INTRODUCTION. III
terrogaloires, ses déclarations, etc., portait les indications anciennes: n° 1507, treizième liasse. CC, aujourd'hui W, 342, n° 648, 3*' partie, pièces 49 et suiv. Pour nous, les défenses et la correspondance des Députés condamnés, c'est-àdire des Vingt-et-Un, ne s'étaient pas égarées fortuitement dans le dossier de Danton, elles y étaient parvenues par Chabot qui en avait été trouvé nanti, et elles devaient être réintégrées dans le procès des Girondins auquel elles appartenaient. Nous fîmes part de nos observations à celui de MM. les Archivistes, qui a les cartons du Tribunal Révolutionnaire dans son service, M. Campardon (Décembre 1862j : il les trouva justes. On sait quelle est sa merveilleuse connaissance de ce fonds qu'il a tant exploré pour son bel ouvrage sur le Tribunal de sang et le Tribunal réparateur. Aussi lorsqu'en 1866, les dossiers provenant du greffe de Fouquier-Tinville furent reliés en fascicules, M, Campardon plaça les lettres et lès notes des Girondins dans le dossier qui leur est propre, W, 292, n° 304, 3' partie, pièces lo à 35 (19 juin 1866).
Comment Chabot, l'impur Chabot était- il en possession de ces papiers? Dans quel but les avait-il recueillis et conservés? Comment avaient-ils été saisis entre ses mains? On sait qu'il était un des témoins à charge cités par l'accusalion, qu'il avait été entendu après Chaumette et Hébert, et que sa déposition n'avait pas duré moins de trois audiences (B); c'est dire qu'il fut un des principaux auteurs du meurtre juridique commis dans cet odieux procès, il avait dès lors intérêt à faire disparaître tout ce qui pouvait contribuer à la justification de ses victimes. Il y avait là du procédé de l'assassin vulgaire, qui, après avoir lue, recèle la dépouille du cadavre, de crainte qu'elle ne le trahisse.