle dernier devint définitivement le centre en France. Le nom d'Alluaud, dans tout le département de la Haute-Yienne, est connu et respecté à l'égal de celui de Dolfus à Mulhouse, de Bacot à Sedan, de Seillères à Senone.

De 1799 (1), époque à laquelle M. François AUuaud succéda à son père dans la direction de la manufacture de porcelaines, jusqu'au 18 février 1866, date de sa mort. On ne trouverait pas, dans cette laborieuse carrière, un jour inutile, une heure perdue. Quand le maître prêche ainsi d'exemple, quelle influence ne doitil pas exercer sur ceux qui l'entourent! Cette existence consacrée tout entière à la science, au travail, au bien public, s'est écoulée sôus les yeux des concitoyens de M. Alluaud, et ils savent seuls ce qu'ils ont perdu, le jour où, à 88 ans/ plein encore d'activité et d'énergie, cet homme de bien fut enlevé à sa famille. Constamment à la recherche du progrès dans une fabrication qui exige les opérations les plus diverses et comporte les plus minutieux détails, M. Alluaud a constitué, pour ainsi dire, l'industrie des porcelaines telle qu'elle fonctionne aujourd'hui à Limoges. Mais l'amélioration du sort des ouvriers fut toujours son premier souci. Ils ne l'ont point oublié, et le souvenir profond que la population delà cité industrielle conserve de M. Alluaud en dit plus qu'un long panégyrique.

Minéralogiste distingué, M. Alluaud était en Correspondance avec tous les savants de son époque (2), et les mémoires qu'il publia sont fort estimés. Dans les fonctions publiques, il apporta, avec un esprit élevé, cette netteté de vues, cette activité féconde, ce sentiment exact des besoins locaux et ce dévouement à l'intérêt général qui le distmguaient. Il fut quelques années maire de Limoges : sous son administration ont été exécutés les grands travaux d'utilité publique qui ont commencé la laborieuse transformation de la vieille cité limousine.

(1) Du 11 vendémiaire an VII, à la fin de vendémiaire an IX, François Alluaud servit dans l'armée du Danube, sous les ordies de Jourdau, son compatriote. (F. la notice de M. Dubédat, p. 211.)

(2) Notamment Brongniart, son ami, qui, dans son Traité des arts céramiques, a souvent parlé de François Alluaud et de ses découvertes. {V. ibid., p. 244 et sui?.)

Tel père, tels enfants. L'un d'eux (Jean-Bapliste-Amédée), dont l'existence était tout entière vouée au culte de l'art, est mort récemment, regretté de tous ceux qui l'ont connu; l'autre (M. Victor Alluaud) continue les traditions paternelles et porte dignement le fardeau de cet héritage d'honneur.

Louis GUIBERT.

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